Le hockey en musique

Comme la COVID-19 a immobilisé la quasi-totalité des activités sportives sur Terre et que cette pourriture virusienne prend déjà amplement de place dans les médias, nous avons reçu la consigne de vous changer les idées en trouvant des sujets sortant du champ gauche.

Une belle et grosse commande en perspective, je vous assure.

J’ai néanmoins décidé de relever le défi en choisissant de vous parler d’un sujet que je n’ai jamais abordé en 35 ans de carrière.

Mais attention, je ne vous parlerai pas de n’importe quelle musique. Je vais vous jaser de chansons mettant en vedette notre sport national.

C’est pourquoi, Mesdames et Messieurs, je vous invite à vous installer confortablement devant votre ordinateur et d’ouvrir bien grandes vos oreilles. Et afin d’apprécier davantage l’aventure dans laquelle je vous ai convié, je vous suggère d’écouter les chansons sur YouTube au fur et à mesure.

L’idée m’est venue ce matin en écoutant la très rythmée Mettre du tape su’ ma palette de Bob Bissonnette. Ma chatte Savannah, qui aime bien galoper le matin au son de la musique, semble avoir un faible pour Bob.

Toujours est-il que ma recherche, qui m’a pris de nombreuses heures, m’a permis de découvrir qu’il existe quelques centaines de chansons sur le hockey. Et dans plusieurs genres musicaux en plus.

Ne vous inquiétez pas, je vous épargne les pires afin de maximiser votre expérience.

Commençons d’abord par les classiques. Bien difficile de passer outre Good Old Hockey Game et Hockey Mom de Stompin’ Tom Connors, Clear The Track, Here Comes Shack de Douglas Rankine and The Secrets, Big League de Tom Cochrane & The Red Rider, que l’artiste a d’ailleurs chanté sur la patinoire du GM Place lorsque les Canucks ont décidé d’honorer Luc Bourdon et, bien sûr, la chanson-thème de Hockey Night in Canada de Dolores Claman.

Nous, en Acadie, nous avons évidemment un faible pour Bob Bissonnette qui, en plus de Mettre du tape su’ ma palette, nous a également légué Les barbes de séries, Chris Chelios, Hanrahan (ta femme Suzanne) qui se veut une ode à Slap Shot, Hockey dans rue, Les hommes zébrés, J’accroche mes patins, La machine à scorer, Max le guerrier, Maple Leafs et It’s in the game.

Il se peut également que les amateurs de la chanson québécoise aient encore en mémoire Hockey de Beau Dommage, Maurice Richard de Pierre Létourneau, ainsi que La partie de hockey de Sylvain Lelièvre. Plus vieux encore, Le Rocket Richard, une chanson à réponse d’Oscar Thiffault, et la très jazzée Rocket Rock’n’Roll de Denise Filiatrault. Oui, oui, la Denise Filiatrault. Prenez la peine d’aller écouter parce que c’est plutôt réussi.

Éric Lapointe a également pondu quelques pièces qui ont marqué l’imaginaire grâce la série de films Les Boys. On a qu’à penser à Les Boys justement, de même que Rocket (on est tous des Maurice Richard), Le Boys Blues Band et Le pitbull s’en vient.

Autres classiques québécois, Passe-moé la puck des Colocs qui impose encore aujourd’hui sa dose d’adrénaline et Dale Hawerchuk de Les Dales Hawerchuk. Ajoutez à cela Le but de Loco Locass, Le fantôme du Forum de Mes Aïeux, Les Habitants Go Habs Go de Vilain Pingouin et Vive le Canadien de Montréal de Rick Hughes et Lulu Hughes. Cette dernière chanson n’est toutefois pas terrible. Je l’ai conservé uniquement pour la voix de Lulu.

Sur la scène anglophone, à l’instar de Bob Bissonnette, trois groupes punk ont construit leur carrière en interprétant des chansons axées sur le hockey. Ce sont dans l’ordre The Hanson Brothers, The Hextalls et The Zambonis.

The Hanson Brothers, dont le nom se veut un clin d’oeil aux célèbres frères de Slap Shot, ont dans leur répertoire des titres tels que He looked a lot like Tiger Williams, Hockey Night Tonight et I’m gonna play hockey.

Du côté de The Hextalls, on retrouve I bred this beard for slaughter, I don’t wanna be a New York Ranger, J.S. Giguere is a robot et sans l’ombre d’un doute mon titre préféré avec (I’d take an) Al MacInnis slap shot in the balls for you. Non, mais faut vraiment aimer quelqu’un pour se sacrifier ainsi. Je vous signale que MacInnis possédait une garnotte de plus de 100 miles à l’heure avec un bâton en bois s’il vous plaît.

