CRH: on prône la patience chez les jeunes Prédateurs

Bien que le virage jeunesse a pris naissance au début de la saison dernière, les Prédateurs du Témiscouata commencent déjà à voir la lumière au bout du tunnel. Avec une équipe dont la moyenne d’âge est d’environ 24 ans, la troupe de l’entraîneur-chef Simon Caron sera bientôt fort intéressante à voir aller.

Mais d’ici là, le président des Prédateurs, André Beaulieu, prône la patience. Après tout, Rome ne s’est pas construite en un jour.

«Quand nous avons décidé de rajeunir le club avant la saison 2018-2019, nous avons du même coup mis la priorité sur des joueurs de la place. Nous voulions que nos partisans puissent s’identifier à l’équipe», révèle Beaulieu.

«Nous voulons également prouver qu’on peut bâtir une équipe aspirante au titre sans avoir à payer de grosses sommes d’argent pour avoir des vedettes de l’extérieur. Nous avons une vision à long terme et nous savons que nous allons y arriver», soutient Beaulieu.

«C’est sûr que nous sommes partis de loin, mais je crois que nous allons surprendre dès cette année. D’autant plus que j’ai l’impression que certaines équipes nous sous-estiment», mentionne le président, qui croit que les Prédateurs seront de retour parmi l’élite d’ici deux ans.

Même si on retrouve encore quelques éléments de l’ancien régime, il est clair que les Prédateurs bâtissent leur équipe autour de jeunes joueurs tels que Phélix Bossé, Maxime Morneault, Justin Moreau, Thomas Bossé, Frédérick Raymond et Alexandre Ouellet, entre autres. Ils sont tous âgés de 19 à 22 ans et leur potentiel ne laisse aucun doute.

Et c’est sans oublier que le noyau dur du club est composé de patineurs qui ne sont âgés qu’entre 25 et 28 ans, soit les arrières William Plourde et Alexandre Roy, de même que les avants Michaël Morin, Maxime Bourgault et Jason Bérubé.

Les autres membres de l’équipe sont les gardiens Kevin Dubé-Blanchet, Jason Turgeon et Alexandre Dumont, les défenseurs Pierre-Luc Beaulieu, Maxime Dugas, Christopher Dufour-Landry et Philippe Cloutier, ainsi que les attaquants Alex Ouellet, Olivier Larochelle, Jean-François Corbin, William Daudelin, Frédérick Raymond, Kevin Robert et Michaël Ouellet.

Le retour de Morin va aider

À seulement 26 ans, Michaël Morin est déjà l’un des plus vieux joueurs de son équipe.

Forcé à rater toute la dernière saison en raison d’une grave blessure à un genou, Morin ne cache pas sa joie d’avoir retrouvé sa place parmi les boys.

Et ce n’est certainement pas l’entraîneur-chef Simon Caron qui va s’en plaindre puisque Morin est considéré comme l’un des meilleurs joueurs du CRH depuis ses débuts à l’âge de 18 ans.

La preuve, en 183 rencontres il montre un dossier de 159 buts et 125 passes pour 284 points.

«L’année a été longue. Je me suis déjà cassé un bras et une cheville à mes deux premières saisons dans le midget AAA, mais jamais je n’avais vécu une aussi longue absence. Écoute, je mangeais mes bas tellement ça me manquait. Mais là, je me sens bien et j’ai faim de hockey maintenant», raconte Morin avec humour.

Même s’il a évolué dans l’ancien régime, où les victoires étaient nettement plus nombreuses, Morin dit aimer ce que les dirigeants des Prédateurs sont en train de construire.

«Nous avons une jeune équipe, mais elle progresse. Nous avons un club de jeunes travaillants qui n’abandonnent jamais, en plus d’avoir de la vitesse et de la combativité. Pour tout te dire, nous sommes un club fatiguant contre qui jouer», confie Morin.

«C’est sûr que ça va être difficile de gagner des matchs cette année puisque les autres équipes ont pu profiter du départ des Ambassadeurs et des Castors. Nous, nous n’avons pas eu droit à ces joueurs», souligne Michaël Morin.

Son coéquipier Phélix Bossé, comme le président de l’équipe André Beaulieu (lire autre texte), croit pour sa part que les Prédateurs se doivent d’être patients.

«L’équipe a été relancée sur de bonnes bases. Des jeunes comme Justin Moreau et Thomas Bossé vont avoir un grand impact dans l’équipe dès cette saison. Nous sommes sur la bonne voie», dit-il.

«L’objectif pour cette saison c’est de jouer du bon hockey. C’est déjà un beau défi à accomplir. Si nous continuons de travailler et de nous améliorer sans nous mettre de pression inutile sur les épaules, ça va bien aller», ajoute Bossé.

En bref…

Les joueurs importés des Prédateurs sont le défenseur William Plourde et l’attaquant Jason Bérubé. Ce dernier a toutefois été blessé à un genou lors de son premier match et on craint que sa saison soit déjà terminée. L’attaquant Charles Deschênes a pour sa part le statut de joueur spécial. Ça veut donc dire que les Prédateurs ont encore de la place pour un joueur importé (peut-être deux si jamais Bérubé, blessé, ne revient pas) et un joueur spécial. Toutefois, tout indique que ces postes ne sont pas comblés. «Nous n’avons pas le budget pour aller nous chercher des vedettes. De toute façon, nous ne voulons pas d’un joueur qui risquerait de briser la chimie de l’équipe», mentionne le président André Beaulieu… De 2010-2011 à 2016-2017, les Prédateurs ont terminé sept fois consécutivement parmi les trois meilleures formations du CRH en saison régulière. Jamais toutefois ils ne sont parvenus à remporter la coupe Gérald-Martin. Ceci dit, pendant la même période, les Prédateurs du Haut-Madawaska sont ceux qui ont imité le plus souvent les Prédateurs en terminant parmi les trois premières. Ils l’ont fait à quatre reprises. N’empêche que ça vous démontre à quel point les Prédateurs étaient une grande puissance dans le CRH il n’y a pas si longtemps. Olivier Dumont, Frédéric Ouellet, Michaël Morin et le gardien Sébastien Nolet ne sont certes pas étrangers de ces succès des Prédateurs. Du groupe, il ne reste plus que Morin… Trois joueurs des Prédateurs ont déjà évolué dans la LHJMQ, soit William Plourde, Michaël Morin et Alexandre Roy… Parlant de Michaël Morin, il a développé un solide lien d’amitié avec l’attaquant étoile des Panthères du Haut-Madawaska Danny Chiasson au fil des années. «Mon père Rino et le père de Danny, Bernard (l’actuel entraîneur des As de Saint-Basile) ont joué ensemble à la balle molle. C’est à cette époque que nous nous sommes connus. Aujourd’hui, nous jouons à notre tour à la balle, mais pour des équipes différentes», raconte Morin…