Beaucoup de sang neuf chez les Marchands de Shippagan

Les Marchands de Shippagan présenteront un nouveau visage cette saison dans la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur. Un déridage provoqué par les départs de Billy Bezeau, René-Guy Haché, Charles Bergeron, Marc-Antoine Robichaud, Pierre-Paul Roussel, Frédérik Jones, Justin Haché et Luc Landry. Et puis il y a aussi Tommy Bezeau et Yan Plourde qui sont actuellement en réflexion.

Évidemment, il y a de quoi inquiéter quand on regarde tous ces noms. C’est près de la moitié de l’équipe.

Juste pour vous donner une petite idée, ces gars-là ont contribué 96 des 159 buts des Marchands la saison dernière, séries éliminatoires incluses. Ça représente 60% des buts de l’équipe.

Le Big Three défensif composé des frères Bezeau et Marc-Antoine Robichaud n’est également pas étranger au fait que les Marchands ont présenté la meilleure défensive du circuit en saison régulière.

«C’est sûr que ça peut faire peur parce que ce sont des gars qui s’ils étaient toujours là pourraient nous mener à la coupe», affirme l’entraîneur-chef Dave Cowan. Tu ne te relèves pas rapidement de ça. Mais je peux te dire que nous aurons quand même une bonne équipe.»

«Et contrairement à la saison dernière où je suis arrivé seulement à Noël, ce sera mon équipe dès le jour 1. Nous allons faire en sorte de bâtir une belle famille qui va progresser tout au long de la saison. Nous serons prêts pour les séries», promet Cowan.

Il est vrai que les Marchands ont toujours plusieurs éléments de qualité.

À commencer par les vétérans Samuel Paquet, Samuel DeGrâce, André-Oliva Roussel, Martin Duguay et Pier-Paul Landry, qui fait un retour après avoir raté la quasi-totalité de la dernière campagne en raison d’une blessure. Le gardien Guillaume Chiasson, l’un des meilleurs du circuit, est lui aussi toujours là.

Ajoutez à ce groupe les jeunes Yann Toth, James Read et François Mazerolle. Ils ont démontré la saison dernière qu’ils avaient tous les outils pour devenir des joueurs dominants dans le circuit.

De plus, l’arrivée de Luc Williams, une ancienne vedette des JC’s de Bouctouche, n’est pas à dédaigner. Enfin, on dit beaucoup de bien du jeune Miguel Brideau, qui sort tout juste du hockey scolaire.

Parmi les autres joueurs qui porteront les couleurs de l’équipe, notons Francis Paulin, Alexandre Jean-Mallet, Martin Paulin, Mathieu Leclerc et Samuel Jean. Jesse McIntee, un autre nouveau, secondera Guillaume Chiasson devant le filet.

Le directeur général Charles Cormier est aussi en négociations avec le défenseur Charles-Antoine Alain, un ancien défenseur des Cataractes de Shawinigan dans la LHJMQ. Ce dernier habite désormais à Shippagan, tout comme Luc Williams d’ailleurs.

Outre Tommy Bezeau et Yan Plourde, l’organisation tente aussi de convaincre Pierre-Alexandre Cool et Carl Roussel de rejoindre le club.

«En raison des nombreux départs, nous allons faire plus de place aux jeunes. Des gars comme Yann Toth, James Reid et François Mazerolle, entre autres, vont avoir beaucoup plus de responsabilités. J’ai justement la chance d’avoir des gars comme Samuel Paquet, Martin Duguay, André-Oliva Roussel et Samuel DeGrâce qui vont servir de mentors auprès des jeunes. Un gars comme Luc Williams se veut un ajout extraordinaire pour nous», révèle Dave Cowan.

Les Marchands disputeront leur premier match le samedi 1er novembre en accueillant les Ice Dogs de Miramichi-Néguac au Centre Rhéal-Cormier.

Qui prend conjoint prend pays

Signe que les mœurs évoluent, on peut désormais dire que qui prend épouse, prend souvent pays. Les Marchands de Shippagan – et avant eux le défunt Au P’tit Mousse de Lamèque – ont justement pleinement profité de ce changement de coutume avec Charles Bergeron. Et voilà qu’un autre hockeyeur de premier plan vient de s’installer dans la région en Luc Williams.

