Coupe du monde féminine: un impact bien réel jusqu’en Acadie

La présente Coupe du monde féminine de soccer aura un gros impact sur le développement du sport en Acadie. C’est du moins l’avis du président de Soccer Dieppe, Taha Maarous.

Celui qui dirige également l’équipe provinciale féminine U-15 se réjouit de l’intérêt suscité par le festival du ballon rond chez nous.

«On a eu la Coupe du monde ici il y a quatre ans. Plusieurs de ces athlètes jouent encore dans le présent tournoi. On reconnaît des visages!», avance-t-il.

«Cet événement a augmenté le nombre de filles inscrites chez nous, et même chez les garçons. Ce fut un événement inspirant.»

Le présent tournoi peut générer les mêmes retombées, croit Taha Maarous.

«Nous, on essaie de promouvoir ce genre de compétition à travers les médias sociaux en publiant l’horaire des parties ou les résultats. Je pense que c’est un bel événement pour promouvoir le sport féminin à l’échelle mondiale. On en a beaucoup entendu parler dans les médias, que ce soit au niveau de l’équité salariale ou de l’accès au sport», explique-t-il.

«On est en train de voir un beau spectacle puisqu’on est rendu à la phase ou ils doivent montrer leur style de jeu.»

Depuis la présentation de la dernière Coupe du monde féminine au Canada, un peu plus de la moitié des 15 000 athlètes inscrits à Soccer NB sont des filles.

«C’est un bon nombre, mais on aimerait quand même l’augmenter. À Soccer Dieppe, on essaie de promouvoir plusieurs initiatives pour aller recruter plus de jeunes filles», explique celui qui réside en Acadie depuis près d’une douzaine d’années.

«Jusqu’à l’âge de sept ans, elles sont souvent en train de jouer dans des équipes mixtes. On aimerait créer des programmes séparés pour aller chercher le maximum de filles possible et bâtir un plus grand bassin de joueuses pour avoir un meilleur système du côté féminin.»

Taha Maarous se dit impressionné par le rendement de l’équipe canadienne jusqu’à maintenant.

«Je trouve que c’est un groupe qui est pas mal soudé. J’ai des amis qui sont impliqués au sein du groupe de l’équipe nationale et le message qui en ressort est très positif.»

Comme tout le monde qui suit le sport de près, le président de Soccer Dieppe a éprouvé un certain malaise à voir les joueuses américaines célébrer chacun des buts de la raclée de 13 à 0 infligée à la Thaïlande.

«C’est un débat. Comme entraîneur, je demande toujours à mes filles de respecter l’équipe adverse, que ce soit en marquant, en célébrant ou même en perdant. Il faut respecter toutes les équipes», avance-t-il.

«Mais en même temps, en tant que sélectionneur, j’aime gagner. Si on enlève la notion de célébration dans le sport compétitif, on est dans l’erreur. La célébration, c’est une récompense pour le joueur qui a fait un effort et qui a réussi quelque chose de bien. C’est ça qui nourrit la compétition», ajoute Maarous.

«Cela dit, est-ce que c’était nécessaire de célébrer autant pour l’équipe américaine? Vous êtes l’équipe championne et vous êtes là pour défendre votre titre. Et vous célébrez de cette façon face à une équipe qui met le pied pour la première fois sur un terrain en Coupe du monde, j’ai trouvé que c’était un petit peu poussé.»

Sauf qu’il reconnaît que chacun des buts peut revêtir une importance capitale à ce niveau.

«Mais en même temps, c’est la Coupe du monde. La différence entre les buts marqués et les buts accordés peut devenir importante. On a aussi des joueuses qui veulent aller chercher un Ballon d’or et d’autres qui en sont à leur premier but au niveau international», précise-t-il.

«La seule chose qui me dérange en tant qu’administrateur et entraîneur de club, c’est que la majorité de ces filles-là sont des inspirations pour nos jeunes. Elles sont considérées comme des leaders et elles ont un certain statut dans le monde du soccer pour tout ce qu’elles ont accompli. Mais avec des réactions pareilles, ça peut probablement nuire à leur réputation. Je me sens vraiment mal pour l’équipe de la Thaïlande, mais il faut tourner la page.»