Jakob Pelletier fait le point sur le repêchage

«J’aimerais bien pouvoir te dire à quoi j’ai pensé quand j’ai entendu mon nom, mais je ne m’en rappelle absolument pas. Je me souviens d’un soupir de soulagement, mais ensuite, ce fut comme un gros trou noir. Je me suis réveillé et j’étais sur la scène en train de serrer la main de Gary Bettman.»

Quelques jours après le plus beau moment de sa vie, Jakob Pelletier n’en revenait pas encore d’avoir été sélectionné au 26e rang par les Flames de Calgary, vendredi soir à Vancouver.

«C’était tellement incroyable. C’est vraiment un rêve qui devient réalité. On dirait que je ne le réalise pas encore. Le fait d’être repêché, c’est quelque chose de gros. Le fait que les Flames me voulaient beaucoup rend ça encore plus spécial», raconte-t-il.

«Ça peut paraître ridicule, mais juste le fait que mon nom soit brodé à l’arrière du chandail qu’ils m’ont remis, ça veut dire beaucoup pour moi. Ils m’ont confirmé après qu’ils me voulaient vraiment. Ils m’ont d’ailleurs dit qu’ils ont eu peur que je sorte avant le 26e rang», ajoute le patineur originaire Québec.

Plus les choix étaient annoncés, plus le clan Pelletier (qui comprenait une cinquantaine de personnes) commençait à trouver le temps long dans les gradins du Rogers Arena.

«Je savais que j’étais classé entre le 22e et le 35e rang. De 1 à 22, je n’étais pas stressé pour deux cennes. Quand Samuel Poulin est sorti (au 21e rang), j’étais vraiment content pour lui. On dirait que c’est à ce moment-là que j’ai commencé à réaliser que c’était peut-être mon tour qui s’en venait», souligne le numéro 11 des Wildcats de Moncton.

«Il y a commencé à y avoir un peu de stress, mais je ne suis pas arrivé là avec des attentes énormes. Je ne voulais pas me mettre de la pression inutile sur les épaules. D’ailleurs, le repêchage ne s’est pas déroulé comme prévu. Les choix ont été dans tous les sens», fait remarquer Jakob Pelletier.

«Mais je ne peux pas dire que j’ai été surpris, parce que le matin même, j’avais eu une autre entrevue avec eux et ça s’est très bien passé.»

Quand il est finalement monté sur la grande scène, un million de choses lui sont venues en tête.

«J’ai pensé à tous les sacrifices que mes parents ont faits pour me permettre de me rendre jusque là. J’ai aussi pensé que tous les efforts que j’ai mis dans le hockey ont porté leurs fruits. Le fait d’être repêché en première ronde compense tous les matins qu’on a dû se lever à 6h pour se rendre à l’aréna dans le froid et la noirceur de l’hiver!»

Malgré le sentiment du devoir accompli, Pelletier réalise qu’il a encore pas mal de boulot devant lui pour mériter son poste dans la LNH.

«C’est certain que je suis fier, mais ce n’est pas la fin de quelque chose, ce n’est que le début. Il me reste beaucoup de travail à faire et je veux prouver au camp que je mérite d’être là. Mon plan A est de faire l’équipe dès la saison prochaine», avance-t-il.

«Mais si je suis réaliste, je vais sûrement revenir avec les Wildcats et c’est bien correct pour mon développement. Je veux leur laisser une bonne impression et leur prouver que je suis vraiment un choix de première ronde. Je ne veux avoir aucun regret et leur montrer qu’ils n’ont pas raté leur coup.»

En attendant, l’attaquant âgé de 18 ans participera au camp de développement des Flames la semaine prochaine.

Ce sera ensuite un été intense d’entraînement qui l’attendra.

«Je dois être plus solide sur mes patins et plus fort physiquement. Je veux que ce soit difficile de me tasser devant le but. Je veux aussi améliorer mon tir.»

Fini l’étiquette de «petit joueur» pour le hockeyeur de 5 pieds 9 pouces et 160 livres pour Jakob Pelletier.

Son étiquette, c’est maintenant celle de «choix de première ronde dans la LNH».