Les Pêcheurs ont les Saulnier, les Acadiens ont les Blanchard

Deux semaines après que les Pêcheurs de Cap-Pelé aient annoncé la signature des jumeaux Saulnier – Alex et Allain – les Acadiens de Caraquet frappent à leur tour un grand coup en annonçant l’arrivée des frères Blanchard, Rémi et Joël.

Si l’entrée en scène des Saulnier a déjà un impact évident dans le Circuit Beauséjour, celle des Blanchard pourrait aussi changer la donne dans la Ligue Acadie-Chaleur.

Les Acadiens, qui occupent déjà le deuxième rang du classement général, deviennent nettement plus dangereux avec un quart-arrière de la trempe de Rémi Blanchard et un marqueur comme son jeune frère Joël.

Ils vont surtout permettre à l’entraîneur-chef Claude Lagacé de composer avec un arsenal plus riche lorsque viendra le temps d’envoyer des soldats dans les unités spéciales.

Les deux frères ont non seulement évolué dans la LHJMQ, mais ils ont aussi porté les couleurs des Aigles Bleus de l’Université de Moncton pendant quatre saisons.

«Notre retour était conditionnel à la présence de l’autre dans l’équipe», révèle Joël. Je ne serais pas là si Rémi avait dit non et vice versa. Nous avions le goût de jouer ensemble. Parce que nous avons quatre ans de différence, la seule fois que nous avons pu le faire remonte à la saison 2014-2015 avec les Aigles Bleus.»

L’idée de joindre un groupe de joueurs que les deux frères considèrent comme des amis a également pesé lourd dans la balance.

«Disons que nous n’avons pas été trop difficiles à convaincre parce que nous nous sommes ennuyés de ce genre de hockey, confie Joël. Nous aimons d’ailleurs le fait que les matchs soient serrés. Le niveau de jeu est très bon dans la LHSAC. Les joueurs sont jeunes et il y a de la vitesse dans chaque équipe. Le jeu est également intense.»

Les frères Blanchard disputeront leur premier match le vendredi 27 décembre au Colisée Léopold-Foulem à l’occasion de la visite des Mooseheads de Chaleur.

«Nous sommes très heureux de les avoir avec nous et ça devrait donner un bon spectacle pour les amateurs», affirme le directeur général des Acadiens Mike Rail.

«Les deux frères viennent ajouter de l’expérience et les jeunes de notre équipe vont grandement en bénéficier», analyse-t-il.

– Comment as-tu fait pour finalement les convaincre? Tu leur as donné la recette familiale de tarte aux pommes?, que je lui ai demandé pour le taquiner.

«Non, on ne donne pas cette recette-là», a rétorqué aussitôt le DG des Acadiens en riant.

«Je crois qu’ils avaient le goût de jouer du hockey de compétition ensemble pour leur région. Ils vont jouer dans leur place avec leurs chums. Et puis sérieusement, Rémi est bien trop jeune pour se retirer», a ajouté Rail au sujet du défenseur âgé de 29 ans.

En passant, saviez-vous que huit joueurs de l’édition 2014-2015 du Bleu et Or évoluent dans l’une des trois ligues senior de la province? Ils sont dans l’ordre Adrien Lemay (Kedgwick), Alex Émond (Haut-Madawaska), Danny Chiasson (Haut-Madawaska), Luc Williams (Shippagan), Allain Saulnier (Cap-Pelé), Alex Saulnier (Cap-Pelé), Joël Blanchard et Rémi Blanchard.

Pêcheurs de Cap-Pelé

Parlant des frères Saulnier, ils auront l’occasion de disputer un premier match à domicile ce dimanche à l’aréna de Cap-Pelé face aux Hawks d’Elsipogtog. Sans le dire ouvertement, les Pêcheurs rêvent d’une salle comble et les chances sont bonnes pour que ça arrive.

«J’ai confiance que nous allons avoir une grosse foule, soutient le directeur général Sullivan Cullen. Veux, veux pas, les Saulnier n’ont pas joué dans l’aréna de Cap-Pelé depuis très longtemps et tout le village parle de ça actuellement. Ce sera super de voir l’aréna à sa capacité.»

