Geneviève Lalonde est la personnalité sportive de l’année

Comment le mieux définir notre personnalité sportive de l’année 2019? Par une simple caricature. «C’est un oiseau… C’est un avion… C’est une fusée… C’est Geneviève Lalonde».

La plume de Marcel Boudreau a tout dit, en juillet. La fusée acadienne venait de remporter, pour une troisième fois de suite, le titre du 3000 mètres steeple féminin aux Championnats canadiens d’athlétisme.

Et ce n’a pas été son seul fait saillant. Oh que non!

En mai, la Monctonienne âgée de 28 ans a annoncé ses couleurs en établissant un nouveau record national sur la distance, en 9min29s82, à une compétition de la Ligue Diamant à Shanghai, en Chine.

En août, elle a décroché l’or aux Jeux panaméricains, à Lima, au Pérou.

En cross-country, Gen a obtenu le meilleur classement canadien depuis 2004, avec une 20e place, au Championnat du monde de l’IAAF, en mars, au Danemark.

En décembre, en Colombie-Britannique, elle a défendu avec succès son titre au Championnat canadien de cross-country sur 10 km.

Ajoutons à ce palmarès une sixième consécration d’athlète féminine par excellence de Sport Nouveau-Brunswick et vous comprendrez aisément pourquoi elle a fait l’unanimité au sein de l’équipe des sports de l’Acadie Nouvelle.

«Mon année 2019 a été ma meilleure à date! Ç’a été une excellente année de course», a reconnu la lauréate dans un échange avec le journal depuis la Colombie-Britannique, où elle poursuit sa préparation en vue de son principal objectif en 2020: les Jeux olympiques présentés à Tokyo, au Japon.

À travers tous ces exploits, Lalonde arrive difficilement à en préférer un.

«Pour moi, il y en a eu plusieurs, révèle-t-elle. Les championnats nationaux en piste et en cross-country, les Jeux panaméricains et surtout les championnats du monde en cross-country ont tous été des courses superbes.»

Celle qui a terminé en 16e place en finale du 3000 mètres steeple féminin aux Jeux olympiques de Rio en 2016, s’attend à une année 2020 encore plus palpitante. À moins d’une catastrophe – ce que personne ne lui souhaite, évidemment –, elle sera du voyage avec le reste de l’équipe olympique canadienne en route vers le Pays du soleil levant, en juillet. Elle sait qu’elle entre dans cette période où elle affichera sa meilleure forme physique.

«La suite va être particulièrement spéciale, pense Geneviève. Je suis maintenant à Victoria et je viens de changer d’entraîneurs. Je travaille maintenant avec Joël Bourgeois et Hilary Stellingwerff, tous les deux des spécialistes dans leurs domaines. Donc, ça va être une très bonne année à venir et après qui sait? Ma stratégie, comme toujours, est de travailler fort, mais aussi d’être smart avec l’entraînement, de travailler avec mon équipe et surtout de m’amuser.»

S’amuser, c’est au cœur des prochains défis de la fusée acadienne. Et si la suite est garante du passé, notre caricaturiste Marcel Boudreau ne manquera pas d’inspiration…

Plusieurs athlètes dignes de mention

Malgré le choix unanime de Geneviève Lalonde comme personnalité de l’année sportive de l’Acadie Nouvelle, plusieurs autres noms ont tout de même retenu notre attention. En voici quelques-uns.

Céline Kavanaugh (ski de fond paranordique)

En remportant le tiers des médailles de la province aux Jeux d’hiver du Canada présentés à Red Deer en février, l’athlète non-voyante Céline Kavanaugh s’est assurée une belle place dans l’histoire du ski de fond paranordique néo-brunswickois.

La jeune fondeuse de Grand-Sault est devenue seulement la quatrième Néo-Brunswickoise dans l’histoire des Jeux d’hiver du Canada à se hisser sur l’une des marches du podium lors des mêmes jeux.

Avant elle, seuls les patineurs de vitesse sur longue distance Mark Lackie (Jeux de Sydney, 1987) et Bryan McSorley (Jeux de Bathurst-Campbellton, 2003), ainsi que le fondeur paranordique Louis Fortin (Jeux de Prince George, 2015) avaient réalisé l’exploit.

En compagnie de sa guide Charlotte Toner, Céline Kavanaugh a raflé à Red Deer l’argent au 2,5 km ainsi qu’au sprint, en plus d’une médaille de bronze dans le 5 km.

Malheureusement, la fondeuse de 18 ans, qui a entamé cet automne des études universitaires en ingénierie à l’Université Carleton à Ottawa, ignore encore si elle prendra part aux Jeux d’hiver de 2023 à l’Île-du-Prince-Édouard.

