Le pickleball extérieur, le hit de l’été à Saint-Isidore

Aucun vent. Le soleil perce quelques nuages. Pas encore de maringouins, ce qui est une véritable bénédiction. Une soirée idéale. Les «Poc!» se multiplient. Les rires aussi. La sueur coule. On s’amuse ferme, c’est certain. Le pickleball extérieur, c’est le hit de l’été à Saint-isidore!

Hermel McLaughlin est fier de ce qu’il voit. Pas seulement parce que son projet a pris forme après deux ans de durs labeurs. Mais aussi parce que les gens se sont rapidement approprié en grand nombre cette belle idée.

Transformer des terrains de tennis inutilisés en parc pour le pickleball, un sport en pleine expansion dans la province.

Le court de jeu est de la grandeur d’un terrain de badminton. Le filet est placé plus bas que sur un terrain de tennis. La raquette est une palette qui fait peut-être le double de volume qu’une palette de ping-pong. La balle de plastique, plus petite qu’une balle de baseball, est trouée.

À Saint-Isidore, les installations sont de grande qualité. Six courts séparés par un grillage avec, au-dessus, un tuyau noir de drainage. Impossible donc de courir la balle partout. Deux autres ont été dessinés sur le seul terrain de tennis encore utilisable, au cas où. Un grand filet coupe-vent fait bien ce à quoi il est utile.

«Ils sont aussi beaux qu’en Floride!», lance Jac Arseno, de Tracadie, qui se prépare à aller jouer un match de double.

Sur un terrain, deux équipes s’échangent la balle à coup de volées. Sur un autre, on préfère jouer les balles de fond. Là-bas, on se renvoie quelques balles comme échauffement, en attente pour une place qui va se libérer.

Puis, on entend «3-2-2».

3-2-2?

«C’est le pointage. Trois points pour l’équipe qui sert, deux pour l’équipe qui reçoit et deux pour dire que c’est le deuxième service», explique Hermel McLaughlin.

Un sport en croissance

«On avait ces terrains de tennis inoccupés, poursuit-il pendant que les joueurs s’en donnent à cœur joie. Ça nous donnait déjà une belle surface de jeu. Je suis allé voir le village pour leur dire qu’on pourrait y faire du pickleball. Les élus ne savaient pas c’était quoi. Il a fallu que je leur explique. Que je leur dise aussi que ça ne leur coûtera rien.»

Deux étés de préparation et des investissements de plus de 55 000$, entièrement fournis par des commandites et des subventions, ont été nécessaires pour créer ce parc. Le reste a été du travail bénévole. Beaucoup de travail, avec son bras droit Raoul Lanteigne et plusieurs autres volontaires.

Le résultat est franchement spectaculaire.

«Le président de Pickleball NB est venu voir de quoi ça avait l’air… Il a été très impressionné», soutient le responsable d’un groupe qui compte déjà plus de 60 adeptes, dont un âgé de 80 ans.

Ce sport est en forte croissance et accessible à tout le monde, poursuit-il. Des cliniques de formation ont connu un immense succès à l’école La Relève de Saint-Isidore. Des villages comme Pointe-Verte, dans la région Chaleur, et Paquetville se sont informés auprès de lui.

Les soirs, les amateurs se rassemblent uniquement grâce au bouche-à-oreille version 2019, c’est-à-dire les réseaux sociaux. Les invitations font rapidement le tour. Et ça donne des soirées occupées comme celle de mardi.

«Pour l’instant, tout ce qu’on veut, c’est de faire jouer le monde, de les faire bouger. Quand tu commences, tu attrapes vite la piqûre», admet l’homme, raquette dans la main droite et balle dans la main gauche.

Déjà une réussite

Appuyée sur la clôture, Rinette Losier, de Brantville, prend une pause bien méritée. Le visage rougi par l’effort, elle a donné sa place à un autre joueur. Quand elle aura récupéré, elle reprendra le jeu.

«J’ai commencé à venir jouer avec le beau temps, explique-t-elle. Je viens davantage le matin ou le soir, quand il fait moins chaud. C’est une belle activité, pour tous les âges. J’ai suivi les cliniques et ça m’a donné le goût de jouer.»

Elle prend quelques secondes pour être témoin d’un échange serré entre deux équipes. Elle apprécie et félicite les joueurs.

«J’ai toujours fait du sport, continue Rinette, le visage de moins en moins rouge. J’aime le sport d’équipe, j’aime le jeu. Il y a aussi beaucoup de social et ça fait bouger les gens. Hermel et son équipe ont fait tout un travail. Je leur lève mon chapeau. Ça prenait quelqu’un de convaincu pour le faire. C’est grâce à des gens comme lui qu’on peut jouer.»

La pause est terminée. La joueuse reprend sa place. Et la voilà repartie pour un autre échange. «Poc!»

L’ouverture officielle est prévue le 19 juillet. Il y aura aussi un tournoi amical le 28 juillet. Mais avant tout, Hermel McLaughlin veut que les gens s’amusent. Qu’ils bougent.

Juste pour cela, c’est une réussite. Surtout quand il n’y a pas de maringouins. Ils n’ont pas encore appris à jouer, c’est certain.