Rino Perron, un demi-siècle à la barre du club Kachi

Il y a cinquante ans, le club de judo Kachi voyait le jour à Saint-Quentin. C’est une date importante également pour son fondateur, Rino Perron, qui célèbre lui aussi un anniversaire 50e à titre d’entraîneur du club.

«50 ans comme entraîneur, c’est assez rare. Dû moins, je crois.»

Ils sont très rare ceux qui peuvent se vanter d’enseigner aussi longtemps.

Âgé aujourd’hui de 71 ans, Rino Perron n’a plus tout à fait sa fougue d’antan. Il a ralenti la cadence. Judoka, il ne fait plus de compétition, ce qui ne l’empêche toutefois pas de se battre sur le tatami. Chose certaine, il répond toujours présent pour son club. Chaque semaine, celui-ci continue d’offrir ses quatre classes habituelles de judo.

Fondée en 1969 par M. Perron, le club Kachi l’a toujours eu comme entraîneur. Un exploit inégalé au Nouveau-Brunswick, même peut-être au Canada.

«Dans ces années-là, tout ce qu’il y avait à Saint-Quentin, c’était une patinoire extérieure. Je voulais offrir une alternative aux gens. Puisque je connaissais et que j’adorais le judo, j’ai opté pour cette discipline. J’ai passé mon cours d’entraîneur, et je suis là depuis», raconte-t-il.

Ce dernier est ceinture noire 4e Dan. Il entend passer sa cinquième cet été. Au fil des ans, a-t-il pensé ralentir, ou même abandonner?

«Moi le judo, j’en mange. Arrêter n’a jamais vraiment été des options pour moi. La vitalité des jeunes, leur fougue et leur détermination m’ont toujours motivé à rester. Et le fait que nous avons toujours eu de bons compétiteurs et compétitrices, ça ajoute à l’intérêt», confie l’entraîneur.

Rino Perron lors d’une de ses classe de judo. – Gracieuseté

Il en est passé des jeunes au club. Le principal intéressé estime y avoir vu passé plus de 2000 jeunes. Pas mal pour cette petite communauté du Restigouche-Ouest. De ce nombre, certains ont laissé leurs marques. On n’a qu’à penser à Charline Querry (1re médaillée nationale du club), André Caron, Nadine Perron, Audrey Caron, les Myriams en or (Myriam Lamarche et Myriam Fortin)… La liste est longue. En tout, le club a remporté jusqu’à présent 35 médailles nationales.

«Chaque fois qu’un jeune quitte la région pour les études, c’est un petit deuil pour nous, car on a eu tellement de plaisir ensemble. Mais on comprend ça et on leur souhaite bonne chance. Ce qui me fait d’ailleurs particulièrement plaisir, c’est quand l’un d’eux passe me voir à l’improviste lors d’un cours. Ça arrive toujours deux ou trois fois par année, lorsqu’ils sont de passage dans le coin. Et chaque fois, ça me fait toujours chaud au cœur de les revoir», indique l’entraîneur, non sans lancer l’invitation à ses anciens élèves.

Rino Perron n’a d’ailleurs pas l’intention de prendre sa retraite de sitôt.

«Tant que je serai en forme, je vais continuer. Je ne vois pas pourquoi j’arrêterais, j’aime ça. La compétition est peut-être derrière moi, mais l’envie de faire du judo demeure bien présente, et surtout l’envie de passer mes connaissances aux jeunes», dit-il.

Grâce à son dévouement, le club de M. Perron a pu rayonner sur la scène provinciale et nationale.

Rino Perron – Gracieuseté

Reconnaissance

Pour son implication, M. Perron s’est récemment vu décerner le titre de Bénévole de l’année à la Ville de Saint-Quentin. Le club entend bien pour sa part souligner l’exploit à sa façon.

«Mais ça, c’est un secret», prévient en riant Marsha Wilson.

Cette dernière occupe la présidence du club Kachi depuis quelques années maintenant. Originaire de la Gaspésie, elle n’a pas eu la chance plus jeune d’être entraînée par Rino Perron.

«Mais je me reprends aujourd’hui. Je me suis mise au judo et je trouve que c’est un entraîneur hors pair», dit-elle.

Celle-ci est à même de pouvoir constater l’impact de celui-ci sur la communauté.

«Il a fait briller sa communauté au cours des cinq dernières décennies. En plus d’avoir contribué à forger de jeunes athlètes, il a eu lui-même une belle carrière. C’est rare de voir quelqu’un consacrer 50 années de sa vie à une même cause, à un même travail. Lui, il a mis tout son cœur dans le club pendant tout ce temps. C’est extraordinaire», mentionne-t-elle.

Rino Perron aide un de ses jeunes judokas avant la compétition. – Gracieuseté