LCH: pour 4 joueurs de 20 ans

À maintes reprises, vous avez comme moi déjà entendu les directeurs généraux des équipes de la LHJMQ nous raconter que le repêchage est loin d’être une science exacte, ou encore qu’il est souvent bien difficile de prédire le développement d’un joueur. C’est un cliché certes, mais ça demeure la vérité.

Il n’y a que des exceptionnels comme Sidney Crosby, Nathan MacKinnon, Alexis Lafrenière, Noah Dobson, ou Lukas Cormier qui sont prêts à jouer un rôle important au sein de leur club dès leurs 16 ans.

La majorité a besoin d’une ultime saison dans le midget AAA pour mieux briller à 17 ans. Chez le Titan d’Acadie-Bathurst, on en connaît un rayon sur le sujet avec les Patrice Bergeron, Bruno Gervais et Mathieu Perreault, pour ne nommer que ces trois-là. Idem à Moncton avec Jordan Spence et Jeremy McKenna.

Enfin, il y a ceux qui n’ont eu leur déclic qu’à 19 et 20 ans. Parmi les derniers en date, on retrouve Samuel Asselin, Jimmy Huntington, Alexandre Allain, Tyler Boland et Giovanni Fiore, entre autres.

Si je vous parle de ça aujourd’hui, c’est que j’ai le goût de vous livrer un peu le fond de ma pensée concernant une situation qui me dérange dans cette Ligue canadienne de hockey qui régit les trois ligues junior majeur du pays (LHJMQ, OHL, WHL).

Ainsi, j’ai toujours été contre l’idée de limiter les formations à seulement trois patineurs de 20 ans? Il me semble que c’est manquer sincèrement d’honnêteté à l’endroit de ces jeunes qui rêvent encore à une carrière professionnelle.

D’autant plus que la présence d’un seul vétéran de 20 ans supplémentaire dans chaque équipe améliorerait à coup sûr la qualité du spectacle. Et du même coup, le hockey midget AAA s’en retrouverait lui aussi gagnant de retrouver quelques patineurs de 16 ans de bon calibre pour une dernière campagne.

Et la preuve que ce que j’avance a du sens, c’est que de plus en plus de hockeyeurs universitaires américains (et canadiens) évoluant dans la NCAA parviennent à attirer les équipes de la LNH à 22 ou 23 ans. On parle ici de gars qui ont été totalement ignorés lors des repêchages précédents depuis leurs 18 ans.

Et je vous assure que plusieurs joueurs de 19 ans sont abandonnés au profit de plus jeunes parce qu’on doute qu’ils soient de taille de percer la formation à 20 ans. En ayant un poste de 20 ans supplémentaire, sans doute que des équipes seraient prêtes à prendre plus de risques comme l’ont d’ailleurs fait les Huskies de Rouyn-Noranda avec Olivier-Luc Haché. Mais un cas comme Haché est très rare.

Ça m’a justement rappelé le cas de Christopher Caissy de Campbellton. En 2013-2014, les Wildcats de Moncton avaient surpris tout le monde en lui confiant une case de 20 ans malgré ses deux matchs d’expérience dans la LHJMQ. Et vous savez quoi? C’est justement cette décision des Wildcats qui a permis à Caissy de disputer un match professionnel avec les Wolves de Chicago dans la Ligue américaine. Il a depuis complété un bac universitaire avec les Varsity Reds de UNB.

Bref, j’aimerais bien qu’on m’explique pourquoi ici au Canada nous abandonnons aussi rapidement dans le développement de jeunes qui n’ont que 20 printemps?

Element s’en souviendra longtemps

J’ai rarement vu un hockeyeur aussi malchanceux que Shawn Element pendant un week-end. Sa fin de semaine s’annonçait pourtant resplendissante, lui qui avait été choisi le nouveau capitaine du Titan d’Acadie-Bathurst jeudi matin.

Shawn Element – Gracieuseté: Titan 2019

Il apprend d’abord que quelqu’un (ou quelqu’une) chez les Blackhawks de Chicago a oublié de lui envoyer des papiers à signer pour son essai amateur, papiers qui devaient ensuite être acheminés à la LNH au plus tard le 25 août. Il a donc dû se résigner à retourner immédiatement à son club junior.

Puis, en chemin vers Bathurst, Element perd le contrôle de son véhicule sur une route rendue glissante par l’eau dans le coin de Campbellton. Il se sort indemne de son accident, mais avouez que la coupe était déjà pleine à la suite de la gaffe des Blackhawks.

Je me suis senti obligé de lui écrire une petite note, où je lui raconte que ça va rendre son histoire encore plus belle. J’ai entendu beaucoup de belles choses concernant la force de caractère de Shawn Element et je suis convaincu qu’il a ce qu’il faut pour prendre sa revanche sur le destin.

En passant, ça fait déjà trois accidents (ou incident) impliquant une voiture et un joueur du Titan en quatre ans.

Le 2 décembre 2015, Nicolas Dumulong s’était fait passer dessus par son propre véhicule en mouvement dans le stationnement du Centre régional K.-C.-Irving, alors qu’il tentait de le stopper dans une pente. Comme Element, il s’en était tiré sans bobo.

Presque trois ans plus tard jour pour jour, soit le 3 décembre dernier, Charles-André Cypihot a percuté de plein fouet une camionnette avec sa voiture sur la route 11 reliant Bathurst à Miramichi. Cypihot faisait alors quotidiennement l’aller-retour pour ses études au Carrefour Beausoleil. Le géant a été moins chanceux puisqu’il a dû rater le reste de la saison en raison d’une commotion cérébrale.

Déjà cool sans avoir joué un match

Chaque année, la LHJMQ fait immanquablement de la place à des joueurs dont la combinaison prénom et nom fait en sorte qu’on pense immédiatement à des personnages de cinéma, de super héros ou encore de lutte professionnelle.

J’en ai répertorié au moins cinq en regardant les alignements des équipes. Ils sont Yu Sato, des Remparts de Québec, Loris Rafanomezantsoa, des Saguenéens de Chicoutimi, Mikisiw Awashish, du Drakkar de Baie-Comeau, Rudolfs Polcs, des Foreurs de Val-d’Or, et Massimo Siciliano, des Tigres de Victoriaville. J’ai cependant de la compassion pour le pauvre commentateur de la radio des Saguenéens.

J’ajoute à ce groupe Ivan Ivan des Eagles du Cap-Breton. Mais dans son cas, ce sont surtout ses coéquipiers qui doivent se faire un malin plaisir de le taquiner.