L’attaquant de Notre-Dame-de-Kent a compilé pas moins de 59 buts et 119 points en 75 parties avec les JC’s de Bouctouche dans la Ligue senior Nord-Est, séries éliminatoires comprises.

Ce sont là des statistiques exceptionnelles quand on sait que la LHSNE permettait aux équipes de composer avec des joueurs importés, dont d’anciens professionnels.

«J’habite désormais à Shippagan et je me suis même acheté une maison en février. Je suis marié avec Katrine Haché, une fille d’ici qui est physiothérapeute», révèle le sympathique hockeyeur qui est lui-même kinésiologue.

Si Williams est toujours dans le processus d’apprendre à connaître ses nouveaux coéquipiers, on ne peut pas dire qu’il ne fait pas des efforts pour s’acclimater.

«Je suis un gars qui aime s’impliquer dans sa communauté. L’autre jour, je suis même allé jouer dans un tournoi de hockey-balle à Rivière-du-Portage. Il y avait quelques gars dans l’équipe qui joue aussi avec les Marchands», raconte-t-il.

«Je pense que ça va être plaisant de jouer ici. C’est une nouvelle aventure pour moi. C’est comme si je recommençais à zéro. C’est excitant. Je suis un gars qui déteste perdre et qui donne toujours son 100%», dit-il.

«Je crois quand même qu’il y a des partisans qui savent déjà qui je suis parce que nous avions eu une série finale incroyable contre le Au P’tit Mousse il y a quelques années. La série était allée en sept matchs. Je me souviens d’une partie à Bouctouche où c’était plein et la moitié de l’aréna venait de la Péninsule acadienne. Ça reste un beau souvenir bien que ça me fait encore un peu mal d’avoir perdu la série. Les gens du coin m’ont fait souffrir ce printemps-là», raconte Williams en riant.

Qu’est-ce qu’on pourrait vous dire de plus pour vous aider à mieux connaître Luc Williams?

Il a porté l’uniforme des Aigles Bleus de l’Université de Moncton pendant trois saisons alors qu’il ne figurait aucunement dans les plans de l’organisation au départ.

«C’est un ami à moi, Alexandre Mallet qui était le gérant d’équipement, qui m’a convaincu de prendre part au camp d’entraînement. Il croyait que j’avais des chances. Je suis présenté sans aucune attente. J’ai tout donné et après le dernier entraînement l’entraîneur Serge Bourgeois est venu me dire que j’avais fait le club», mentionne-t-il.

«Selon moi, c’est le plus proche que j’ai joué d’un calibre de jeu qui ressemble au hockey professionnel. Comme Acadien, il y a une grande fierté à porter les couleurs du Bleu et Or», souligne-t-il.

Parmi ses plus beaux souvenirs dans le hockey, il y a d’abord la conquête de la coupe Don Johnson, qui couronne la meilleure équipe junior B de l’Atlantique. Ça remonte à la saison 2011-2012 avec le Vito’s de Moncton et Williams était l’une grandes vedette du club.

Il conserve aussi de beaux souvenirs de la saison 2007-2008 avec les Cavaliers de Clément-Cormier.

«Nous avons tout un club cet hiver-là. Luc Bourque, qui a joué avec les Cataractes de Shawinigan, ainsi que Kevin Cormier et Jocelyn Dallaire qui ont ensuite été mes coéquipiers avec les JC’s, étaient dans l’équipe. Nous n’avions perdu qu’un seul match en saison régulière, une défaite en prolongation en plus. Nous avions malheureusement perdu en finale provinciale contre les Lions de Leo-Hayes qui eux avaient été parfaits en saison régulière», se remémore Williams.

En terminant, Williams espère hériter du numéro 10. Ça se veut une tradition familiale dans la famille de porter le numéro 10. Quelques autres membres de sa famille, y compris des oncles, ont porté ce numéro.

– Ça ne serait pas à cause d’un certain Guy Lafleur par hasard?, que je lui demande.

«Tu as tout compris», a répliqué Luc Williams.

En bref…

Le directeur général des Marchands Charles Cormier ne cache pas qu’il a besoin de l’engagement de plus de joueurs en vue de la prochaine saison. «Nous avons présentement 17 joueurs sous contrat, mais ça m’en prendrait plus. Faut entre autres solidifier notre défensive. Nous avons un entraînement mardi soir et j’espère que de nouveaux visages vont se présenter. J’aimerais que d’autres jeunes viennent tenter leur chance», indique Cormier…