Les nouvelles pépinières du football collégial?

Il y a trois semaines, nous avons mentionné dans nos pages que certains cégeps du Québec dotés de programmes de football étaient de plus en plus intéressés au talent néo-brunswickois. Eh bien, ça n’aura pas mis de temps à débloquer puisque quatre jeunes athlètes de la province ont déjà été confirmés et quelques autres devraient suivre leurs traces dans les prochains jours.

Chez les Castors de l’école Sainte-Anne de Fredericton, l’arrière défensif Caden Coghlan a décidé de joindre les rangs des Filons du Cégep de Thetford Mines en deuxième division, pendant que son coéquipier et ami Ayden Rotteau, qui évolue sur la ligne défensive, a choisi le programme des Gaulois du Cégep de La Pocatière en troisième division.

Les deux autres sont des porte-couleurs des Olympiens de l’école L’Odyssée de Moncton, soit le quart-arrière Devin Niles et le demi défensif Jordan Blacklock. Les deux élèves de 12e année ont opté pour les Pionniers du Cégep de Rimouski, également en troisième division.

Du quatuor, Caden Coghlan est le seul qui a été courtisé par une formation de première division, c’est-à-dire les Cougars du Cégep Champlain-Lennoxville qui, il faut le préciser, est une institution scolaire anglophone. Le Cégep de La Pocatière était également intéressé à Coghlan.

«J’ai visité et j’ai pris part à un entraînement dans trois cégeps, mais c’est avec celui de Thetford que je me suis senti le plus désiré. Je me souviens que l’entraîneur-chef (Kevin Mackey) était venu nous visiter à Fredericton pour nous parler de leur programme et je savais qu’il avait continué de garder un oeil sur notre équipe par la suite. À Thetford, on m’offre aussi les meilleures chances de jouer un rôle important dans l’équipe», affirme Coghlan.

«Il y a le Cégep de La Pocatière qui m’offrait un poste de receveur de passe, mais mois je préfère être demi défensif. J’aime le contact et faire des plaqués. De toute façon, il n’est pas dit que je n’aurai pas la chance de jouer à l’offensive à Thetford», révèle l’athlète de 5 pieds 10 pouces et 145 livres, réputé pour sa vitesse et son agressivité sur le terrain.

C’est justement cette vitesse et cette agressivité qui ont retenu l’attention de Kevin Mackey.

«Je peux te dire que nous sommes très heureux de compter sur Caden. C’est un jeune qui a de bonnes valeurs et une excellente éthique de travail. C’est aussi un vrai joueur de football, dans le sens qu’il a un instinct football. Il a aussi de la vitesse, de l’agressivité et de très bonnes mains. C’est sans oublier qu’il est intelligent sur le terrain. À long terme, nous voulons qu’il gagne en vitesse et en masse musculaire. Sauf que nous tenons absolument qu’il conserve son instinct», indique l’entraîneur des Filons, qui n’a rien contre l’idée d’utiliser éventuellement Coghlan tant en défense qu’en attaque.

Pour sa part, Ayden Cotteau avait le choix entre les Gaulois de La Pocatière et les Pionniers de Rimouski. Après mûres réflexions, il a décidé de devenir un Gaulois.

«J’ai vraiment aimé la dynamique du club lors de ma visite, soutient le jeune gaillard de 5 pieds 9 pouces et 205 livres âgé de 17 ans. D’autant plus que les cours offerts à La Pocatière étaient davantage alignés vers ce que je souhaite devenir dans le futur, soit un intervenant scolaire.»

Joindre les rangs d’un cégep au lieu d’une université ne pose aucun problème à Cotteau puisqu’il doute fortement qu’il ait été prêt à évoluer contre des bonshommes de 23-24 ans.

«Ce ne sont pas tous les jeunes qui peuvent passer du football scolaire à universitaire. Ce sont des hommes à ce niveau alors que des jeunes comme moi ne faisaient que sortir de l’adolescence. Le cégep nous donne la chance de poursuivre notre développement afin d’arriver fin prêt pour l’université», mentionne Cotteau, dont les principales qualités comme footballeur sont sa vitesse et son agressivité.

Par ailleurs, Cotteau n’est pas vraiment surpris par l’intérêt des cégeps du Québec envers les joueurs du Nouveau-Brunswick.

«Le football progresse bien ici et le fait que deux écoles francophones ont fait les frais de la finale n’a pu faire autrement que d’attirer les Québécois», croit-il.

Un constat que l’entraîneur des Filons de Thetford Mines confirme justement.

«C’est vrai que le football se développe bien au Nouveau-Brunswick. Est-ce que nous allons continuer de recruter au Nouveau-Brunswick dans le futur? Je te dirai que si l’Acadien est talentueux et qu’il est motivé, en plus de posséder les valeurs que nous recherchons auprès d’un athlète, et bien ce gars-là il sera le bienvenu ici», mentionne Mackey, un bon ami du coentraîneur des Olympiens de l’Odyssée, Serge Bourque.

Vocation tardive

Ayden Cotteau a découvert le football sur le tard.

«J’étais en 9e année quand j’ai commencé à jouer au football, dit-il. Et avant le football j’étais un adolescent inactif. Je ne faisais rien. Par contre, le football est vite devenu une passion. Ça montre qu’il n’est jamais trop tard pour accomplir de grandes choses. J’espère que mon histoire va convaincre d’autres jeunes qui sont actuellement inactifs de tenter leur chance à leur tour.»

«Il y a trois ans, si quelqu’un m’avait dit que je deviendrais un joueur de football et que j’irais à l’université grâce à ce sport, je lui aurais ri en pleine face», ajoute-t-il.

Mentionnons finalement que deux autres représentants des Olympiens ont joint les rangs des X-Men de l’Université St-François-Xavier. Il s’agit du porteur de ballon Caleb Fogarty, ainsi que du receveur de passe Éric Sinzinkayo.