Poignées de mains: une décision qui fait réagir

Le transfert de la traditionnelle poignée de main avant un match de hockey mineur dans la province continue de faire énormément jaser. Luc Martin s’en attendait un peu lorsque le comité qu’il préside au sein de Hockey NB a tranché sur cette question controversée, en fin de semaine.

Cette «tendance à la hausse» d’incidents durant cet échange de respect entre deux équipes à la fin d’une partie (selon ce qu’a mentionné Luc Foulem dans nos pages de mercredi) a obligé le Comité du hockey mineur de Hockey NB de revoir cette pratique.

Et si on juge qu’elle est toujours pertinente, on préfère l’obliger dorénavant avant la partie.

Cette nouvelle politique sera mise en place pour le reste de la saison dans les divers circuits de hockey mineur simple et double lettre, soit jusqu’à la fin mars et les championnats provinciaux, avant d’être réévaluée.

Cette position a été vivement commentée sur les réseaux sociaux. Là-dessus, M. Martin a une vision bien claire de la chose.

«Tu peux chialer autant d’heures de bénévolat que tu mets», lance-t-il.

Que la poignée de main soit déplacée avant le début des matchs est une décision importante pour le comité et elle a été prise par des personnes compétentes représentant tous les districts de la province, avise-t-il.

De plus, selon les commentaires qu’il a reçus depuis, plus des trois quarts des présidents d’associations locales sont en faveur.

«Des parents utilisent les réseaux sociaux pour s’exprimer et je respecte ça. Mais ma politique a toujours été que tu peux chialer autant d’heures de bénévolat que tu mets. On savait que nous allions faire des heureux et des malheureux avec ça. Aucune décision ne va plaire à tout le monde. On m’a envoyé plusieurs courriels où l’on nous dit que nous avons fait le bon choix», explique-t-il.

Le hockey étant le hockey, soit un sport où l’émotion l’emporte parfois sur la raison, cette règle ne veut pas dire que tout sera corrigé du jour au lendemain. M. Martin consent que la forte majorité des incidents surviennent dans les niveaux pee-wee, bantam et midget, dans des catégories où la victoire prend parfois le dessus sur l’amusement.

Il ajoute par contre que la Ligue de hockey midget centrale du N.-B. préconise cette pratique d’avant-match depuis une dizaine d’années et que cela aurait évité de nombreux problèmes.

Selon les statistiques du Comité du hockey mineur de Hockey NB, il y a eu 350 suspensions depuis le début de la saison, une donnée en baisse constante. De ce nombre, 107 ont été émises à la suite d’événements survenus dans les deux dernières minutes d’une rencontre et 25 alors que le match était terminé.

«Nous sommes heureux que ce soit à la baisse, même s’il reste encore six semaines à la saison. Ça démontre que l’éducation des joueurs, des entraîneurs et des dirigeants rapporte. Nous supervisons plus de 200 équipes dans la province et il se joue des milliers de matchs. Et même si 350 est encore beaucoup trop à mon avis, on voit une amélioration», dénote le président du Comité du hockey mineur de Hockey NB.

Prochain objectif: mieux éduquer les parents

Impossible de dissocier le hockey mineur aux actions des parents dans les estrades pendant les matchs. Si la forte majorité observe un comportement exemplaire dans le respect du sport et du jeune, il survient encore trop régulièrement quelques incidents inacceptables aux yeux du Comité du hockey mineur du Hockey NB.

Après avoir réglé la question de la poignée de main, ce sujet sera le prochain grand défi à surmonter, analyse le président du comité, Luc Martin.

Encore récemment, il a pu visionner certaines images montrant des parents tenir des propos qui n’ont pas leur place dans un aréna.

«J’ai entendu dire d’un parent que son jeune n’avait pas frappé le bon. Pour moi, ce sont des propos inacceptables. Et même si nous constatons une baisse du nombre de plaintes (environ une dizaine par saison), nous voyons encore ce genre d’incidents», déplore-t-il.

Depuis cinq ans, Hockey NB demande à tout nouveau parent qui inscrit son enfant aux activités du hockey mineur de son association locale de suivre le cours sur le respect et le sport.

Certaines régions ont un taux de participation de 100% à cet exercice. D’autres doivent par contre passer deux minutes sur le banc des pénalités.

«Je ne veux pas nommer de régions, mais certaines font beaucoup mieux que d’autres, avoue Luc Martin. Dans une région en particulier, 200 parents n’ont pas encore suivi ce cours. C’est notre prochain défi à Hockey NB. Nous pouvons mettre en place des gestes qui amélioreront notre sport et l’éducation des jeunes, mais si les parents ne suivent pas… Il ne faudrait pas en arriver à prendre des décisions drastiques.»