Les Carabins retirent le numéro de Kim Deschênes

Kim Deschênes avait l’embarras du choix lorsqu’elle a accepté l’offre des Carabins de l’Université de Montréal, qui venaient à peine de lancer leur programme de hockey féminin. Les Aigles Bleues de l’Université de Moncton étaient évidemment une option, mais il y en avait bien d’autres. Sauf qu’elle avait soif d’aventure et l’occasion de se retrouver au sein d’une équipe qui commençait à zéro n’était pas pour lui déplaire. La Saint-Quentinoise n’a jamais regretté son choix.

Kim Deschênes sera honorée de la plus belle de façons, vendredi soir, alors que son chandail numéro 9 sera hissé au plafond de l’aréna du CEPSUM. Il s’agit d’une première dans l’histoire de l’équipe.

Au cours de ses cinq campagnes avec les Carabins, l’Acadienne a compilé pas moins de 157 points en 128 rencontres, séries éliminatoires incluses. C’est d’ailleurs elle qui a marqué le tout premier but dans l’histoire des Carabins. Au terme de cette première saison, elle sera également choisie la recrue de l’année dans le circuit québécois.

En 2013, à sa quatrième saison et désormais capitaine de l’équipe, elle a mené les Carabins à son premier titre national. Elle a non seulement inscrit le but vainqueur en finale, mais a aussi été choisie la joueuse la plus utile.

Ajoutez à cela cinq sélections au sein des équipes d’étoiles du circuit québécois et deux médailles d’or aux Universiades de 2011 (Erzurum, Turquie) et de 2013 (Trente, Italie) avec l’équipe canadienne.

«J’ai vécu plusieurs grands moments avec les Carabins au fil des ans, affirme Kim. C’est sûr qu’il y a le championnat canadien et mes participations aux Universiades, entre autres.»

«Les Carabins m’ont appuyé pendant cinq ans autant sur la glace qu’en dehors de la patinoire. L’équipe m’a donné les ressources pour que je réussisse», souligne celle qui gagne sa vie comme courtière immobilière.

«Parmi les beaux moments, je ne peux m’empêcher de penser au camp d’entraînement que nous avons eu à Courchevel, dans les Alpes françaises, en août 2013. Nous y avions disputé des matchs contre les équipes nationales de France et de Slovaquie», indique-t-elle.

La jeune femme de 28 ans dit avoir appris la nouvelle du retrait de son chandail pendant une rencontre avec la directrice générale Danièle Sauvageau et l’entraîneure-chef Isabelle Leclaire.

«Elles m’ont demandé d’aller les rencontrer et j’étais convaincu que c’était parce qu’elle voulaient m’offrir un poste d’entraîneure-adjointe. Elles m’en avaient déjà fait l’offre par le passé et j’ai toujours refusé parce que je n’avais pas le temps de m’impliquer. C’était encore la même réponse que je voulais leur donner», assure-t-elle.

«Mais ce n’était pas du tout pour ça. Elles voulaient savoir si j’accepterais de voir mon chandail numéro 9 être retiré. Elles voulaient seulement ma permission», dit-elle.

Vendredi soir, Kim Deschênes confie qu’elle aura une pensée pour toutes les filles qui ont porté les couleurs de l’équipe pendant ses cinq saisons avec les Carabins.

«À mes yeux, toutes les filles ont contribué aux premiers pas de cette équipe, mentionne-t-elle. Elles ont toutes été invitées et j’ai hâte de revoir celles qui pourront venir.»

Ce n’est que tout récemment que Kim Deschênes a réalisé tout le bien que pensaient Danièle Sauvageau et Isabelle Leclaire à son sujet.

«Cet été, Isabelle et moi étions réunis par hasard et nous avons jasé. Comme je ne suis plus avec l’équipe, Isabelle n’avait plus rien à cacher. Elle m’a dit: “Je ne pouvais pas te le dire dans le temps, mais le jour que tu m’as confirmé que tu venais jouer avec les Carabins, le 6 juin 2009, je capotais. Ça reste le meilleur contrat dans l’histoire de l’équipe. C’est toi qui as lancé le programme des Carabins”. Moi, je n’étais pas du tout consciente que l’organisation misait autant sur moi à l’époque», raconte Kim qui, vendredi soir, sera accompagnée de ses parents Gilles et Linda, de sa sœur Jessie et de son conjoint Michaël, de même que des enfants du couple.

– Ça risque d’être pas mal émotif vendredi soir. J’espère que tu vas penser à avoir des kleenex dans tes poches. D’autant plus que ta famille n’a pas dû te voir brailler souvent ces dernières années.

«Non pas souvent», rétorque-t-elle en éclatant de rire.

«Je suis plus le genre à tout garder par en dedans. On va voir ce qui va se passer. J’avoue que j’ai hâte que ce soit terminé. C’est stressant parce que je ne contrôle rien», ajoute-t-elle d’une voix rieuse.

Question de nourrir davantage la nervosité de Kim, sachez que c’est même la voix des Canadiens de Montréal, Michel Lacroix, qui va animer les cérémonies. Une vidéo soulignant les exploits de Kim sera également présentée.

Bref, tout ça pour dire que le vendredi 18 octobre 2019 ne sera pas oublié de sitôt chez la famille Deschênes.

Ah oui, parmi les membres de l’équipe actuelle des Carabins qui vont suivre les cérémonies avec émotion, il y a Naomie Chiasson. L’Acadienne de Val-Comeau entame vendredi soir sa quatrième saison avec les Carabins.

L’histoire du numéro 9

Si le numéro 9 est depuis si longtemps associé à Kim Deschênes, n’allez surtout pas croire que c’est parce que son père Gilles ou son grand-père Ernest étaient des mordus de Maurice Richard, Gordie Howe ou Bobby Hull. Oh que non. La grande responsable de cet amour pour le numéro 9 est sa cousine Kristine Labrie. Oui oui, l’ancienne capitaine des Aigles Bleues de l’Université de Moncton.

«Non, ce n’était pas à cause du Rocket, m’a confié en riant l’immortelle des Carabins, jeudi après-midi. Je porte le numéro 9 parce que ma cousine Kristine, qui était un peu plus vieille, le portait aussi. Kristine était mon idole quand j’étais petite.»

«J’ai ensuite toujours porté le numéro 9 sauf quand Kristine et moi avons joué ensemble avec les Dragonnes de la polyvalente A.-J.-Savoie de Saint-Quentin. Disons que je ne m’étais pas trop éloignée du 9, j’avais le numéro 8. Nous avons même gagné le championnat provincial AA en 2005-2006», raconte Kim avec fierté.

Les numéros 9 dans l’histoire

Pour ceux et celles qui se posent la question, parmi les autres célèbres numéros 9 du sport, on retrouve aussi Glenn Anderson, Mike Modano, Paul Kariya, Bernie Nicholls, Johnny Bucyk et Lanny McDonald au hockey, Ted Williams, Roger Maris, Reggie Jackson, Bill Mazeroski, Minnie Minoso et Enos Slaughter au baseball, Bobby Wanzer, Mel Daniels, Bob Pettit et Richard Guerin au basketball, Ronaldo, Alfredo Di Stefano, Alan Shearer, Filipo Inzaghi, Gabriel Batistuta et Patrick Kluivert au soccer, ainsi que Sonny Jurgensen, Steve Owen, Steve McNair et Drew Brees au football.