Coupe du monde Paratriathlon: Kamylle Frenette décroche l’or

C’est tout un cadeau de fête que s’est offert Kamylle Frenette, victorieuse samedi en Coupe du monde de paratriathlon à Magog au Québec.

Une semaine après avoir célébré son 23e anniversaire, la jeune Acadienne a signé son meilleur temps de la saison.

En seulement 1h11min04, Kamylle a effectué 750 m de natation dans le bassin olympique, puis cinq boucles de 4,1 km à vélo, avant d’attaquer la portion de 5 km en course à pied.

Cette première place lui permet de récolter de précieux points en vue de sa qualification pour les Jeux paralympiques de Tokyo en 2020, dans la catégorie PTS5, soit celle des paratriathlètes présentant des déficiences légères.

«C’était une très belle course. C’était plaisant de compétitionner au Canada près de chez moi», confie la triathlète originaire du Sud-Est du Nouveau-Brunswick. «C’était ma première course de natation sans combinaison isothermique, donc c’était une expérience différente pour moi, mais un bon entraînement pour Tokyo.»

Née avec un pied bot, corrigé lorsqu’elle n’avait que quelques mois, Kamylle Frenette a dû s’adapter à évoluer avec un pied droit plus petit que le pied gauche.

Les prochaines semaines s’annoncent particulièrement intenses. Dès dimanche, elle prendra la direction de Victoria en Colombie-Britannique pour un camp d’entraînement de vingt jours avec l’équipe canadienne. Elle décollera ensuite pour Tokyo où se dérouleront les compétitions Test Event, un an avant le plus grand des rendez-vous sportifs.

Mais le moment le plus décisif de la saison sera probablement le championnat mondial de paratriathlon qui aura lieu le 1er septembre à Lausanne en Suisse. Un bon chronomètre lui ouvrirait les portes de la sélection, qui ne sera pas officialisée avant juin 2020.

Avec une 4e place décrochée à Montréal il y a deux semaines en série mondiale, Kamylle Frenette juge ses chances «assez bonnes».

«Tout de suite, je suis classée au 5e rang mondial, dit-elle. S’il n’arrive rien de grave, si je continue à bien performer, je devrais être correcte… même s’il n’y a jamais rien de garanti!»

Il lui faudra maintenir son rythme d’entraînement infernal pour encore de longs mois et réussir à jongler avec le sport et ses études en pharmacie à l’Université Dalhousie. Son horaire hebdomadaire comprend actuellement cinq séances de natation, deux visites au gymnase, quatre entraînements de vélo et de quatre sorties de course à pied!

Et cela ne lui fait pas peur. «J’adore compétitionner, j’ai toujours du plaisir et je pense que c’est ça la clef pour réussir. C’est sûr qu’il faut aussi apprendre à souffrir, ça fait toujours mal à la fin de la course», glisse Kamylle.

Kamylle Frenette est en bonne voie de se qualifier pour les Jeux paralympiques de Tokyo l’an prochain. – Gracieuseté

La jeune femme sait de quoi elle parle. Lors de sa première participation à des Championnats du monde à Gold Coast, en Australie, elle a subi une fracture de la tête du radius, un os du coude, lors de sa chute dans la portion à vélo. Cela ne l’a pas empêché de terminer les 15 km du parcours, plus les 5 km à la course, et de se hisser à la quatrième place.

Une détermination qui, espérons-le, la mènera loin.