La survie des Marchands de Shippagan est menacée

Quand ça va mal, ça va mal.

Les Marchands de Shippagan ont un sérieux problème de liquidité et ce ne sont pas des blagues. C’est tellement sérieux qu’il est à se demander si l’équipe parviendra à compléter la saison.

N’ayons pas peur des mots, les Marchands sont au bord de la faillite.

Vendredi, parce que le coffre-fort est complètement vide, l’organisation n’a eu d’autre choix que d’emprunter un peu d’argent pour la petite caisse en vue de la visite des Maraudeurs de Dalhousie en soirée.

Le directeur général Charles Cormier ne cache pas que la situation est inquiétante.

«Pour ne pas perdre de l’argent, il faudrait que nous attirions au moins 250 personnes par match et c’est loin d’être le cas. Nous avons même eu une partie où nous n’avions que 80 spectateurs payants et il faisait pourtant beau dehors», raconte le DG des Marchands.

«Nous n’avons fait que 3800$ après nos six premiers matchs locaux et il aurait fallu que nous fassions au moins 12 000$ pour rentrer dans nos frais. Nous avons malheureusement dû puiser dans l’argent de nos commanditaires, mais là il ne reste plus une cenne. Nous sommes dans le pétrin», confie-t-il.

«Juste pour te donner une idée, si nous n’attirons pas au moins 200 spectateurs, nous n’aurons même pas les moyens de rembourser le prêt pour la petite caisse. Il faut comprendre que ça nous coûte déjà 1000$ pour payer la location du Centre Rhéal-Cormier et les arbitres. Et là, je n’ai pas encore payé les gardiens de sécurité et l’essence des joueurs qui vivent en région», explique Charles Cormier, qui aimerait bien connaître la solution pour convaincre les gens à venir encourager l’équipe.

«Nous n’avons que des joueurs locaux qui proviennent de tous les coins du territoire, que ce soit Lamèque, Miscou, Le Goulet, Inkerman, Pont-Landry, Shippagan, etc. Nous avons également plusieurs jeunes joueurs. Nous avons vraiment de bons joueurs. Nos gars se sont d’ailleurs illustrés lors du concours d’habiletés de la ligue», mentionne-t-il.

Charles Cormier aurait pu également ajouter que les Marchands se débrouillent plutôt bien à domicile malgré leur dernière place au classement général. Bien qu’ils n’aient remporté que deux de leurs six matchs à la maison, chacun des quatre revers n’a été encaissé que par la marge d’un ou deux buts.

«Les gens ont plusieurs raisons pour expliquer leur absence aux matchs. Par exemple, plusieurs personnes sont restées dégoûtées par ce qui est arrivé aux frères Bezeau lors des dernières séries éliminatoires. Ils ont décidé de ne plus revenir. Il y a aussi des joueurs de la dernière saison qui ont décidé de ne pas revenir à cause de ça. À cause de cette histoire, nous avions déjà deux prises contre nous avant même que la saison débute», révèle Cormier.

Outre la partie de vendredi soir contre les Maraudeurs, les Marchands auront trois autres matchs locaux à disputer d’ici les séries éliminatoires. Il y aura deux visites des Alpines de Tracadie (23 janvier et 7 février) et une rencontre face aux Mooseheads de Chaleur (31 janvier).

«Il faut que la population se réveille parce que si ça continue il n’y aura plus d’équipe senior à Shippagan», conclut Charles Cormier.