Pour sa part, le vétéran Jamie Vautour assure que tous les joueurs sont fébriles à l’idée de disputer cette rencontre.

«Ça devrait être pas mal plein, estime Vautour, qui voue un grand respect pour le talent des deux frères. Ces gars-là n’ont pas joué à la maison depuis le pee-wee, je crois. Ça adonne en plus que ça fait trois semaines que nous n’avons pas joué à la maison. Le monde est excité et les joueurs aussi.»

Selon Vautour, les deux frères n’ont pas mis de temps à démontrer pourquoi ils sont des joueurs spéciaux.

«Nous voyons déjà la différence au sein de l’équipe. Ils sont définitivement nos deux meilleurs joueurs. Ils peuvent être utilisés dans toutes les situations. C’est spécial de les avoir avec nous. Il y a un sentiment de fierté chez les gars», confie Jamie Vautour.

Alpines de Tracadie

Pour la majorité des partisans de la LHSAC, l’idée de voir les Alpines au cinquième rang du classement général n’a pas plus de sens que la présence d’un alligator dans les rues de Montréal.

Et pourtant, ce sont là deux sujets de conversation qui ont marqué la dernière semaine dans le plus gros marché de la Péninsule acadienne.

Cela dit, le vétéran Yannick Devost assure qu’on est encore bien loin de presser le bouton de panique chez les Alpines malgré les quatre revers consécutifs.

«C’est évident que nous traversons une mauvaise séquence, mais l’organisation et les joueurs conservent leur calme malgré tout, dit-il. Nous avons une bonne équipe, plusieurs joueurs de talent et nous sommes capables de rebondir.»

En insistant un peu, Devost accepte d’en dire un peu plus sur la léthargie du club.

«En fait, c’est dur à expliquer, mentionne-t-il. Il y a d’abord le fait que nous avons parfois joué avec un alignement incomplet. De plus, contrairement aux autres équipes, nous avons disputé moins de matchs et ça fait en sorte que nous avons de la difficulté à trouver notre rythme. Les autres clubs sont déjà dans leur forme de mi-saison et pour notre part nous sommes encore loin de jouer à notre plein potentiel.»

«C’est pourquoi je crois que nous allons trouver une façon de retrouver le chemin de la victoire. L’important c’est d’être à notre meilleur quand les séries éliminatoires vont commencer en février», confie Devost.

«Ça adonne que nous jouons deux matchs en fin de semaine, et deux autres parties dans le temps des Fêtes. Je crois que c’est une belle occasion de monter notre jeu d’un cran et commencer à bâtir pour les séries», ajoute Yannick Devost.

Mooseheads de Chaleur

Invaincus en temps réglementaire avant le dernier week-end, les Mooseheads ont appris à la dure qu’il n’y a pas de club invincible dans la LHSAC.

En l’espace d’un peu plus de 24 heures, les hommes de l’entraîneur-chef Mike Nadeau ont encaissé des défaites face aux Ice Dogs de Néguac et aux Maraudeurs de Dalhousie.

Ces deux revers ont non seulement permis au classement de se resserrer, mais démontrent surtout à quel point la parité n’est pas une illusion cette saison. Après 31 matchs jusqu’ici, pas moins de 21 rencontres ont pris fin par la marge de deux buts ou moins.

Concernant les deux défaites des Mooseheads, le capitaine Rémi Doucet croit qu’elles arrivent à un bon moment et pour une bonne raison.

«Ça va nous faire du bien de s’être fait ramener sur terre, dit-il. Les gars réalisent qu’il n’y a pas de matchs gagnés à l’avance dans cette ligue. Ces défaites vont nous servir de wake-up call.»

«C’est important de travailler fort à chaque match et de rester modeste dans la victoire. Contre les Ice Dogs, nous n’étions tout simplement pas prêts. Puis face aux Maraudeurs, ç’a été encore une fois très serré. Cela dit, il nous manquait quand même quatre joueurs importants en fin de semaine», indique Doucet.