«Le ski de fond pour moi, ça ne reste qu’un sport que je pratique pour le plaisir. Je ne suis pas encore en mesure de dire que je veux en faire un truc important dans ma vie. On verra plus tard», avait révélé la fondeuse après avoir remporté ses trois médailles à Red Deer.

Sean Couturier (hockey)

Sean Couturier (14) le 28 décembre à San Jose. – Associated Press: John Hefti

Sean Couturier a connu une saison 2018-2019 aussi intéressante que la précédente, où l’attaquant des Flyers de Philadelphie avait terminé au deuxième rang derrière Anze Kopitar (Los Angeles) au scrutin pour l’obtention du trophée Selke remis au meilleur attaquant défensif de la LNH.

Le hockeyeur de Bathurst a reçu 194 bulletins de vote, bons pour le sixième rang derrière Aleksander Barkov (Floride), Sidney Crosby (Pittsburgh), Patrice Bergeron (Boston), Mark Stone (Vegas) et le vainqueur Ryan O’Reilly (Saint-Louis).

Celui que ses coéquipiers surnomment Couts a complété la saison avec 76 points, dont 33 buts, en 80 rencontres. Il s’agit de la deuxième meilleure saison réalisée par un hockeyeur du Nouveau-Brunswick dans la LNH après les 87 points (50-37) de Danny Grant en 1974-1975 avec les Red Wings de Detroit.

Couturier est issu du repêchage de 2011 qui se veut l’un des meilleurs dans l’histoire de la LNH. Gabriel Landeskog (Colorado), Brandon Saad (Chicago), Jonathan Huberdeau (Floride), Mark Scheifele (Winnipeg), Nikita Kucherov (Tampa Bay), Johnny Gaudreau (Calgary) et Ryan Nugent-Hopkins (Edmonton) sont parmi les joueurs sélectionnés cette année-là.

Cette saison, la fiche de Couturier est de neuf buts et 20 passes pour 29 points en 37 matchs.

Courtney Sarault (patinage de vitesse sur courte piste)

Rikki Doak (à gauche) et Courtney Sarault (à droite) – Gracieuseté

Chez les Sarault, patiner est aussi naturel que se brosser les dents.

Yves, le paternel, a évolué pendant plus de 20 saisons au hockey professionnel, dont le Canadien de Montréal. Chris, son fils aîné, est de retour au Canada après quelques saisons en Suisse dans la division 3. Et il y a Courtney, une patineuse de vitesse sur courte piste celle-là, qui fait aujourd’hui partie de l’élite mondiale.

La jeune femme de Moncton, qui n’est âgée que de 19 ans, vient d’ailleurs de connaître un automne phénoménal avec une récolte de trois médailles sur la scène internationale.

Elle a débuté son automne avec une médaille d’argent en septembre aux Championnats canadiens senior qui ont eu lieu à Montréal.

Au début du mois de novembre, elle a mis la main sur une médaille de bronze à la Coupe du monde de Salt Lake City.

Une semaine plus tard, à la Coupe du monde de Montréal, elle a ajouté une médaille d’argent, toujours au 1000 m.

Lors du dernier week-end de novembre, Courtney a encore une fois mérité l’argent, au 1500 m cette fois-ci, à la Coupe du monde de Nagoya, au Japon.

Enfin, quelques jours plus tard, l’Acadienne s’est assurée du bronze sur la même distance à la Coupe du monde de Shanghai.

En janvier dernier, tout juste avant de faire le saut dans la division senior, Courtney a également remporté une médaille de bronze aux Mondiaux junior présentés à l’aréna Maurice-Richard de Montréal.

Dominique Cormier (hockey)

Dominique Cormier (3) – Gracieuseté: Fran Harris

Gisèle et son conjoint Mario ne sont pas seulement les parents du défenseur Lukas Cormier, le jeune phénomène des Islanders de Charlottetown que les équipes de la LNH ont à l’œil depuis déjà un an. Leur marmaille comprend également Dominique qui évolue elle aussi à l’arrière. Et comme c’est le cas pour son frère, le talent lui sort aussi par les oreilles.

Pendant la dernière année, Dominique a représenté le Nouveau-Brunswick aux Jeux d’hiver du Canada à Red Deer en février, puis le Canada en août dans le cadre d’une série de matchs contre les États-Unis chez les moins de 18 ans.

Le hic c’est que Dominique a accompli tout ça à seulement 15 ans. Elle a depuis célébré son 16e anniversaire de naissance.

«Porter ce chandail est un rêve que je caressais depuis mon très jeune âge», a révélé Dominique au journal après sa sélection avec Équipe Canada.

Manifestement, nous n’avons pas fini d’entendre parler de cette jeune hockeyeuse de Sainte-Marie-de-Kent.

  • Avec la participation de Robert Lagacé