Tir au poignet: Sylvio Bourque remporte l’argent au Costa Rica

L’écrivain britannique James Herbert Brennan a déjà dit que la vieillesse est une maladie que l’on attrape quand on atteint la soixantaine. Faudrait penser à prévenir certains sexagénaires parce que visiblement plusieurs ignorent leur état.

Pensons aux coureurs Patty Blanchard, Robert Jackson et Raymond Caissie, entre autres, qui ne cessent de défier le temps par leurs exploits.

Sylvio Bourque est un autre bel exemple.

En fin de semaine, l’homme aux 25 podiums aux Mondiaux de tir au poignet est allé cueillir une médaille d’argent aux Championnats panaméricains à San José, au Costa Rica, face à des «p’tites jeunesses» dans la quarantaine chez les moins de 176 lb.

Pourtant, même s’il rêvait d’un podium avant de mettre les pieds dans la capitale costaricaine, Bourque n’y croyait pas tellement en raison de la grande différence d’âge.

C’est que voyez-vous, aux Championnats panaméricains, la division la plus âgée regroupe les participants de 40 ans et plus. Ce qui veut dire que les quinquagénaires, sexagénaires, septuagénaires et octogénaires sont désavantagés.

«En arrivant là-bas, quand j’ai vu à quel point les médailles étaient belles, j’ai tout de suite eu envie d’en avoir une, raconte l’athlète de Beresford. Mais comme j’ai 60 ans et que la majorité des compétiteurs étaient dans la quarantaine, je savais que ce serait juste incroyable de me retrouver sur le podium.»

Ses craintes sont fondées lorsqu’il perd son premier match contre un certain German Gutierrez Badilla, une vedette locale âgée de 47 ans. Une vraie force de la nature selon Bourque. Et comme il s’agissait d’un tournoi à double élimination, notre Acadien n’avait plus le droit à l’erreur.

Il retrouve heureusement son aplomb et remporte tous ses matchs jusqu’à la ronde des médailles. En demi-finale, le destin fait en sorte qu’il retrouve Badilla. Ça lui a pris tout son petit change pour l’emporter.

«Badilla est définitivement l’un des combattants les plus coriaces que j’ai affrontés dans ma carrière. Il y a des gens qui sont venus me voir après le match pour me dire qu’ils venaient de voir le plus beau duel de la journée et que j’avais démontré qu’il était possible de battre un gars plus fort avec une bonne technique», raconte Sylvio Bourque.

En finale, Bourque se retrouve devant l’autre enfant chéri de San José, soit Erick Valuarde Gonzalez, âgé de 49 ans. Comme ce dernier n’avait toujours pas subi la défaite dans le tournoi, Bourque n’a d’autre choix que de le battre deux fois pour mettre la main sur l’or.

«J’ai gagné le premier match, dit-il. Et bizarrement, ç’a été une victoire très facile. Puis, lors du deuxième duel, il a réussi à se sortir du pétrin alors que je l’avais à ma merci. Il a simplement ouvert volontairement sa main. Au lieu de m’accorder la victoire, l’arbitre a décidé que nous allions recommencer le match, mais cette fois-ci avec les mains attachées avec une courroie.»

Bourque perdit ce match ultime et c’est avec une nouvelle médaille d’argent dans sa collection qu’il est retourné à la maison.

«C’est une belle médaille, mais j’aurais bien aimé avoir l’autre, confie-t-il avec humour. Je suis quand même content parce que je suis le seul gars dans la soixantaine, peu importe la division et la catégorie de poids, qui a obtenu une médaille. J’ai vraiment aimé mon expérience là-bas. J’ai d’ailleurs été surpris par la qualité des participants de certains pays que nous ne voyons que très rarement aux Mondiaux.»

Le prochain rendez-vous de Sylvio Bourque sera les Championnats canadiens qui seront présentés du 12 au 14 juillet au West Edmonton Mall. Puis, du 26 octobre au 3 novembre, il s’envolera vers Mamaia, en Roumanie, afin de prendre part aux Mondiaux.