Judyanne Bernier lutte toujours contre les symptômes des commotions

«Ça fait trois ans que je me lève avec des maux de tête le matin et que je me couche le soir avec les mêmes maux de tête.»

Même si elle n’a pas joué au hockey depuis plus d’un an, Judyanne Bernier vit quotidiennement avec les symptômes reliés à ses nombreuses commotions cérébrales.

Et il en sera ainsi pour le reste de ses jours.

«Je suis habituée de vivre avec ces symptômes-là. Ça fait trois ans que j’ai mal à la tête. Ce n’est rien de nouveau pour moi. La seule chose qui est nouvelle, c’est que je ne peux plus jouer au hockey.»

Au cours des dernières années, l’ancienne des Aigles Bleues de l’Université de Moncton a éprouvé des problèmes de vision, des maux de tête, des pertes de mémoire, des problèmes de concentration, une sensibilité au bruit ou à la lumière, de l’irritabilité et de la fatigue constante.

«Tous ces symptômes restent une routine pour moi depuis trois ans parce que mon cerveau est en commotion depuis ce temps-là», mentionne l’athlète originaire de Sainte-Luce, non loin de Rimouski.

«Je ne vais plus dans les bars depuis le mois de janvier. J’ai complètement arrêté ça. J’évite tous les endroits où il y a beaucoup de monde, de bruit ou de lumière. Si je vais au Costco, je sais déjà ce que je veux, j’y vais, je prends mes affaires et je m’en vais. Je ne niaise pas dans les magasins», poursuit Bernier.

«Je viens rapidement impatiente, ça me donne des maux de tête, j’ai chaud et je ne me sens pas bien. Quand il y a trop de monde, c’est comme si j’étouffais.»

Les symptômes, l’étudiante en criminologie a dû apprendre à vivre avec.

«Ça n’a pas ruiné ma vie, mais j’ai dû faire une certaine adaptation. Je n’ai pas joué depuis un an et ça va de mieux en mieux», avance-t-elle.

«Selon le médecin, je ne reviendrai jamais à 100%, mais les traitements pourraient m’aider à bien fonctionner plus tard. Je vais toujours garder des séquelles de ça. Ce seront les mêmes symptômes que présentement, mais en moins pire», rajoute l’athlète âgée de 22 ans.

«Je n’aurai peut-être plus besoin de médicaments pour ma tête et possiblement que ma mémoire va s’améliorer avec le temps. Je suis maintenant habituée à ce nouveau mode de vie. C’est endurable, c’est vivable, mais j’ai dû m’adapter. Ce fut très difficile à accepter de ne plus jouer au hockey. Mais on dit “un mal pour un bien” et j’ai eu des super bonnes notes parce que j’ai plus de temps à passer dans mes études.»

Malgré tout, elle n’en veut pas au sport qui la passionne toujours.

«Si ce n’était pas du hockey, je ne serais probablement pas à l’université présentement. Les Aigles Bleues ont été une porte d’entrée pour mes études. Oui j’ai eu des commotions, mais je n’en voudrai jamais au hockey, parce que ce sport m’a apporté beaucoup plus que ce qu’il m’a enlevé. Juste le fait d’être à l’université, c’est déjà une grosse victoire.»

Le 17 juin, Bernier a subi une évaluation d’une heure, ainsi que des tests neuropsychologiques pour voir comment ses yeux et sa mémoire réagissent.

Contre vents et marées, la Québécoise est toujours aussi souriante et pleine de vie.

Pas question de s’apitoyer sur son sort.

Judyanne Bernier, c’est une battante.

«Je suis quand même chanceuse dans tout ça. Mon médecin m’a dit que si on ne m’avait pas diagnostiqué aussi tôt, j’aurais eu plus de difficultés à fonctionner plus tard. On peut espérer essayer de régler les séquelles le plus possible avant que ma vie ne commence vraiment à être difficile», explique-t-elle.

«J’ai 22 ans et ce mode de vie va grandir avec moi. Je ne rêve pas du jour où je n’aurai plus de symptômes parce que je pense que ça n’arrivera jamais.»