«Nous disputons un seul match en fin de semaine et les Ice Dogs seront nos visiteurs à Petit-Rocher. Il est hors de question de subir une deuxième défaite de suite contre eux. Nous serons prêts cette fois-ci», révèle le meilleur pointeur de la LHSAC.

Marchands de Shippagan

Foi de Pier-Paul Landry, les Marchands n’ont pas dit leur dernier mot. Il est convaincu que leur sixième et dernière place au classement n’est nullement représentative du potentiel de l’équipe.

«Les gens oublient que nous n’avons pas encore pu jouer avec un alignement complet cette saison. Que ce soit en raison des blessures, du travail ou des études, il nous manque toujours de cinq à six joueurs», affirme Landry.

«C’est difficile de gagner dans cette ligue avec 11 ou 12 joueurs. Mais avec un alignement complet, nous savons que nous sommes capables de rivaliser avec toutes les équipes. On l’a vu récemment contre Chaleur. Malgré l’absence de plusieurs gars, nous n’avons perdu que 5-3 contre les Mooseheads. Et les Acadiens de Caraquet nous ont battus par un seul but (6 à 5)», mentionne-t-il.

Selon Landry, les difficultés de présenter un alignement complet tirent à leur fin. James Reid sera désormais plus disponible qu’il ne l’a été depuis l’ouverture de la saison. Le retour de Tommy Bezeau, qui a disputé un premier match il y a quelques semaines, aidera aussi énormément.

«Dans le hockey senior, ce qui se passe avant Noël n’a aucune importance, révèle Landry. Toutes les équipes participent aux séries et il s’agit d’être prêt quand les éliminatoires vont commencer. Et nous serons prêts. Si tu regardes notre défensive par exemple, nous avons possiblement le meilleur top-4 de la ligue avec Tommy Bezeau, Charles-Antoine Alain, Marc-Antoine Robichaud et Martin Duguay.»

Les Marchands profiteront justement d’une équipe quasi complète samedi entre les Alpines et ce sera pour eux l’occasion de démontrer qu’ils sont véritablement en mesure de rivaliser avec tout le monde.

«Dans cette ligue, n’importe qui peut battre n’importe qui. Tu ne peux plus prendre une équipe à la légère. Tu n’as plus de clubs qui dominent comme le faisait Alpines. Les Alpines ne sont plus la montagne qu’ils étaient. Ils ont un noyau qui commence à vieillir et ce sont les équipes avec des jeunes qui prennent la place», indique Pier-Paul Landry.

Je vous dis ça comme ça, mais vous ne trouvez pas ça un brin étrange de voir les Alpines et les Marchands occuper les deux dernières places du classement alors qu’ils ont pourtant participé aux deux dernières finales de la LHSAC.

Ice Dogs de Miramichi-Néguac

Avec trois victoires d’affilée, les Ice Dogs jouent probablement leur meilleur hockey depuis la naissance du club en 2016.

Et ce qui est à retenir de cette période fructueuse, c’est que l’offensive de l’équipe vient de partout. Chaque victoire est le fruit d’un travail collectif.

«Nous jouons vraiment du très bon hockey ces temps-ci, révèle le vétéran Jeff Wilson. Nous avons la contribution de tout le monde. Et puis le retour de Kris Keating nous aide énormément. Nos gardiens aussi font un travail superbe.»

«Nous avons toujours su que nous pouvions être un bon club parce que nous avions souvent l’avance après deux périodes, avant de nous écrouler en troisième. Les gars ont appris de tout ça et nous sommes maintenant mieux préparés pour aller de l’avant. J’espère que ça va continuer vendredi soir parce que nous avons un match difficile qui nous attend contre les champions en titre (Tracadie)», ajoute Jeff Wilson.

Par ailleurs, le directeur général des Ice Dogs, Olivier Savoie, m’a révélé que si les choses vont très bien sur la glace, ce n’est pas la même histoire aux guichets.

Lors de chacun des matchs au Sportplex jusqu’ici cette saison, l’équipe a peiné à attirer 150 spectateurs. Savoie estime que le problème est sérieux.

«Nous n’avons pas le soutien de la population, dit-il. Je trouve ça très inquiétant. À part notre partie au Centre civique de Miramichi, où nous avons attiré 500 personnes, nous n’avons que des foules d’environ 150 spectateurs au Sportplex.»

