LHSAC: Yannick Devost fait flèche de tout bois

Yannick Devost est une énigme dans la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur. L’attaquant des Alpines de Tracadie figure parmi les joueurs les plus frêles du circuit, la puissance de son lancer est nettement en deçà de la moyenne et il est très loin d’avoir la vitesse sur ses patins d’un Jeff Wilson ou d’un Robert Pelletier. Mais allez savoir pourquoi, il n’en marque pas moins des buts à la pelle. Trente et une réussites cette saison. C’est beaucoup en seulement 20 parties.

Rien que jeudi, pour son dernier duel de saison régulière, Devost y est allé d’une soirée de quatre buts et une passe pour cinq points dans un gain 9 à 5 sur les Marchands de Shippagan.

Il s’agissait pour les Alpines d’une septième victoire d’affilée et ça venait aussi concrétiser leur championnat de la saison régulière.

Devost a évidemment tenu un rôle important dans cette poussée de fin de saison avec une récolte de 12 buts et huit passes pendant ces sept victoires. Même que lors des quatre derniers gains, le trio qu’il complète avec son frère Carl-André et le costaud Lucien-Carl Sonier a amassé, tenez-vous bien, 12 buts et 17 mentions d’aide pour 29 points.

Yannick Devost complète ainsi sa troisième saison avec un total de 31 buts et 15 passes pour 46 points. Il n’est pas encore assuré du championnat des pointeurs, mais son avance de cinq points devant Luc Williams (20-21=41) des Marchands sera difficile à rattraper. D’autant plus que Williams aura en fait besoin de six points pour devancer Devost en raison la différence au niveau des buts marqués.

De son propre aveu, la nouvelle coqueluche des Alpines est l’exemple parfait du joueur qui s’est développé sur le tard. Un late boomer comme on dit en anglais.

«Je joue de loin le meilleur hockey de ma vie, dit-il. Je ne suis pourtant pas le plus rapide. Je suis loin d’être le plus costaud et je ne possède vraiment pas un gros lancer. Par contre, mon tir est précis. Et puis j’ai de bonnes mains et je suis toujours à la bonne place dans l’enclave pour prendre des retours de lancer.»

«Je suis particulièrement fier d’avoir atteint le cap des 30 buts. Il y avait une petite compétition à l’interne depuis quelques matchs. Mes coéquipiers m’ont mis au défi de me rendre jusqu’à 30 buts. Je suis content d’avoir réussi», confie-t-il.

«Mais pour y arriver, ça prend de bons coéquipiers. Ça prend des défenseurs qui envoient la rondelle au filet et des compagnons de trio qui font de beaux jeux. Moi, tout ce que j’ai à faire c’est de m’installer dans mon La-Z-Boy (enclave) et d’attendre les retours», raconte Devost avec couleur.

Un gros été d’entraînement

Pour continuer de s’améliorer après 30 ans, il faut bien sûr aimer son sport plus que tout. C’est le cas de Yannick Devost. L’été dernier, il a mis les bouchées doubles à l’entraînement.

«J’ai fait beaucoup de vélo stationnaire et du patin à roues alignées qui te permettent d’avoir sensiblement le même feeling que sur la glace. Comme j’ai aussi un petit gym à la maison, je m’y suis pas mal entraîné. Mais la plus belle chose que j’ai faite c’est de m’acheter le jeu SuperDeker. C’est un jeu qui consiste à améliorer son maniement de la rondelle. Ce jeu a été incroyable pour moi. Ç’a été un excellent investissement», dit-il en riant.

Par ailleurs, Yannick Devost se croise les doigts pour que la vedette des Marchands Luc Williams ne joue pas le match de sa vie, samedi soir, au Palais de Glace Inch Arran de Dalhousie.

«Ça va lui prendre six points pour me dépasser. S’il réussit à faire ça, à Dalhousie en plus, ce sera tout à son honneur. Il l’aura mérité», complète le numéro 8 des à Alpines.

L’arrivée d’Olivier Arseneau

Avant que les Alpines de Tracadie n’entament leur heureuse séquence de sept victoires, Yannick Devost avoue que les joueurs commençaient sérieusement à se poser des questions.

«Nous étions pas mal down, concède-t-il. En fait, avant Noël, nous avons vraiment commencé à douter et nous cherchions des solutions.»

«Je dirais que le déclic s’est fait lors de notre victoire de 5 à 1 à Shippagan. Nous avions joué ce soir-là une partie parfaite. Et ç’a aussi pas mal coïncidé avec le moment où Olivier Arseneau s’est greffé au club après avoir amorcé la saison au niveau universitaire avec les Panthers de l’Île-du-Prince-Édouard», affirme Devost.

«Olivier a vraiment stabilisé notre défensive, mentionne-t-il. On parle ici d’un défenseur qui a un aussi gros impact que Kevin Landry dans l’équipe. Aujourd’hui, je peux te dire que la confiance est revenue au même point où elle était lors de la dernière finale. Nous croyons d’ailleurs que nous méritons d’être considérés comme les grands favoris pour encore gagner cette année. Nous voulons un troisième titre de suite.»

Une longue pause

Comme ils profiteront d’un laissez-passer direct pour les demi-finales, les Alpines devront attendre au 6 mars avant de reprendre l’action. On parle ici de trois semaines de congé. Plusieurs d’entre vous se souviennent sans doute des dernières séries, où les Alpines ont peiné au début de la demi-finale face à Baie-Sainte-Anne avant après une longue pause.

«Nous avons eu peur la saison dernière et nous ne voulons pas revivre ça de nouveau. Nous allons donc pratiquer deux fois par semaine et les gars font faire l’effort d’aller jouer le plus souvent possible des matchs dans les ligues industrielles pour garder la forme. Nous serons prêts cette fois-ci», assure-t-il.