Frisbee ultime: Alec Arsenault atteint les championnats mondiaux

Déjà devenu le premier Acadien à passer chez les professionnels en 2015, Alec Arsenault vient de franchir un nouveau cap. Le natif de Moncton s’envolera l’été prochain pour les Pays-Bas avec l’équipe nationale du Canada, afin de disputer les championnats mondiaux de frisbee ultime.

«Je suis très enthousiaste à l’idée de disputer cette compétition, car c’est l’une des plus importantes de ce sport, se réjouit le Néo-Brunswickois. Nous avons déjà créé un groupe de conversation en ligne avec les autres Canadiens sélectionnés. Même si j’en connais déjà plusieurs, j’ai vraiment hâte de rencontrer ces joueurs-là et de disputer ce tournoi avec eux!»

Le joueur professionnel de frisbee ultime fait en effet partie des 25 heureux élus qui disputeront les Championnats du monde d’Ultimate (WMUC) en 7 contre 7, prévus pour juillet 2020 à Leeuwarden, aux Pays-Bas. Avant d’être retenu dans la liste finale, le joueur a d’abord dû passer par un camp de sélection à Vancouver, le 9 novembre.

«Je pense que j’ai réussi à montrer que je maîtrisais tous les aspects de mon jeu, qui se rapproche de celui d’un quart arrière au football, estime-t-il. Je revenais des jeux panaméricains en Floride, je suis arrivé à Vancouver prêt pour la compétition.»

Pour son entraîneur chez les Outlaws d’Ottawa, cette sélection n’est pas une surprise.

«C’est l’un des meilleurs joueurs d’ultimate que j’ai vu, assure Luke Phelan. J’ai joué pendant presque quinze ans. J’ai entraîné beaucoup de personnes. Mais Alec possède des qualités au-dessus de la moyenne. Il est très rapide et il a un très bon timing. C’est un atout considérable pour l’équipe du Canada.»

Alec Arsenault – Gracieuseté

Un parcours sans fautes

La carrière de l’ancien de l’école secondaire l’Odyssée et de l’U de M connaît une belle trajectoire. En 2015, le joueur signe un contrat avec les Outlaws d’Ottawa, une franchise de la ligue professionnelle américaine (AUDL), qui comprend 21 clubs à travers les États-Unis et le Canada. Il devient alors le premier joueur acadien à signer une telle entente.

«Nous l’avions recruté pour ses qualités athlétiques déjà très développées, raconte Luke Phelan. Il lui manquait encore un peu de sens tactique, mais il a travaillé très fort, et désormais, c’est un joueur très dangereux, très difficile à couvrir.»

En 2017, l’équipe nationale du Canada lui offrait déjà une place au sein de la sélection, cette fois-ci pour les championnats mondiaux d’Ultimate sur sable (WFDF) organisés en France.

«Je me suis lancé dans cette discipline en 2009 un peu par hasard, sous les conseils de mon entraîneur de basket à l’Odyssée, raconte Alec Arsenault. Je le remercie encore aujourd’hui, car le frisbee, en plus d’être devenu une passion, m’a énormément apporté. Cela m’a permis de voyager et de rencontrer des centaines de personnes incroyables. Sans ce sport, je ne serai pas devenu la personne que je suis aujourd’hui.»

– Gracieuseté

Pas suffisant pour en vivre

Alec Arsenault le reconnaît, son statut de joueur professionnel ne lui permet pas de vivre uniquement de son sport.

«J’ai une job à côté. Je travaille à temps plein pour la Bibliothèque et les Archives du Canada à Ottawa, souligne-t-il. J’ai un salaire en tant que joueur professionnel, mais il n’est pas très significatif. Cela me permet essentiellement de jouer gratuitement. Les logements et les transports sont payés lors des compétitions, et la pratique est gratuite. Il n’y a que très peu de joueurs au monde qui peuvent actuellement vivre de l’ultimate.»

Son club des Outlaws ne lui offrant pas d’entraînements en basse saison l’hiver, le joueur s’impose une discipline stricte afin de rester compétitif.

«J’essaie d’aller à la musculation 3 à 4 fois par semaine, raconte le sportif. Généralement, j’y vais avant le travail, aux alentours de 5 heures du matin. On essaie aussi de se réunir entre joueurs pour pratiquer, en louant des dômes où des terrains intérieurs en surface synthétique. J’essaie vraiment de faire ce qu’il faut pour être prêt lorsque la saison reprendra.»

Étant salarié et employé à temps plein à côté du frisbee, Alec Arsenault doit s’organiser pour prendre part aux compétitions, qui s’étendent généralement sur plusieurs jours.

«Tous les joueurs ont leur vie et leurs emplois respectifs, et il est parfois difficile de dégager du temps, explique-t-il. Je suis quand même assez chanceux d’avoir des patrons qui sont flexibles et me permettent d’ajuster mes heures en fonction des différentes compétitions que je suis amené à jouer.»

D’ici l’été prochain, le meneur de jeu continuera à s’entraîner afin d’être prêt pour les championnats mondiaux, pour peut-être s’élancer vers la victoire finale.