Le football en nette progression au Nouveau-Brunswick

Le football néo-brunswickois ne cesse de progresser et plusieurs attribuent cette croissance à la création du programme de haute performance (U18, U16 et U14), aux changements opérés dans le football scolaire ainsi qu’à la présence d’entraîneurs de plus en plus compétents.

D’ailleurs, l’intérêt des universités ontariennes et des cégeps québécois vis-à-vis de nos jeunes talents est un autre indice comme quoi notre football continue de gagner des points aux yeux du reste du pays.

Pour vous donner une petite idée de cette évolution, sur les 50 Néo-Brunswickois qui ont évolué au niveau universitaire en 2019, 48 d’entre eux se retrouvaient parmi les formations du Circuit de l’Atlantique (SUA).

Les joueurs de ligne offensive Charles Lavallée (Moncton) des Ravens de Carleton et Taylor Burns (Riverview) des Marauders de McMaster étaient l’exception à la règle.

Mais dès août prochain, il est déjà assuré que les Ravens compteront sur deux autres talents du N.-B. en Xavier Malone (Dieppe) des Matadors de Mathieu-Martin et Bradly Peters (Fredericton) des Black Kats de Fredericton. Il est également possible que d’autres signatures soient annoncées ailleurs en Ontario dans les prochaines semaines.

De plus, une douzaine de joueurs des Castors de l’école Sainte-Anne de Fredericton et des Olympiens de l’école L’Odyssée de Moncton s’apprêtent à se joindre à des cégeps du Québec. Ça devrait même être confirmer sous peu.

Coïncidence, ces deux programmes animés la finale de niveau 2 cet automne. Il est donc clair que plusieurs recruteurs du Québec étaient présents dans la capitale provinciale pour cette finale remportée par les Olympiens.

Les joueurs en question sont, du côté des Castors: Mathieu Mossman, Caden Coghlan, Donnie Shape, Ayden Rotteau, Koan Walker-Titus et Avery Schlodder; et chez les Olympiens: Devin Niles, Caleb Fogarty, Jordan Blacklock, Alec Léger, Éric Sinzinkayo et Mathieu Landry.

De zéro à 12 joueur dans les cégeps du Québec, vous conviendrez que la hausse est spectaculaire. C’est sans oublier que les Matadors de Mathieu-Martin ont également quelques éléments qui intéressent déjà certains cégeps du Québec dans les années à venir.

S’exiler pour étudier et pratiquer son sport en français

L’entraîneur-chef des Castors, Steve Drisdelle, voit d’un très bon oeil l’intérêt des cégeps à l’endroit de ses joueurs.

«Premièrement, ce ne sont pas tous les jeunes qui sont intéressés à aller étudier en anglais une fois à l’université», souligne Drisdelle.

«De plus, à 18 ans, ils sont nombreux les jeunes qui ne sont pas prêts physiquement à jouer universitaire devant des monstres de 6 pieds 4 pouces et plus de 300 livres. En allant disputer deux saisons au Cégep, ils peuvent prendre plus de maturité tout en s’améliorant»,

La prochaine étape

– Gracieuseté: Marc LeBlanc photographe

Bien entendu, il y a encore place à amélioration. En fait, beaucoup de place même.

Les entraîneurs Jonathan Diodati (L’Odyssée), Philippe Long (Mathieu-Martin) et Steve Drisdelle ont d’ailleurs une assez bonne idée des défis qui attendent Football Nouveau-Brunswick.

«C’est vrai que nous commençons à être pris vraiment au sérieux au Canada, mentionne Diodati. Nous développons de plus en plus de bons joueurs et l’effervescence du programme de haute-performance y est pour beaucoup. Il s’agit maintenant de maintenir nos acquis. C’est important de le faire.»

«Nous commençons déjà à récolter les dividendes de ce programme et il faut continuer de le développer. C’est toutefois important que tout le monde pousse dans le même sens», note Long.

«Il faut aussi développer davantage notre football mineur, soutient Drisdelle. Ce serait bien également de promouvoir notre sport dans des régions où le football n’est pas encore présent. Je pense au Madawaska, au Restigouche et à la région Chaleur par exemple.»

Diodati approuve et inclut le comté de Kent parmi les régions à développer.

