Les Aigles Bleus, une histoire de famille chez les Toner

La signature du défenseur Denis Toner avec les Aigles Bleus de l’Université de Moncton, plus tôt cette semaine, nous rappelle à quel point le Bleu et Or est une grande famille.

En comptant l’immortel Vance Toner qui a dirigé l’équipe pendant la saison 1965-1966, cela fait 55 ans que le clan Toner gravite de près ou de loin autour des Aigles Bleus.

Après Vance, et avant Denis, ses petits cousins Terry (1991 à 1995) et Scott (2002 à 2007) ont eux aussi fait partie de l’histoire en disputant respectivement quatre et cinq saisons avec l’équipe.

C’est sans oublier que Guy, le papa de Denis, a pris part au camp d’entraînement de 1988.

Ça vous donne donc une assez bonne idée de la place qu’occupent les Aigles Bleus dans le coeur de cette incontournable famille du Madawaska.

Terry, qui a eu le bonheur de savourer le quatrième et dernier Championnat canadien de l’organisation en 1995, sous les ordres de Pierre (Pete) Belliveau, estime que ses quatre campagnes ont été les plus fantastiques de sa vie d’athlète.

«Ç’a été vraiment des belles années, affirme Terry. Non seulement j’ai gagné le championnat canadien, mais je m’y suis fait des amis pour la vie. Frantz Bergevin-Jean est l’un de ceux-là et nous communiquons encore régulièrement. J’ai tellement adoré mon passage à Moncton que j’y vais encore souvent pour les affaires.»

Selon Terry, le mariage hockey-études rend l’expérience unique.

«Quand tu es rendu au niveau universitaire, ça va bien au-delà du sport. Tes objectifs sont d’abord et avant tout de préparer ton avenir professionnel. Les gens n’ont pas idée des sacrifices qu’un athlète doit faire pour étudier et faire du sport élite en même temps. C’est ce qui rend un championnat encore plus spécial», lance-t-il.

Terry est évidemment content que Denis ait choisi les Aigles Bleus. Il n’en a pas fait mention pendant la conversation, mais on devine que le contraire l’aurait déçu.

«Le timing de Denis pour joindre les Aigles Bleus est très bon. Après des années plus difficiles, on sent que l’équipe est en train de retrouver sa place parmi l’élite. En tout cas, tu peux être sûr qu’il va y avoir plus de monde du Nord-Ouest qui vont suivre les Aigles Bleus à partir de la saison prochaine», indique Terry, dont la soeur Cindy est la famille de pension hôte de Denis à Halifax.

Aigle toujours

Scott Toner est aussi d’avis que Denis arrive au bon moment dans le giron des Aigles Bleus. Comme c’est le cas pour Terry, le Bleu et Or aura été quelque chose d’important dans sa vie. Encore aujourd’hui d’ailleurs.

«Je suis vraiment content que Denis ait choisi l’U de M. J’aimerais bien lui parler à ce sujet. Je garde toujours un oeil sur les Aigles Bleus depuis mon départ. Je suis bien ami avec P.-A. Parenteau et quelques-uns de mes anciens coéquipiers sont également dans l’organisation», révèle l’ancien défenseur étoile.

«Les Aigles Bleus, ç’a été sans aucun doute mes meilleures années dans le hockey. Oui, j’ai du fun dans le senior parce que c’était à la maison, mais les Aigles Bleus, c’était spécial. Je me souviens de Martin Latulippe qui m’avait dit d’en profiter parce que ça passe très vite. Il avait raison», dit-il.

«Les Aigles Bleus, c’est une culture. Il y avait un Québécois, Mathieu-Conrad Gingras, qui était un peu le gars à tout faire dans le temps. Il était soigneur et il chantait aussi l’hymne national. C’est lui qui m’avait expliqué ce que c’était la culture des Aigles Bleus. J’en ai encore des frissons juste à l’imaginer m’en parler.»

Il y a un dicton qui dit «Aigle Bleu un jour, Aigle Bleu toujours». Scott Toner en a souvent été témoin.

«(L’ancien premier ministre) Camille Thériault a juste eu trois présences sur la glace en carrière avec les Aigles Bleus et tu peux pas savoir le nombre de fois que je l’ai entendu dire: ‘‘Un Aigle un jour, un Aigle toujours’’. Quand tu as joué avec les Aigles Bleus, tu fais partie de l’histoire comme tous les autres», confie Scott.

Bien qu’il n’a pas disputé une seule partie avec le Bleu et Or, Guy Toner n’en a pas moins lui aussi un sentiment d’appartenance avec l’équipe.

C’est que voyez-vous, l’ancien capitaine des Plumbing Hawks de Moncton, les ancêtres des défunts Commandos de Dieppe, a joué en compagnie de plusieurs futurs membres du Bleu et Or au niveau junior, à commencer par Louis Melanson, Luc Michaud, Claude Lagacé, Simon Dubé, Alyre Poitras et Irois Léger.

«J’ai aussi travaillé pendant plusieurs années dans les écoles de hockey des Aigles Bleus, se souvient Guy. Claude Vilgrain et Charles Bourgeois y étaient aussi. J’ai même pris part au camp d’entraînement de 1988. La qualité des joueurs dans ce temps-là était exceptionnelle. C’est incroyable le talent qu’on y retrouvait. Je pense à Claude Gosselin et Steve Salter, entre autres. Claude était tout un leader. Les Aigles Bleus étaient une force dans les années 1980», raconte-t-il.

Avec de tels souvenirs dans la famille, il était donc naturel que Denis se tourne vers l’U de M.

«Les Aigles Bleus, j’en entends parler depuis mon enfance. On vient tous de la même place et je savais que mes petits cousins Terry et Scott y avaient joué. Même mon frère Simon a étudié à l’Université de Moncton», souligne le défenseur âgé de 20 ans.

Curieusement, ce n’était pas gagné d’avance de voir Denis accepter l’offre de l’équipe.

Il faut d’abord comprendre que depuis ses années pee-wee, Denis a joué chaque été au sein du programme V-Reds de l’Université du Nouveau-Brunswick à Fredericton (UNB). Bref, il s’imaginait très bien joindre les rangs des Varsity Reds.

Le grand intérêt du Bleu et Or à son endroit est toutefois venu tout changé. Il a cependant mené sa petite enquête avant de dire oui.

«Comme je connaissais quelques gars dans l’équipe, j’ai posé des questions. Je voulais connaître l’ambiance dans le vestiaire et comment les gars se sentaient de jouer pour les Aigles Bleus», dit-il.

«Un autre truc qui m’a aidé à prendre ma décision c’est lorsque (le directeur des opérations hockey) Luc Michaud m’a dit que l’organisation visait un championnat canadien à moyen terme. Ça m’a vraiment intéressé. Et avec les récentes signatures, c’est évident qu’ils sont en train de construire un bon club», mentionne-t-il.

«Et comme pour Terry et Scott, je veux aller y amasser mes propres souvenirs. J’ai hâte», ajoute le petit nouveau du clan Toner à l’U de M.