Denis Martin confiant pour une victoire à Campbellton

Peu de boxeurs continuent de profiter d’une bonne cote de popularité en dépit du fait qu’ils perdent systématiquement chacun de leurs combats. Denis Martin est l’un de ceux-là. Dans son cas, ce qui en fait un incontournable, c’est sa façon originale de commenter son quotidien et la société en général sur sa plateforme Facebook, son grand sens de l’humour et sa bouille de gars sympathique qu’on veut absolument avoir comme ami.

Mardi matin, moins de 10 secondes après avoir formulé une demande d’entrevue via Messenger, le voilà au bout du fil tout pimpant de bonne humeur. La preuve est maintenant chose faite, le pugiliste d’Edmundston est un soleil même au téléphone.

Samedi, Denis Martin (2v, 9d) grimpera sur le ring du Centre civique Mémorial de Campbellton afin de livrer un premier combat en près de deux ans. Depuis sa défaite incontestable devant Robbie Cameron par arrêt de l’arbitre. Cette fois-ci, il fera face à Stephen Clement (3v, 5d, 1n), d’Elsipogtog, un gars qui a justement battu Cameron par arrêt de l’arbitre à la même époque. Il faut cependant plus pour détruire le moral du trentenaire.

Dès la première question, à savoir s’il affiche la grande forme, Martin y va aussi d’une démonstration de son don de communicateur.

«Je crois que la dernière fois que j’ai pesé moins de 175 livres remonte au temps où j’étais en grade 6 à l’école, s’exclame-t-il. Je n’ai jamais été en aussi grande forme de toute ma vie. Je me suis entraîné sept jours semaine, parfois deux fois par jour. Mon cardio est super, ce qui avait toujours été ma bête noire dans le passé.»

«Je n’avais quand même pas le choix de me prendre en main si je voulais boxer parce que depuis la mort de David Whittom, ils sont beaucoup plus sévères avec la condition physique des boxeurs», souligne-t-il.

Martin, qui a célébré son 36e anniversaire la veille (lundi), est très conscient que sa feuille de route n’impressionne personne. Sauf qu’il est convaincu que ce samedi, son karma va changer.

«C’est moi qui vais remporter ce match. Même si ça va être difficile, je m’attends de le terminer avant la fin de la quatrième (et dernière) ronde. Et comme j’ai perdu mes neuf derniers combats, je m’attends de brailler pendant deux ou trois jours ensuite», confie-t-il en riant.

«Mais sérieusement, j’ai déjà gagné mon combat en étant aussi en forme. C’est d’ailleurs le plus beau cadeau que je ne me suis jamais fait. Mais pour tout te dire, mon plan est de battre Clement samedi puis de livrer mon dernier match en carrière cet automne à la maison au Centre Jean-Daigle», dit-il.

Parlant de combattre à la maison, son duel de samedi sera son premier dans le nord de la province. Dix de ses premiers 11 combats ont eu lieu soit à Moncton ou encore à Fredericton. L’autre a pris l’affiche en 2013 à Gatineau.

«On dirait que ça m’allume davantage de savoir que je vais me battre dans le Nord. Il va y avoir plus de monde qui savent qui je suis dans la foule. Je vais me battre dans mon monde», révèle celui qui s’est entraîné ces dernières semaines en compagnie de Steven Couturier, Joey Tobin et Jonathan L’Heureux.

«J’ai étudié un peu Clement sur vidéo, mais je n’accorde pas trop d’importance à ça. Comme on dit, ce n’est pas parce que tu as vu tous les combats de Floyd Mayweather que tu vas pouvoir le battre. Clement, je l’ai vu lors de son dernier combat à Kedgwick et il s’est fait arrêter au deuxième engagement après avoir reçu un coup au corps. Et les coups au corps, ça adonne que c’est ma force», ajoute Denis Martin.

Un adversaire coriace

Stephen Clement a beau accuser un retard de deux combats vis-à-vis de Denis Martin, il n’en reste pas moins le plus grand, le plus jeune et le plus expérimenté. Et samedi, n’en déplaise à son adversaire, il a aussi l’intention d’être celui qui mettra un terme en premier à sa série de défaites.

Clement (3v, 5d, 1n), qui a livré jusqu’ici 31 rondes chez les professionnels contre 27 pour Martin (2v, 9d), a l’avantage de la taille (5 pieds 11 pouces contre 5 pieds 9 pouces) et de l’âge (28 ans contre 36). C’est sans oublier qu’il est aussi très affamé.

«Ça fait un bout que je n’ai pas gagné un match, mais je me sens actuellement dans ma meilleure forme à vie, dit-il. J’espère compléter ce combat avec la victoire et ainsi retrouver le momentum.»

La dernière victoire de Clement remonte en août 2017, alors qu’il avait défait Trent Moses à Shediac. Depuis, il a livré un verdict nul à Darren Fletcher, le 2 décembre de la même année, à Moncton, pour ensuite encaisser des revers sans se rendre au bout de ses duels face à Nick Fantauzzi, le 19 mai dernier, au Air Canada Centre de Toronto, et devant Alex Paul, le 15 septembre, à Kedgwick.

Mais tout cela est maintenant du passé soutient le boxeur d’Elsipogtog, qui promet un bon spectacle samedi au Centre civique Mémorial de Campbellton.

«Les amateurs de boxe doivent s’attendre à un combat rapide et plusieurs bombes (coups de poing) seront lancées. Je l’ai étudié un peu, mais je m’attends samedi à ce qu’il soit un boxeur complètement différent», commente-t-il.

«Bien que je serais surpris que ce combat se rend à la limite, je me suis quand même préparé pour un combat de quatre rondes», ajoute Stephen Clement.