«À moyen terme, ce serait bien que d’autres écoles secondaires lancent leur propre programme de football. Je sais que ça se discute à Clément-Cormier (Bouctouche) et à Louis-J.-Robichaud (Shediac), ainsi que dans quelques écoles du Nord, dont Bathurst High. Plus le bassin de joueurs sera élevé dans la province, meilleures seront les chances de développer des bons joueurs pour les universités», révèle Diodati.

«Idéalement, il faudrait aussi permettre à notre élite de s’entraîner 12 mois par année comme ça se fait dans certaines provinces. Malheureusement, nous n’avons pas les installations», ajoute-t-il.

«Il faudrait aussi avoir des cliniques de haut niveau pour les entraîneurs, confie Long. Il ne faudrait pas hésiter à faire venir des entraîneurs professionnels si c’est possible. Après tout, meilleurs seront nos entraîneurs, meilleurs seront nos chances de développer plus de joueurs.»

Un club à l’U de M?

– Gracieuseté: Marc LeBlanc photographe

Il y a une dizaine d’années, l’idée d’implanter un programme de football à l’Université de Moncton a été le fruit de quelques discussions qui n’ont toutefois abouti à rien de concret.

Aujourd’hui, avec désormais trois programmes francophones au niveau des écoles secondaires, en plus de la présence de plusieurs athlètes acadiens au sein de plusieurs autres formations ici et là dans la province, dont les Pulamoos de Miramichi Valley et les Tommies de James-M.-Hill, le moment est-il venu de reprendre les discussions?

D’autant plus que l’U de M bénéficie maintenant d’un stade on ne peut plus adéquat.

Si vous posez la question à Jonathan Diodati, la réponse est non. Il n’y croit pas une seconde.

«Je suis malheureusement pessimiste quant aux chances de voir une telle chose arriver. Pas même d’ici 10 ans», affirme le pilote des Olympiens de L’Odyssée.

«Il y a d’abord un gros manque de joueurs francophones au Nouveau-Brunswick. Actuellement, dans le meilleur des mondes, il pourrait peut-être y avoir deux ou trois joueurs des Olympiens, des Matadors (Mathieu-Martin) et des Castors (Sainte-Anne) qui seraient prêts chaque année à faire le saut au niveau universitaire. Je dis bien dans le meilleur des mondes. Pour tout dire, il faudrait au moins d’une dizaine d’écoles francophones pour produire assez de joueurs pour seulement penser que ça pourrait fonctionner», indique Diodati.

Ce dernier croit également que le coût lié au recrutement des joueurs d’ailleurs serait trop élevé.

«En temps normal, un programme de football universitaire se bâti avec une centaine de joueurs, dont 50 qui font partie de l’alignement régulier. Ça coûterait donc énormément cher et c’est pourquoi l’idée d’avoir une équipe à l’U de M est un rêve irréalisable», explique Diodati.

L’entraîneur-chef des Matadors Philippe Long croit de son côté que l’U de M pourrait songer à une autre alternative. Joindre les rangs de la Ligue de football de l’Atlantique (AFL), qui comprend actuellement quatre équipes, pourrait être une voie envisageable.

«C’est vrai que le bassin de joueurs est trop petit pour penser joindre les rangs du SUA, mais l’U de M pourrait jouer dans l’AFL en complétant son alignement avec des civils du Grand Moncton. Je pense à des gars qui fréquentent le collège communautaire par exemple», mentionne Long.

Actuellement, on retrouve dans l’AFL les Seawolves de UNB (Saint-Jean), les Tigers de Dalhousie, les Red Bombers de UNB (Fredericton) et les Hurricanes de Holland College (Charlottetown). Les équipes se disputent depuis 2009 un calendrier de six rencontres.

Le calibre n’y est pas si mal puisque chaque année quelques joueurs de cette ligue sont recrutés par des équipes du SUA. On a qu’à penser à Alex Robichaud et Hunter Sturgeon, des Mounties de Mount Allison, qui ont d’abord fait leur classe avec les Red Bombers de UNB. – RL

De plus en plus de francophones jouent au football

– Gracieuseté: Marc LeBlanc photographe

L’intérêt des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick vis-à-vis le football scolaire est de plus en plus criant. Non seulement les Olympiens de L’Odyssée, les Matadors de Mathieu-Martin et les Castors de l’école Sainte-Anne n’ont aucun mal à recruter des joueurs, mais plusieurs écoles anglophones en alignement également quelques-uns.

