LHSAC: un joueur suspendu pour six matchs pour un geste disgracieux

La Ligue de hockey senior Acadie Chaleur a imposé une suspension majeure de six matchs à l’attaquant des Alpines de Tracadie, Jesse Brideau, à la suite des gestes portés à l’endroit du défenseur Marc-André Poirier, des Acadiens de Caraquet, dimanche.

Cette peine soulève un certain malaise dans le milieu du hockey senior Acadie Chaleur. Jesse Brideau est policier dans la vie de tous les jours et des gens trouvent que cette position devrait exiger un comportement exemplaire, peu importe l’endroit.

Le journal a tenté d’obtenir l’avis de la GRC. Nous n’avons pas encore eu de retour d’appel.

À ce sujet, le président de la LHSAC, Charles Albert, a refusé d’entrer dans ce jeu.

«Ça pourrait avoir été un avocat, un prêtre ou un enseignant, la sanction aurait été donnée seulement en raison du geste porté pendant un match. Pour nous, ce cas est celui d’un joueur qui a pété sa coche, rien de plus. Ce n’est pas à la ligue à juger selon le métier de nos joueurs. Nous gardons une position neutre. Là-dessus, c’est à l’employeur du joueur à répondre. Nous avons eu une infraction sur la patinoire et nous avons appliqué une suspension. La ligue gère des comportements de joueurs de hockey. Oui, certains métiers peuvent exiger un comportement exemplaire de leurs membres, mais ce n’est pas à nous à trancher», a-t-il signifié.

Les faits reprochés à Jesse Brideau sont survenus à 7:54 de la troisième période de la rencontre présentée au Complexe S.-A.-Dionne de Tracadie et remportée 4 à 1 par les Acadiens.

Selon le rapport du comité de discipline de la LHSAC, une première suspension de cinq matchs est motivée par le fait que le geste – un double échec derrière la tête du joueur de Caraquet – était prémédité.

Selon l’un des arbitres du match, le fautif «a déclaré avant la mise en jeu qu’il voulait s’en prendre à Poirier. Cela s’est confirmé dès que la rondelle a été déposée sur la patinoire où l’on peut voir le no 3 (des Alpines) aller directement voir le no 14 (des Acadiens) pour engager le combat, ce que le no 14 refuse. Lorsque ce dernier reçoit la rondelle, Brideau en profite pour le frapper avec l’épaule pour ensuite lui donner un double échec derrière la tête».

L’autre match de punition vient du fait que Brideau a été l’instigateur ou l’agresseur dans une bagarre.

Le rapport poursuit que «ce coup (le double échec) fait chuter Poirier vers l’avant et se retrouve en position vulnérable à quatre pattes sur la glace. À ce moment, Brideau jette les gants et frappe à coups de poing dans la région des côtes de Poirier, qui ne fait que se protéger la tête».

Utilisation de la vidéo

C’est la troisième fois que le circuit du président Charles Albert sévit aussi sévèrement depuis le début de la saison.

Le défenseur des Mooseheads de Chaleur Jacob Arseneau a récemment écopé de 10 matchs – réduit à huit après l’appel – alors que l’entraîneur adjoint des Maraudeurs de Dalhousie, Luc Bernard, s’est vu décerner cinq parties. Dans ce dossier, les Maraudeurs ont perdu la révision demandée et le cas est maintenant dans les mains de Hockey Nouveau-Brunswick.

Depuis cette année, la LHSAC filme tous ses matchs et la responsabilité en revient à l’équipe hôtesse, qui doit fournir le document officiel selon le besoin des autorités du circuit, sous peine d’une amende.

Cette initiative votée lors de l’assemblée générale annuelle de la ligue a «ouvert une canne de vers», a imagé le président Charles Albert.

«Nous avons un comité de discipline dirigé par Dion Duguay. Il a le pouvoir de demander la vidéo d’un incident à l’équipe hôtesse d’un match. Mais on a peut-être ouvert une “canne de vers”. L’équipe victime dit que ce n’est pas assez, alors que l’équipe fautive croit que c’est trop. C’est pourquoi nous avons aussi un comité d’appel de trois personnes, présidé par le vice-président hockey de la ligue, Martial McLaughlin», a-t-il indiqué.