Le sentiment du devoir accompli pour Daniel LeBlanc

Pour une deuxième année de suite, un Acadien a pu soulever la Coupe Memorial à bout de bras après la victoire ultime. En 2018-2019, l’attaquant Marc-André Lecouffe avait vécu ce grand moment d’émotions avec le Titan d’Acadie-Bathurst à Regina. Dimanche soir à Halifax, ce fut au tour du directeur général adjoint des Huskies de Rouyn-Noranda, Daniel LeBlanc, de défiler avec l’emblème du hockey junior canadien.

Le bras droit de Mario Pouliot ne savait pas trop comment réagir après ce tout premier championnat dans l’histoire des Huskies.

«On dirait que je n’avais pas vraiment d’émotions. Je ne savais pas comment réagir. C’était un peu comme un rêve. Il fallait presque que je me pince. C’était vraiment incroyable de voir tout le monde avec le gros sourire», raconte celui qui a patiné à la ligne bleue des Huskies de 2001 à 2005.

«La Coupe Memorial, je n’y avais pas vraiment pensé quand j’ai commencé à recruter avec les Huskies (il y a cinq ans). C’est le but ultime, mais ça semble parfois tellement loin de nous. Le fait de la gagner dans ma cour arrière à Halifax, ça rend tout ça encore plus spécial», ajoute-t-il.

Pourtant, rien ne semblait pointer vers un triomphe de 4 à 2 des hommes en rouge, blanc et noir tôt dans la rencontre.

Daniel LeBlanc avoue avoir douté.

«Avec les Mooseheads en avant 2 à 0, ce n’est pas le début de match qu’on attendait de notre équipe. Sur papier, Halifax a une très bonne équipe et c’est une formation de momentum. Avec la foule qui était derrière eux, quand ils ont le vent dans les voiles, l’équipe adverse est dans le trouble», mentionne l’homme de hockey originaire de Cap-Pelé.

«Mais je considère que nous avons une équipe de caractère et c’est exactement ce que les gars ont montré dimanche. On a réussi à créer l’égalité 2 à 2 et on a dominé la troisième période. Je pense que nous avons joué notre meilleure période du tournoi», affirme-t-il.

«On pouvait voir que quelque chose de très spécial était en train de se passer sur la glace. Tous les gars tiraient dans la même direction et on pouvait voir la chimie dans le groupe.»

Le directeur général adjoint et directeur du recrutement, ainsi que le reste de la haute direction des Huskies méritent une bonne tape dans le dos pour leur boulot au cours des dernières saisons.

Pas moins de 20 des 23 joueurs de cette formation ont été formés à Rouyn-Noranda.

«Toutes les équipes ont le même but, c’est-à-dire de bien repêcher. De notre côté, c’est un  travail qui a commencé il y a déjà plusieurs années. Pour pouvoir avoir 20 joueurs sur 23, on doit parler du recrutement, mais aussi du développement. Le personnel d’entraîneurs a vraiment fait un travail incroyable pour faire éclore le jeune talent que nous avions, les outils que nous leur avons donnés», indique Daniel LeBlanc.

«Quand vous êtes un petit marché, il faut trouver des façons de faire plus avec moins. Dans notre cas, c’est vraiment une question de culture d’entreprise qu’André Tourigny avait mise en place. On a continué dans la même direction.»

L’Acadien se dit rempli de fierté de voir son groupe atteindre l’objectif final.

«Quand on voit des résultats comme ça, c’est certain qu’on prend beaucoup de fierté là-dedans. Pour nous, c’est le sentiment du devoir accompli.»

Mais pas question de s’asseoir sur ce succès.

Pour Daniel LeBlanc, les célébrations attendront.

«J’avais quelques recruteurs à Halifax, et pendant les après-midi, on avait des réunions pour préparer le prochain repêchage. Ça s’en vient vite et on doit tirer profit du temps qu’on peut passer ensemble.»