Autre constatation dans ma longue recherche, plusieurs femmes canadiennes ont tenté leur chance en glissant une toune (ou deux) de hockey dans leur répertoire.

Celles que je préfère sont Hockey skates de Kathleen Edwards, It’s hockey night in Canada de Lynn Miles et Shoot to score de Nancy Beaudette. Cela dit, I make the dough, you get the glory, encore de Kathleen Edwards, Hockey puck (waffle boarding) de Claire Ness et Hockey de Jane Siberry valent aussi une bonne écoute.

J’aime également beaucoup 99 de Ben Somer, une pièce folk qui rend hommage à Wayne Gretzky, Hockey Fight de Brett Kissel, Back when Armstrong was the chief de James Gordon, Helmet head de Great Big Sea, Flying de Stan Rogers et la très planante Howie Morenz de Specters of the Erie Cut.

J’ai également trouvé quelques curiosités comme Me like hockey du groupe Arrogant Worms, Hockey teeth de Bahamas, The Taste of hockey de Based on Wonder, The Bill Barilko song et Gordie and my old man de Charlie Angus  and The Grievous Angels (Angus est mieux connu comme député du NPD de Timmis-Baie James), A game goin’on du Néo-Écossais Dave Gunning, Skating Rink de David Francey, Gino Odjick de Geoff Berner, The greatest game in the land de Jordan Setacci, The Hockey Song de Jughead, Hey there Iginla de Kim Dracula, Hockey hair de Pansy Division, Gretzky Rocks de The Pursuit of Happiness, The Ballad of Wendel Clark de Rheostatics, Ballad of Bob Probert de Ron Leary, Hey Nineteen de Tim Crispy, Elegy for Gump Worsley de The Weakerthans et la rigolote Max Domi de Stroker DeLuca.

Les cowboys ont aussi été inspirés par le hockey, comme le prouvent Billy Ray Cyrus avec Bring the Stanley Cup to Tennessee, Brett Kissel avec Hockey, please come back, Corb Lund avec The Oil’s back in town, Gear Daddies avec I wanna drive a zamboni, Kory Wlos avec Don’t bug me while the hockey games on, Stanley Nowak avec Me, Bobby Orr and Eddie Shore, Warren Zevon avec Hit Somebody et surtout Paul Brandt avec I was there et Small towns & big dreams.

Pour ceux et celles qui aiment se faire dépeigner par des musiciens qui crachent leurs notes comme si leur vie en dépendait, il y a pour vous Two minutes for looking so good de Belvedere, Time to go de Dropkick Murphys, Welcome Home, Luc Robitaille de Mando Diao, 95 Feet de You Big Idiot, Uncle Gordie de The Planet Smashers, Ace Bailey’s hockey stick de Guess What Peter Did, Change the world with my hockey stick de The Vandals, ou encore (I feel like) Gerry Cheevers (stitch marks on my heart) de Chixdiggit. Je ne suis pas fan de punk et de heavy métal, mais j’avoue que le titre est bien trouvé. Dans le rock pop, je note aussi Fifty-Mission Cap et Fireworks de The Tragically Hip.

Les nostalgiques voudront peut-être écouter Gordie Howe is the greatest of them all de Big Bob and the Dollars, Big Jean Beliveau de Bob Davies et Here’s to Bobby Hull, encore de Bob Davies.

Il y a même quelques joueurs qui ont tenté leur chance. C’est le cas du premier trio des Kings de Los Angeles au début des années 1980, composé de Marcel Dionne, Dave Taylor et Charlie Simmer. Surnommé la Triple Crown, ils nous ont offert l’oubliable Forgive my misconduct. L’expérience n’a guère été plus concluante pour Phil Esposito avec Hockey Sock Rock. Idem pour Dave «The Hammer» Schultz avec The Penalty Box.

Enfin, pour les mordus du rock des années 1980, vous pouvez aller visionner He Shoots, He Scores! de Barfoot and Ransom, More than a game de Mike Plume Band et Gino, Gino d’Erick Holmquist. Bon d’accord, ce sont des artistes des années 2000, mais ça sonne comme du rock des années 1980.

Voilà, j’espère que l’expérience en a valu la peine et que votre iPod sera désormais agrémenté de quelques souvenirs de notre sport national.