«Nous voulons garder l’équipe à Néguac, mais c’est impossible de gérer une équipe senior avec si peu de monde. Il faut que les gens se réveillent et viennent nous encourager. Ça prend au moins 250 à 300 personnes pour faire nos frais. Nous faisons pourtant attention d’habiller autant de joueurs de la région de Néguac que de Miramichi», souligne Olivier Savoie.

JC’s de Bouctouche

La mi-saison est déjà atteinte dans le Circuit Beauséjour et il ne fait aucun doute que les JC’s ont été l’équipe la plus dominante.

Ils trônent d’ailleurs au sommet du classement, eux qui ont remporté cinq de leurs six duels. Leur seule défaite a été enregistrée dimanche dernier aux mains des Pêcheurs de Cap-Pelé.

Pour Rémi Gautreau, ce rendement a de quoi surprendre compte tenu de la jeunesse de l’équipe.

Gautreau et Mathieu Richard sont les plus vieux à 33 et 32 ans. Puis Jacques Cormier, Kevin Cormier et Jocelyn Dallaire suivent à 29 ans. Pour le reste, ils sont tous âgés de 26 ans ou moins.

«C’est sûr que c’est impressionnant de voir aller cette belle relève locale. Les jeunes sont vraiment surprenants. Ils contribuent déjà aux succès de l’équipe», dit-il.

Rémi Gautreau va jusqu’à dire que le club actuel est déjà plus apprécié des partisans que n’importe laquelle des équipes qui ont pris part aux multiples saisons de la défunte Ligue Nord-Est.

«Les arénas sont pleins et les partisans aiment de pouvoir mettre un nom sur chaque visage. Peu importe le joueur dans l’équipe, les partisans connaissent une relation dans la famille du gars. Je crois sincèrement que la Ligue Beauséjour a trouvé la bonne recette pour que le hockey senior fonctionne et reste. Les partisans veulent des gars locaux qui vont jouer pour le logo sur le chandail et non pas pour l’argent», soutient Gautreau.

En bref

  • Selon vous, quel buteur du CRH contribue en moyenne le plus à l’offensive de son club? Je vous préviens tout de suite, il ne s’agit pas de Peter Trainor (Perth-Andover), Adam Laite (Haut-Madawaska) ou encore Mathieu Haché (Kedgwick), les trois meilleurs buteurs du circuit avec respectivement 16, 14 et 11 buts. La bonne réponse est Alexandre Violette (Bas-Madawaska). L’attaquant des Draveurs a marqué neuf des 32 buts de son équipe jusqu’ici pour un taux de 28%. Il devance Trainor (26%), Justin Moreau (Témiscouata, 24%) et Haché (22%).
  • Dans la LHSAC, le meneur à ce chapitre est Yannik Devost (Tracadie) avec un taux de 29%. Il est suivi de Luc Williams (Shippagan, 27%), Rémi Doucet (Chaleur, 22%) et Bryce Silliker (Miramichi/Néguac, 21%).
  • Enfin, le meneur dans la LHSB, Brandon Paul (Elsipogtog) est fin seul avec un taux de 35%. Paul a marqué sept des 20 buts de son club. Une chance qu’il est là celui-là.
  • Saviez-vous que Dean Ouellet produit à un rythme de 3,17 points par rencontre depuis son arrivée avec les Panthères du Haut-Madawaska en 2016-2017. En 89 rencontres, il montre actuellement un dossier de 73 buts et 209 mentions d’aide pour 282 points. Il ne dérougit pas en séries puisque sa moyenne est de trois points par partie. En 32 duels éliminatoires, le capitaine des Panthères affiche 96 points, dont 29 buts.
  • Les Hawks d’Elsipogtog comptent sur pas moins de six joueurs qui ont déjà évolué dans la LHJMQ. Il s’agit du gardien Daniel Vautour, des défenseurs Trey Lewis, Sawyer Hannay, Elijah Francis et Tyrone Sock, ainsi que de l’attaquant Rankyn Campbell.