Dans la nature à deux roues

Il y a les coureurs d’endurance et il y a les cyclistes d’endurance. Ne vous détrompez pas, bien qu’ils se déplacent de façon différente, ils ont néanmoins plein de choses en commun. D’abord une énergie similaire, en plus d’une audace particulière. Ils partagent aussi le même goût prononcé de l’aventure. Et, il faut bien le dire, ils possèdent pareillement une folie identique.

Au Nouveau-Brunswick, les cyclistes d’endurance sont assez rares. Nous parlons ici de cyclistes qui se consacrent exclusivement à des parcours d’endurance qui peuvent atteindre plusieurs centaines de kilomètres, en majorité en montagne, avec des dénivelés approchant parfois les deux kilomètres.

Ces cyclistes sont une denrée encore plus rare chez les Acadiens. En fait, André Landry, de Cap-Pelé, est le seul qui s’y dévoue entièrement.

Âgé de 34 ans, André Landry participe chaque année à environ 30 épreuves sur son vélo Orbea, dont quelques unes à étapes qui dépassent habituellement les 300 km.

Le week-end dernier, il s’est approprié pour la quatrième année consécutive le championnat du Gaspesia, une «promenade» qu’il a complétée en 8h59min «J’adore la Gaspesia parce qu’elle représente un beau défi avec la nature, dit-il. La vue est spectaculaire. Cela dit, chaque compétition a son petit quelque chose de spécial.»

Vous aurez compris qu’avec un horaire avoisinant les 30 épreuves, il ne lui reste plus beaucoup de fins de semaine de libres. D’autant plus qu’il participe parfois à des épreuves de courte distance qui n’ont rien d’une course d’endurance, comme ce sera justement le cas ce week-end.

Mais dans deux week-ends, les 13 et 14 juillet, il se tapera les 100 km du Carrabassett Backcountry Cycle Challenge au Centre plein air Sugarloaf, dans l’État du Maine, puis le Petit-Sault XCM d’Edmundston, une trotte de 60 km. Et c’est sans oublier qu’il devra franchir six heures de route entre les deux épreuves.

Son épreuve la plus importante en 2019 se veut toutefois les Championnats canadiens qui auront lieu le 14 septembre à Saint-Félicien. C’est la deuxième année que le parcours de 80 km de Saint-Félicien est utilisé pour le rendez-vous national. L’an dernier, André Landry a pris le sixième échelon. Il vise cette fois-ci un top-5.

Plus tôt cette année, plus précisément en mars, il a pris part au TransRockies Moab Rocks en Arizona, une course de trois jours en autant d’étapes, où il a terminé au 15e échelon.

À plus long terme, il rêve de participer au Mongolia Bike challenge, une folie de 600 km répartie en six jours.

«C’est la course que je rêve de faire, mentionne Landry. Elle est considérée comme l’une des plus grosses épreuves au monde. Je me donne trois ans pour y participer.»

C’est à l’âge de 22 ans qu’André Landry a décidé de se lancer dans la compétition. En fait, il a entamé la compétition aussitôt qu’il s’est doté d’un vélo de compétition.

«J’avais fait du BMX avec des amis plus jeune, mais c’était seulement dans les parages à Cap-Pelé. À 22 ans, j’ai appris qu’il y avait des compétitions et j’ai décidé de tenter ma chance», confie-t-il.

«Quand j’ai débuté, je voulais seulement voir jusqu’où je pouvais me rendre. Sauf que j’ai tout de suite eu la piqûre et je n’ai jamais cessé depuis de m’améliorer. D’ailleurs, je sens que je peux devenir encore meilleur. Surtout au niveau technique. C’est un sport très difficile qui demande un bon cardio et une bonne force physique. Et la plus grande qualité que tu peux avoir quand tu fais mon sport, c’est la persévérance. Tu ne dois jamais abandonner. Tu dois foncer même quand ça va moins bien. Ça demande aussi énormément d’heures d’entraînement», explique-t-il.

Étonnamment, le Nouveau-Brunswick donne déjà accès à quelques épreuves intéressantes.

En plus du Petit-Sault d’Edmundston, il y a les 4 heures de French Fort Cove de Miramichi, le Woolastook 4 de Fredericton et le Tout d’Elgin 120, tout près de Fundy. En juin, il y a également le Coal Miners Lung de Minto.