Shannie Chiasson n’a aucun regret en Alabama

«Quand j’ai commencé à jouer au soccer, ma mère m’a donné 20$ pour aller à une pratique parce que je voulais juste aller au cinéma avec mes amies. Je me suis forcée à y aller juste parce que je voulais avoir ce 20$.»

Fort heureusement, ce fut la seule fois de sa vie où Shannie Chiasson a eu besoin d’un peu de motivation pour s’élancer sur le rectangle gazonné.

Depuis ce jour, le ballon rond fait partie de la vie de l’athlète de la région Chaleur.

En fait, son sport lui a permis de réaliser son rêve de prendre la route des collèges américains.

Depuis 2015, la footballeuse âgée de 21 ans porte les couleurs des Rams de l’Université de Mobile.

Mais son rêve a bien failli tourner au cauchemar.

Et deux fois plutôt qu’une.

Dès sa première saison, elle a subi une grave blessure au genou droit.

Même scénario un an et demi plus tard, cette fois au genou gauche.

C’est à ce moment que le numéro 7 des Rams a touché le fond du baril.

«Des filles de mon équipe dormaient sur le plancher dans ma chambre pour s’assurer que j’avais tout ce dont j’avais besoin le soir», raconte l’athlète de Bathurst.

«J’ai eu beaucoup de soutien de ma famille. Je ne me sentais tellement pas bien qu’ils m’ont ramené à Bathurst pour une semaine. Ça m’a permis de me ressourcer et de me vider la tête. J’ai aussi de très bonnes coéquipières. Elles ont toujours été là pour moi», souligne-t-elle.

«Ce furent les deux moments les plus difficiles de ma vie, mais j’ai pu passer à travers. J’ai appris que même si j’étais complètement abattue, c’est possible de s’en sortir.»

L’étudiante en design graphique n’a jamais baissé les bras.

«Ça m’a pris du temps à revenir, surtout la première fois. C’était surtout une affaire de confiance. La deuxième fois, ce fut vraiment difficile sur le moral. J’étais vraiment down. Sauf qu’après un mois, j’étais déterminée à revenir. Je voulais vraiment jouer de nouveau», affirme Shannie Chiasson.

«Mais, j’ai réussi à remonter, et honnêtement, je crois que je suis plus forte maintenant. Avec la physiothérapie et tout, je me sens vraiment bien aujourd’hui. Je peux maintenant jouer sans support et ça va vraiment bien.»

L’énergique petit bout de femme a maintenant l’intention de savourer chaque moment de ses deux dernières saisons de soccer universitaire.

«Après l’université, je ne pourrai pas jouer au soccer aussi souvent que je veux. Je veux donc profiter au maximum de mes deux dernières années universitaires», affirme-t-elle.

«J’aimerais être une leader de mon équipe cette saison. J’ai hâte de pouvoir passer plus de temps sur le terrain. J’ai vraiment travaillé fort pour avoir cette place.»

Quand elle regardera en arrière, Shannie Chiasson n’aura aucun regret.

«Le soccer m’a donné la chance de rencontrer plein de gens. Pour moi, c’était un rêve d’aller jouer aux États-Unis. Je suis tellement contente d’avoir pu faire ça. J’avais plusieurs options ici, mais je voulais vivre quelque chose de différent. C’est ça qui m’attirait le plus», précise-t-elle.

«Ça m’a aussi permis de devenir bilingue. Je n’avais pourtant jamais étudié en anglais de ma vie. J’ai vécu plein de belles expériences et ça m’a permis de devenir une meilleure personne.»

Shannie Chiasson – Gracieuseté

La milieu de terrain croit que le ballon rond fera toujours partie de sa vie.

Elle a d’ailleurs déjà occupé les rôles d’arbitre et d’entraîneuse.

«Même quand je serai plus vieille, je pense que je serai toujours impliquée dans le soccer. C’est ma véritable passion. Avec mon expérience, je peux avoir un impact sur plusieurs jeunes. Je peux leur passer ce que j’ai appris.»

Shannie Chiasson et les Rams seront de retour sur le terrain au début du mois d’août à Mobile.

La saison 2019 prendra son envol trois semaines plus tard.