Tracadie-Chaleur: une série qui s’annonce captivante

C’est samedi soir que les séries demi-finales prendront leur envol dans le Circuit Acadie-Chaleur. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les amateurs de hockey senior risquent d’en avoir pour leur argent. Imaginez, seulement neuf points ont séparé les quatre équipes en saison régulière et chacune d’entre elles a occupé à un moment ou un autre la tête du classement général.

Pour tenter d’y voir plus clair, nous avons consulté un défenseur de chaque formation.

À tout seigneur, tout honneur, commençons par les champions en titre des deux dernières saisons, les Alpines de Tracadie. Ils affronteront dans une série 4 de 7 les Mooseheads de Chaleur, eux qui ont éliminé les Marchands de Shippagan au terme d’un court marathon de cinq matchs en quart de finale.

Pour le jeune arrière Olivier Arseneau, il ne fait aucun doute que les Mooseheads sont une grosse commande, même si les Alpines ont remporté trois des quatre confrontations entre les deux formations en saison régulière. Arseneau ne croit également pas que les incidents qui ont mené aux suspensions de Patrick Loudon (2 matchs) et Mackenzie Gray (3 matchs) dans le dernier duel face aux Marchands va changer quoi que ce soit dans la dynamique de la série.

«Ce serait une erreur de les prendre à la légère, dit-il. Les Mooseheads n’ont pas seulement un trio à surveiller. C’est une équipe qui a beaucoup de profondeur. Pour nous, il sera important de porter une attention particulière aux détails parce que c’est une grosse équipe de hockey qui va être devant nous.»

Cela dit, les Alpines ont terminé le calendrier régulier en gagnant leurs sept derniers matchs. Depuis Noël, ils n’ont perdu que deux parties et dans les deux cas c’était en prolongation.

«Quand je suis arrivé dans l’équipe, le moral n’était vraiment pas là. Ensuite, c’est comme si les gars avaient décidé de se prendre en main», ajoute Arseneau, qui a bien hâte de disputer ce premier match éliminatoire au Complexe S.-A.-Dionne.

Du côté des Mooseheads, Pascal Chiasson soutient que l’ambiance demeure très bonne malgré les suspensions de Louden et Gray, ainsi que les blessures de Jacob Arsenault et Shawn Doucet. Il est d’avis que la profondeur qu’on retrouve à chaque position devrait les aider à passer au travers de leurs problèmes.

«Il faudra toutefois rester disciplinés, mentionne le jeune arrière de 22 ans. Nous passons souvent trop de temps au banc des punitions. Ça nous a d’ailleurs coûté des matchs cette saison.»

Quand on lui demande si les Mooseheads devront apporter une attention particulière au premier trio des Alpines, Chiasson réplique aussitôt que les Alpines ne sont pas une équipe à un trio.

«Il y a plusieurs gars de l’autre côté auxquels il faudra faire attention. Nous comptons sur nos partisans pour nous aider par leurs encouragements. Comme nous n’avons pas le choix d’aller chercher un match à Tracadie, ça devrait être pas mal intense samedi soir», confie Chiasson.

Caraquet-Dalhousie: l’importance de gagner à la maison

L’autre série demi-finale du Circuit Acadie-Chaleur opposera les Acadiens de Caraquet aux Maraudeurs de Dalhousie et là aussi bien malin celui qui peut prédire un vainqueur.

Dans une situation plutôt rare, aucune des deux équipes n’a réussi à vaincre l’autre à domicile en saison régulière.

C’est vous dire combien difficile il est de prédire un gagnant pour cette série qui s’amorcera au Colisée Léopold-Foulem à Caraquet.

«J’ai hâte de voir ce que ça va donner parce que ça fait cinq semaines que nous n’avons pas joué, signale Jean-Rémi Chiasson. Nous avons disputé notre dernier match le 1er février. Heureusement, nous avons eu quelques entraînements.»

«Mais ça n’empêche pas qu’un entraînement n’a rien à voir avec un match. J’ignore comment nous allons sortir samedi après une si longue absence. Tracadie a justement perdu ses deux premiers matchs contre Baie-Sainte-Anne l’année dernière après une longue pause», indique Chiasson.

Les Acadiens sont d’autant plus privés de trois éléments très importants: Francis Thériault (commotion cérébrale), Joël Blanchard (pouce) et Christophe Ferron (épaule). On compte sur les jeunes Jérémie Haché et Samuel Roy, entre autres, pour combler ces pertes.

«Il faudra faire attention de ne pas embarquer dans le jeu des Maraudeurs, souligne Chiasson. Ils ont un club robuste qui aime intimider. Ils ont aussi quelques pestes qui aiment provoquer. Et il ne faut pas oublier qu’ils ont aussi beaucoup de vitesse et du punch à l’attaque. Même que je dirais que les Maraudeurs ont la meilleure offensive de la ligue.»

Chiasson s’attend à une série axée sur l’attaque comme ç’a été le cas en saison régulière. En quatre duels, pas moins de 41 buts ont été marqués dont 23 par les Maraudeurs.

«C’est une série où il devrait y avoir de bonnes foules et avec beaucoup d’ambiance. Nous avons prouvé que nous pouvions les battre en allant chercher deux victoires là-bas sans notre pleine équipe. Il faudra maintenant s’assurer de gagner nos matchs à la maison», révèle Jean-Rémi Chiasson.

Le vétéran Kent-Érik Frees s’attend lui aussi à une série excitante.

«Les Acadiens ont beaucoup de vitesse et de talent avec entre autres les Blanchard (Rémi et Joël) et Yan Rail. Ce que nous visons dans cette série c’est de continuer de jouer comme nous l’avons fait contre Néguac en quart de finale», dit-il.

Notons que les Maraudeurs ont liquidé les Ice Dogs en trois duels consécutifs.

«Nous avons joué trois parties complètes contre Néguac et les gars faisaient attention aux détails. Nous avons également su capitaliser sur nos chances de marquer. Contre Caraquet, si nous voulons gagner la série, il sera cependant important d’aller en voler une sur la route», termine Frees.

– Gracieuseté: Michaël Levesque

Les Maraudeurs: une histoire de famille

Kent-Érik Frees apprécie au plus haut point de voir autant de spectateurs se déplacer au Palais de Glace Inch Arran de Dalhousie pour encourager les Maraudeurs.

«Ça me rappelle les matchs des Rangers de Dalhousie contre Saint-Arthur/Val-d’Amour en 2006. On remplissait le Palais de Glace lors de ces parties. Aujourd’hui, ça me touche de voir autant de monde aux parties après tous les problèmes que la région a eu avec les fermetures d’usines dans les dernières années», mentionne l’ancien porte-couleurs des Aigles Bleus de l’Université de Moncton.

«J’aime aussi la structure de cette ligue qui fait en sorte que les équipes sont composées uniquement avec des joueurs locaux et sans importés. Tu vois la fierté des gars de représenter leur région. C’est sans oublier que chez les Maraudeurs, il y a beaucoup de liens familiaux dans l’équipe», dit-il.

Frees souligne effectivement un point intéressant alors qu’on retrouve plusieurs membres d’une même famille dans l’équipe, soit les Labillois (Patrick et Devin), les Doucet (Jérémy et Jonathan), les Mockler (Éric et Ryan), les Bernard (Joey et Luc), les Gendron (Olivier est Samuel) et les Frees (Kent-Érik, Steen et Anders).

«Même que les Gendron et les Frees sont des cousins, me révèle Kent-Érik. Le père d’Olivier et de Samuel est le frère de ma mère. Je trouve ça cool de jouer avec mes jeunes cousins même si ça ne me rajeunit pas.»