Au niveau des écoles anglophones, les Pulamoos de Miramichi Valley et les Tommies de James-M.-Hill ne se gênent aucunement d’aller puiser dans les écoles francophones environnantes.

Les Pulamoos, par exemple, ont convaincu trois élèves du Carrefour Beausoleil de changer d’école. Il s’agit de Gregor Wilson, Cody Vienneau et Keenan Mintsa. Si Wilson termine dans quelques mois ses études secondaires, Vienneau et Mintsa ont respectivement encore deux et trois ans de football à offrir à l’équipe. Et il n’est pas dit que d’autres élèves du Carrefour Beausoleil ne se laisseront pas tenter d’emboiter le pas.

Du côté des Tommies, c’est au sein de l’école régionale de Baie-Sainte-Anne qu’on parvient à dénicher des joueurs. Il a malheureusement été impossible d’obtenir les noms de ceux-ci, mais on parle ici de trois à quatre jeunes.

L’entraîneur des Pulamoos Richard Pirie croit que le nombre pourrait bientôt augmenter puisque Bathurst High et Bonar-Law de Rexton songeraient à se doter d’une équipe d’ici quelques années. Ça devrait effectivement convaincre certains francophones de ces deux régions à tenter eux aussi leur chance.

Par ailleurs, l’entraîneur-chef des Matadors Philippe Long soutient que la présence de deux écoles francophones dans la finale de niveau 2 va non seulement faciliter le recrutement pour Sainte-Anne et L’Odyssée, mais également pour Mathieu-Martin.

«Cette finale toute francophone est très positive pour nous tous, dit-il. Les jeunes voient que les écoles francophones sont capables de jouer de l’excellent football. Quand j’ai pris en main le programme des Matadors il y a quelques années, l’intérêt n’était plus tellement là. Le recrutement était difficile. Mais ça va maintenant de mieux en mieux et je suis très optimiste pour la prochaine (saison). C’est évident que la dernière finale va aider à attirer encore plus de jeunes.» – RL

Le 50 Néo-Brunswickois qui ont évolué dans le football universitaire en 2019

Ravens de Carleton (1): Charles Lavallée (Moncton).

Marauders de McMaster (1): Taylor Burns (Riverview).

Gators de Bishop (1): Oliver Burnett (Fredericton).

Huskies de Saint Mary’s (1): Max Melanson (Moncton).

X-Men de St. Francis Xavier (3): Joshua Hébert-Chesley (Saint-Jean), Keegan McMullin (Fredericton) et Benoit Cormier (Moncton).

Axemen d’Acadia (20): Mulali Glodin (Moncton), Bailey Feltmate (Moncton), Caleb Ryder (Moncton), Dru Guimond (Riverview), Cole Estabrooks (Moncton), Rory Kelly (Moncton), Christopher Cameron-Kogler (Moncton), Ben George (Moncton), Cameron Morley (Moncton), Leif Henrichs (Colpitts Settlement), Andre Hyslop (Moncton), Kameron Bell (Moncton), Alex Smith (Moncton), Ethan Dunnett (Moncton), Will McNally (Moncton), Cameron Wall (Moncton), Brady Newcomb (Memramcook), Brant Guimond (Riverview), Scott Perry (Fredericton) et Will Russell (Quispamsis).

Mounties de Mount Allison (23): Justin Vogels (Sackville), Aidan O’Neal (Sackville), Daniel Bell (Saint-Jean), Lucas Cormier (Sackville), David Patsy (Moncton), Cody Barton (Lower Coverdale), Hunter Sturgeon (Fredericton), Jack Estabrooks (Sackville), Alex Robichaud (Moncton), Dante Weatherhead (Quispamsis), Dylan Cormier (Sackville), Logan Grossman (Riverview), Deegan Farrell (St. Stephen), Aaron Rose (Sackville), Dylan Estabrooks (Sackville), Ross McCormack (Sackville), Simon Dean (Coburg), Dominic Hall (Fredericton), Josh Hicks (Moncton), Jonathan Desroches (Fredericton), Ian Carty (Fredericton), Logan McHugh (Lincoln) et Reece Martin (Moncton).