Le prix Allan Lagacé sera mis en jeu dimanche

À compter de dimanche – et pour la première fois de son histoire -, une épreuve de Course Nouveau-Brunswick couronnera un champion et une championne dans une catégorie regroupant les athlètes avec un handicap physique. L’idée est une initiative de Paul Thibodeau, qui organise depuis 2017 la course annuelle Crossman 1 mile à Moncton.

Le gagnant chez les hommes, ainsi que chez les femmes, recevra le prix Allan Lagacé en plus d’une bourse en argent.

Pour cette année, Paul Thibodeau affirme que les para-athlètes debout et en fauteuil roulant seront regroupés dans une même catégorie. Toutefois, il n’est pas impossible, dans un proche avenir, que la catégorie soit élargie. En autant bien sûr que la participation soit présente.

«L’idée m’est venue l’année dernière, révèle Thibodeau. J’ai connu Allan Lagacé à travers les courses ici et là dans la province et ce gars-là ma touché par son enthousiasme et sa joie de vivre. Je le vois comme un ambassadeur de la course à pied. Un grand leader à sa façon qui n’arrête jamais d’encourager les autres. Tu vois que c’est un passionné.»

Paul Thibodeau cherchait surtout à célébrer les exploits des para-athlètes comme c’est le cas pour l’élite ou encore les différents groupes d’âge.

«Je veux que les para-athlètes aient aussi la chance de se retrouver sur le podium», mentionne-t-il.

De son côté, Allan Lagacé se dit fort honoré par cette marque de reconnaissance.

«Je ne m’attendais vraiment pas à ça. Je l’ai appris jeudi sur Facebook et il a fallu que je regarde l’écran de mon ordi une dizaine de fois pour être sûr tellement je n’y croyais pas», lance-t-il d’une voix enjouée.

«C’est excitant. Écoute, j’ai des frissons juste à en parler. C’est un peu le rêve de mon père (Ludger, décédé en 2011) qui se réalise. Il trouvait ça dommage que je ne gagne jamais rien. Il rêvait qu’il y ait un jour une catégorie pour les personnes avec un handicap», raconte le populaire coureur âgé de 50 ans.

Il n’y a pas à dire, il en a fait du chemin l’ami Allan depuis ses modestes débuts dans la course à pied. En 1986, alors âgé de 17 ans, il gambadait en catimini dans la forêt pointe-vertoise parce que trop gêné d’afficher sa paralysie cérébrale qui l’oblige à marcher les genoux par en dedans.

Ça lui aura d’ailleurs pris plusieurs années avant qu’il n’ait la confiance de courir à la vue et au su de tous. Aujourd’hui, pas mal tout le monde dans la région Chaleur et d’ailleurs l’a déjà vu trottiner le long d’une route avec son éternel sourire lui fendant le visage d’une oreille à l’autre.

Et le voilà maintenant immortalisé pour un prix en compétition.

Comme dirait Allan lui-même: «c’est rock ’n’ roll!».