La persévérance a un nom: Jacob LeBlanc

Comme athlète, Jacob LeBlanc ne l’a jamais eu facile. Pour chacune de ses sélections dans une équipe, le gardien de Dieppe a dû se donner à fond. Souvent avec plus de conviction que les autres. Tel un forcené. Heureusement pour lui, il est têtu. C’est lui-même qui le dit. Et c’est justement cet entêtement qui l’a mené là où il est aujourd’hui. La semaine dernière, l’Acadien de 17 ans a été confirmé comme adjoint du numéro un Anthony Morrone avec les Voltigeurs de Drummondville.

Sa famille et ses amis auraient sans doute payé cher pour voir le sourire de LeBlanc quand il est sorti du bureau du directeur général Philippe Boucher.

«Je me suis présenté au camp d’entraînement avec l’idée de faire le club et de ne pas leur donner de raison d’en choisir un autre que moi», affirme-t-il.

«Ils m’ont dit qu’ils ont aimé ma détermination et le fait que je travaille toujours fort sur la glace. L’entraîneur des gardiens Olivier Michaud aime aussi ma façon de travailler. Selon eux, je suis facile à coacher. Je veux apprendre», dit-il.

Comme on vous le disait, Jacob LeBlanc arrive de loin. D’ailleurs, depuis qu’il trimballe ses jambières à l’aréna, il n’a jamais été en mesure de percer l’alignement de l’équipe AAA à sa première tentative. Il lui a toujours fallu attendre une année supplémentaire avant d’être choisi. Que ce soit dans le pee-wee, le bantam ou encore le midget, il était rejeté à son premier camp. C’était immanquable.

Même qu’à 15 ans, il a dû se joindre à l’école privée de Rothesay Netherwood parce qu’il n’y avait pas d’endroit pour lui dans le Grand Moncton. C’est vous dire la force de caractère qu’il lui a fallu pour persévérer.

Une saison qui lui a quand même permis d’être repêché par les Eagles du Cap-Breton en juin 2018 (8e ronde, 141e au total). Revenu au bercail, LeBlanc a connu une excellente campagne avec les Flyers de Moncton en compilant une moyenne de buts alloués de 2,31 et un taux d’efficacité de ,906.

«Je suis quelqu’un de têtu et jamais je n’ai pensé à abandonner, indique-t-il. C’est sûr qu’il y a eu des périodes de frustration, mais j’ai toujours cru en moi. Mon rêve était de suivre les traces de mon frère Samuel (ex-membre des Sea Dogs et de l’Armada qui portera cette saison les couleurs des Crushers de Pictou County dans la MHL). Samuel m’a d’ailleurs toujours encouragé et ça m’a aidé dans mon cheminement. Nous avons trois ans de différence et ça fait des années qu’il pratique ses lancers avec moi», souligne-t-il.

Un changement d’air

Juste avant le dernier repêchage, constatant que ses chances de percer l’alignement des Eagles étaient quasiment nulles avec la présence de Kevin Mandolese et William Grimard, LeBlanc a demandé une transaction par l’entremise de son agent Bryan Dubé.

Son souhait a été exaucé le 8 juin lorsque les Eagles ont cédé LeBlanc aux Voltigeurs afin de faire l’acquisition de l’excellent défenseur à caractère défensif Jarrett Baker. Des choix au repêchage étaient également impliqués.

«Je savais que je n’avais aucune chance au Cap-Breton et j’ai donc demandé à Bryan de leur demander de me trouver un autre endroit. Je suis content que ce soit à Drummondville parce que c’est une équipe en reconstruction, où il y avait justement une place devant le filet à la suite du départ d’Olivier Rodrigue (à Moncton)», raconte le cerbère de 5 pieds 11 pouces et 154 livres.

Encore tout à prouver

Jacob LeBlanc sait cependant très bien qu’il a encore tout à prouver. S’il ne fait pas le travail, les Voltigeurs n’hésiteront pas à le remplacer.

«Il n’y a rien de coulé dans le béton dans mon cas. Je dois continuer de travailler fort. Mon premier objectif était de faire le club. Maintenant je veux leur prouver que j’ai ce qu’il faut pour être utilisé régulièrement. Et ensuite, parce que c’est mon année de repêchage, je veux convaincre une équipe de la Ligue nationale de me sélectionner», confie-t-il.

LeBlanc est par ailleurs d’avis que les Voltigeurs seront nettement plus coriaces que ne semblent anticiper certains experts.

«C’est vrai que nous avons un club en reconstruction et que plusieurs bons joueurs sont partis. Mais il reste encore beaucoup de bons joueurs. Je crois que nous pourrons surprendre», mentionne-t-il.

LeBlanc n’a pas tort puisque les Voltigeurs pourront compter sur plusieurs bons éléments, à commencer par Dawson Mercer, Brandon Skubel, Xavier Simoneau, Nicholas Girouard, Charles-Édouard Drouin, Rémy Anglehart, Isiah Campbell, Thomas Pelletier et Anthony Morrone.

«Je ne connaissais personne à part Yanic Duplessis (il a été retranché), mais je me suis vite acclimaté. Anthony Morrone est même devenu un excellent ami. Il m’apprend beaucoup. Il est déjà passé par ce que je suis en train de vivre», ajoute Jacob LeBlanc.