Charles Lavallée rêve à la LCF

Bientôt, vous risquez de croiser de plus en plus de gens avec un chandail de l’équipe de football des Ravens de l’Université Carleton dans le Grand Moncton. Non seulement la formation ontarienne devrait figurer dès cette année parmi les puissances au pays, mais elle comptera surtout dans ses rangs deux Acadiens de la région en Charles Lavallée et Xavier Malone.

Lavallée, un joueur de ligne offensive de 6 pieds 4 pouces et 355 livres âgé de seulement 20 ans, disputera en 2020 sa deuxième saison avec les Ravens.

En raison de blessures aux genoux qui ont nécessité des opérations, l’ancien joueur étoile des Olympiens de L’Odyssée de Moncton a dû se contenter de deux petits matchs, les deux derniers de la saison en octobre, dont la partie de quart de finale contre les puissants Gryphons de Guelph qui l’ont emporté 22 à 17.

«J’ai été opéré à mes deux genoux en l’espace de cinq mois, raconte le numéro 68 des Ravens. Pour un, c’était un ménisque qu’il fallait réparer. C’était donc moins grave. Mais pour l’autre, j’avais l’ACL déchiré. La récupération a bien été et j’ai réussi à jouer les deux derniers matchs.»

«Mes deux genoux sont maintenant corrects», assure-t-il.

Lavallée s’entraîne depuis comme un forcené afin d’être prêt pour la plus importante saison de sa carrière universitaire puisqu’il sera éligible au repêchage de la Ligue canadienne de football en 2021. Chaque année, la LCF tient son encan annuel en avril.

«C’est mon rêve de jouer professionnel et c’est donc l’un de mes objectifs de convaincre une équipe de la Ligue canadienne de me repêcher. Mon autre but est d’aider les Ravens à gagner», dit-il.

«Nous allons être très forts cette année. Je suis même convaincu que nous allons nous battre pour le championnat. En fait, nous avons une fenêtre de deux ans où nous serons parmi les meilleures équipes au Canada. Nous sommes rendus à cette étape», affirme Lavallée.

«Notre grande force, c’est la qualité de nos joueurs de ligne offensive et défensive. En attaque, nous avons entre autres le secondeur Jack Cassar qui va participer à des camps de la NFL et de la LCF cette année. Le centre Nolan McGreer, le garde Tevin Bowen et le joueur de ligne Jack Walsh sont d’autres gros morceaux pour nous», souligne Lavallée.

«Notre jeu au sol est également dangereux et nous avons le luxe d’en avoir deux très bons en Josh Ferguson et Nathan Carter», ajoute-t-il.

Évidemment, comme il est lui aussi un joueur de ligne offensive, Charles Lavallée n’a rien perdu du Super Bowl de dimanche soir. Et comme des millions de Canadiens, il était content pour le Québécois Laurent Duvernay-Tardif.

«J’étais vraiment heureux pour Laurent. Ça m’a rappelé qu’au niveau secondaire, les Redmen de McGill avaient commencé à me courtiser alors que j’évoluais pour les Olympiens de L’Odyssée. Les Redmen ont même demandé à Laurent de m’appeler, mais comme McGill n’était pas mon choix et que j’ai dit oui à Mount Allison, je n’ai finalement pas eu l’appel de Laurent», révèle-t-il.

Justement, comment se fait-il qu’il ne soit plus avec les Mounties de Mount Allison?

«Après ma première saison, l’entraîneur-chef Scott Brady et quelles autres entraîneurs ont quitté les Mounties pour aller ailleurs et je ne m’y sentais plus à l’aise sans eux. C’était à cause d’eux que j’avais choisi le programme des Mounties. Et puis, pour être tout à fait honnête, mes notes à l’école n’étaient plus tellement bonnes. Les Ravens sont alors arrivés dans le portrait et comme j’ai dû attendre un an avant de pouvoir jouer en raison d’un règlement canadien, j’ai pu mettre plus de temps dans mes études et ainsi augmenter mes notes. Elles sont même excellentes puisque je n’ai pratiquement que des B», soutient Lavallée avec fierté.

«Je suis tombé en amour avec les Ravens» – Xavier Malone

Xavier Malone a fait son choix et c’est vers les Ravens de l’Université Carleton qu’il poursuivra sa carrière dans le football à compter d’août prochain. Le secondeur de 6 pieds 1 pouce et 190 livres des Matadors de Mathieu-Martin était courtisé par une multitude d’autres universités et de cégeps.

Xavier Malone (44) – Gracieuseté

Malone, qui célébrera ses 18 ans le jour de la Saint-Valentin, dit avoir été charmé par la simplicité et l’intérêt que lui portait l’organisation des Ravens. Évidemment, le fait que Chris Hopkins soit le directeur du recrutement a également aidé, puisqu’il a dirigé le Dieppois au sein d’Équipe Canada lors du dernier International Bowl.

«La communication avec les Ravens a été facile dès le départ, affirme Malone. Je me suis senti rapidement désiré. Mais c’est surtout quand j’ai été visiter l’école, le vestiaire de l’équipe, en plus de rencontrer le groupe d’entraîneurs et les joueurs que je suis tombé en amour avec les Ravens. J’ai adoré l’atmosphère.»

Bien sûr, Xavier Malone ne s’attend pas à casser la baraque dès ses premiers pas dans l’organisation des Ravens. Il sait fort bien que du temps de jeu ça se mérite pendant les entraînements.

«L’entraîneur-chef (Steve Sumarah) ne m’a fait aucune promesse. Tout ce qu’ils me demandent pour commencer c’est de me voir continuer à progresser. Cela dit, j’aimerais commencer au moins un match comme partant pendant la saison. C’est mon objectif», indique-t-il.

D’ici le camp officiel en août, Malone participera à deux mini-camps dans les prochains mois.

«Je vais avoir un camp ce printemps, puis un autre en été, dit-il. Ils m’ont aussi donné un programme d’entraînement personnalisé. Ils aimeraient que je prenne du poids et que j’améliore ma vitesse. En fait, ils veulent que j’améliore tous les aspects de mon jeu. Ils aimeraient me voir arriver au camp principal à au moins 200 livres.»

Selon Malone, ses principales qualités comme joueur sont sa vitesse et son côté athlétique.

«Je considère aussi avoir un bon Q.I. sur le terrain. Je suis capable de bien lire le jeu et j’ai un bon temps de réaction», souligne-t-il.

Lors de sa visite guidée, Xavier Malone a évidemment eu l’occasion de rencontrer l’autre Acadien de l’équipe, Charles Lavallée.

«J’ai eu le temps de jaser un peu avec lui et il m’a vraiment donné l’impression d’être un bon gars. J’ai hâte de jouer avec lui», mentionne-t-il.

Lavallée dit avoir eu le même sentiment vis-à-vis du jeune Malone.

«Si je peux lui donner un petit conseil c’est de travailler fort tout en ayant du plaisir à jouer. Il ne doit également pas avoir peur de faire des erreurs. C’est ainsi qu’on apprend à devenir meilleur. Et enfin, je lui suggère d’ouvrir grands ses yeux et ses oreilles et de tout gober les enseignements des entraîneurs. Si un gars est recruté c’est parce qu’il a du talent. Mais le talent n’est pas suffisant. Rendu là, c’est le travail qui compte», confie Lavallée.

Outre Lavallée et Malone, un autre Néo-Brunswickois évoluera pour les Ravens la saison prochaine. Il s’agit du garde offensif Bradly Peeters, un solide gaillard de 6 pieds 2 pouces et 275 livres qui a évolué pour les Black Kats de Fredericton ces dernières années.