Hockey NB devance la poignée de main en début de match

Le comité du hockey mineur de Hockey Nouveau-Brunswick n’a pas agi sur un coup de tête dans sa directive de transférer la traditionnelle poignée de main entre deux équipes – normalement donnée en fin de rencontre – en début du match. On se dit inquiet d’observer une tendance «à la hausse» de gestes répréhensibles pendant cet échange, ce qui va à l’encontre à la culture de respect que les organisations tentent d’implanter sur et hors de la patinoire.

Coïncidence ou non, Hockey NB a imposé sa nouvelle règle samedi, quelques semaines seulement après la diffusion de la vidéo montrant un gardien des Rebelles de l’École secondaire Népisiguit de Bathurst asséner un violent coup de poing à un adversaire des Bisons de la polyvalente W.-A.-Losier de Tracadie. Elle a été vue plus de 2 millions de fois sur les réseaux sociaux.

La politique sera en force pour le reste de la présente saison dans toutes les parties des catégories double et simple lettre. Elle n’a pas été prise «de gaieté de cœur», assure Luc Foulem, mais elle a néanmoins obtenu un appui unanime autour de la table du comité.

«Nous avons tous vécu des situations préoccupantes par rapport à la poignée de main en fin de match. Si ce n’était pas cette année, c’était dans les saisons précédentes. Chacun avait sa petite histoire. Ce n’est pas une situation isolée. La tendance est là et elle est à la hausse. Nous avons eu quelques cas, soit moins que 10, mais plus qu’un. Mais n’importe quel nombre égal ou plus que un, c’est beaucoup», a expliqué le directeur du district 10 (Chaleur) au sein de Hockey NB.

Rappelant que ce n’est pas un dossier à prendre à la légère, il admet de cette position vient bouleverser un contexte de la culture d’un sport compétitif et intense, où les émotions sont parfois fortes et arrivent à prendre le dessus.

«Une poignée de main doit être vue comme une marque de respect de tes efforts en tant que joueur et en tant qu’équipe. De prendre ce moment et le déplacer en début de match est fait pour éviter des situations préoccupantes, sinon disgracieuses», insiste M. Foulem.

Le comité n’a pas tenu compte des événements Rebelles-Bisons, poursuit-il. Le hockey interscolaire n’est pas géré par Hockey NB, précise-t-il. Mais il est clair que tout le monde avait en tête ces images.

«On a amené sur la table des situations qui se sont produites dans le hockey mineur. L’Association du sport interscolaire du N.-B. et Hockey NB sont deux entités différentes. Mais on ne peut pas dire que nous n’avons pas pris en considération ces gestes dans notre réflexion. Mais on a voulu agir en fonction de ce qui se passe dans notre cour, pas dans celle du hockey interscolaire», soutient Luc Foulem.

Président de l’Association du hockey mineur de Caraquet, Camille Gionet approuve totalement la décision de Hockey NB. Il est convaincu que le bon comportement commence chez ces jeunes.

«Il s’est passé des événements où on a balayé la poussière sous le tapis. La goutte qui a fait déborder le vase a été l’incident dans l’interscolaire. La décision de Hockey NB ne m’a pas surpris. On s’en allait vers ça. Nous cherchons tous à enrayer la violence au hockey. Il faut poser des gestes concrets et c’en est un. Il faut débuter quelque part», stipule-t-il.

À son avis, il serait également pertinent que le cours d’information obligatoire pour les parents dont les enfants jouent au hockey mineur soit donné plus souvent et rafraîchi en raison des nouvelles tendances.

Selon Luc Foulem, la décision de déplacer la poignée de main en début de match ne réglera pas tous les problèmes et certains peuvent voir ça comme un pansement sur une jambe coupée. Il rappelle l’élément préventif à la base de cette position.

«On ne s’arrêtera pas là. Notre prochaine action sera de provoquer un dialogue avec tous nos intervenants du hockey mineur – joueurs, entraîneurs et surtout les parents – afin de revenir à la base de la mission de Hockey Canada», fait-il mention.

En fait, ce dialogue est déjà commencé. Les réactions ont été nombreuses à la suite de la position de Hockey NB. Certains approuvent, d’autres jugent que l’organisation frappe une longue fausse balle.

«Je ne suis pas déçu de voir ça, continue Luc Foulem. On a besoin d’en parler. Nous voulons éliminer ou minimiser les risques. On savait que ça allait créer des remous. Plusieurs appuient parce qu’on élimine les gestes de représailles après un match. D’autres sont plus traditionalistes et voient la poignée de main en fin de match comme un geste de respect de la personne et de notre sport. Oui, c’est un geste symbolique qui a son importance, mais nous devions prendre une décision pour réduire la tension et enclencher le dialogue avec les gens. Et j’encourage cette discussion, car nous avons une tendance à la hausse des incidents qui est inquiétante.»