Un nouveau départ pour les Tigres de Campbellton

Les Tigres de Campbellton ont rugi fort la saison dernière, comme on ne les avait pas entendus depuis fort longtemps. Et cela a réveillé les partisans du Restigouche. La nouvelle administration entend bien bâtir sur cette lancée et offrir une autre saison à la hauteur des attentes.

Avec sa performance sur la glace la saison dernière, la formation des Tigres a donné un second souffle à cette franchise. Elle a aussi conquis le cœur de nombreux amateurs, toujours au rendez-vous depuis le début de la saison.

«On compte en moyenne environ 200 spectateurs de plus à chacune de nos rencontres à domicile. C’est très bon.»

Le nouveau copropriétaire des Tigres, Pierre Girard, a de quoi se réjouir. Sur la glace, sa formation joue bien depuis le début de la saison. Après douze parties, celle-ci présente une fiche de sept victoires, quatre défaites et une défaite en prolongation.

Les joueurs sont prometteurs et l’équipe d’entraîneur a même réussi à recruter un ancien de la LNH, le dur à cuire Sandy McCarthy, comme entraîneur-adjoint. Dans les gradins, la foule est aussi au rendez-vous, encore emballée par les succès de la saison dernière où l’équipe s’est hissée jusqu’à la grande finale de la Coupe Canadian Tire, perdue aux mains des Mariners de Yarmouth. Côté marketing, les efforts mis en place pour redynamiser l’image fonctionnent: la marchandise s’écoule bien et la marque a repris vie.

Avec son comparse Mark Catroppa (de Zenabis), M. Girard a pris les rênes des Tigres l’été dernier. Les deux hommes ont racheté la franchise de la Ville de Campbellton. L’objectif: remettre celle-ci sur la voie de la rentabilité. Sans crier victoire, ils semblent sur le point de réaliser cet objectif.

«Je n’ai pas acheté l’équipe pour faire de l’argent, mais c’est certain que je ne suis pas là non plus pour en perdre des tonnes. On va faire en sorte que ça n’arrive pas. Et pour ça, on va offrir un bon spectacle, sur la glace et hors glace. On veut devenir une sortie incontournable pour les gens quand les Tigres sont en ville, qu’on aime ou pas le hockey», indique M. Girard.

Amour du hockey

À point n’en douter, ce dernier est un véritable fan de hockey. Une simple visite à son bureau, au Canadian Tire d’Atholville, suffit à le prouver. Celui-ci possède et exhibe fièrement une collection de gilets de hockey de différentes formations, dont plusieurs autographiés.

Ce dernier avoue avoir pris goût aux Tigres en allant aux parties.

«C’était bien, mais j’ai vu là un énorme potentiel de croissance et c’est justement ce que l’on veut faire, apporter le tout à un autre niveau. On n’a pas les moyens de monter un spectacle comme dans la LNH ou même la LHJMQ, mais on s’en est inspiré. On veut proposer quelque chose que les fans vont apprécier», explique l’homme d’affaires.

Pour le coup d’envoi de la saison à domicile, il avait notamment loué un jeu de lumière ainsi qu’une machine à glace sèche pour la fumée, question d’offrir aux partisans une première entrée des joueurs digne de ce nom. À l’étage, un tout nouveau kiosque étalant la marchandise de l’équipe a été construit de façon permanente et bien en évidence. Le mot d’ordre: créer un sentiment d’appartenance, que la région entière s’approprie les Tigres.

Sur la glace, les attentes sont grandes.

«On a perdu de très bons joueurs depuis la fin de la saison dernière, mais de nouveaux se sont greffés à l’organisation. Je crois que nous avons une très bonne équipe entre les mains. On est loin de baisser les bras. En fait, on veut revivre la même fièvre que l’an dernier et aller jusqu’au bout cette fois», souligne M. Girard qui souhaite, rien de moins, que de ramener la Coupe Canadian Tire dans son magasin.

Là pour rester

Le copropriétaire de l’équipe n’a pas peur de le dire, il s’est implanté au Restigouche dans le but d’y rester. Il dit avoir trouvé dans ce coin du nord de la province un peu de sa région natale du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«J’ai beaucoup voyagé, demeuré dans plusieurs villes au Québec, mais que de façon temporaire. Quand je suis arrivé ici, j’ai immédiatement ressenti que j’étais à ma place. La chaleur des gens, les montagnes, la nature…ça me rappelle chez moi. J’ai donc décidé de m’établir ici pour de bon», confie-t-il.

Propriétaire du magasin Canadian Tire d’Atholville, il vient d’ailleurs d’en doubler la superficie (total de 42 000 pieds de surface de vente) suite à un projet d’agrandissement majeur. Du coup, sa succursale est devenue l’une des plus grosses et la plus «à jour» dans l’Est du pays. Cette mise à jour fait aussi en sorte que près d’une vingtaine de nouveaux emplois ont été créés dans la région.

L’homme d’affaires n’en est pas à sa première rénovation de magasins. Il ne se serait toutefois jamais lancé dans une telle aventure (de près de deux ans) sans avoir comme objectif de demeurer aux commandes à long terme. C’est un peu la même histoire pour les Tigres.

«Ce sont deux projets à long terme qui m’emballent, une façon pour moi de redonner un peu à la communauté. Un magasin attrayant, et une équipe attrayante», explique-t-il.