Noémi Mallet: un vol annulé, un tremblement de terre et une quarantaine!

Revenir au pays peut s’avérer toute une aventure au temps du coronavirus. Noémi Mallet a vécu toutes sortes de rebondissements, cette semaine, avant de retrouver son Shippagan natal. Mais l’important est que l’ancienne joueuse vedette de soccer féminin des Lady Rams de l’Université Mobile, en Alabama, a pu passer à travers ces péripéties.

Cette histoire commence à Munich, en Allemagne. Noémi est inscrite en maîtrise en nutrition et en biomédecine à la Technische Universitat, où elle vient de terminer son premier semestre, en février, tout juste avant l’expansion de la pandémie de la COVID-19 en Europe.

Question de se changer un peu les idées avant le retour en classe prévu le 20 avril, elle et son ami de coeur décident de prendre quelques jours de vacances à Salt Lake City, en Utah.

C’est là que le coronavirus s’est invité dans le portrait. Le coronavirus… et les soubresauts inattendus de la planète.

Devant la situation où le Canada a demandé à ses voyageurs de rentrer au pays, Noémi avait prévu un vol mercredi.

Mais les choses ne se sont pas passées tout à fait comme elle l’aurait voulu…

«Vers 7h, nous avons eu un tremblement de terre. C’était un assez gros, à 5,7 (sur l’échelle de Richter). Quand cela nous a réveillés, nous avons vite réalisé qu’on avait affaire à un tremblement de terre. Après, quand on se préparait pour partir vers l’aéroport de Salt Lake City, on nous a avisés qu’il était fermé en raison des dommages. Aucun avion ne décollait ou n’atterrissait», raconte la jeune femme âgée de 23 ans.

Les plans ont donc changé. Le couple a pris la route vers Las Vegas en espérant attraper le prochain vol pour le Canada. Mais Noémi a dû composer avec l’annulation de cinq départs et il lui aura fallu faire des pieds et des mains pour trouver un siège. Elle a eu besoin de tous ses points air miles qu’elle avait en banque.

«Les aéroports ne sont pas trop occupés pour le moment. C’est une bonne chose. On garde une bonne distance entre nous, on se lave les mains, on ne met pas les mains dans le visage… On prend nos précautions. L’important est de revenir le plus vite possible à la maison. On s’occupera des frais de vols annulés plus tard», poursuit-elle dans un échange de messages avec le journal, quelques minutes avant l’embarquement prévu pour jeudi en début d’après-midi.

Une fois à Toronto et les douanes passées, Noémi Mallet a pris un vol vers Moncton vendredi matin.

Mais son histoire ne s’arrête pas là.

L’étudiante-athlète par excellence en 2016 et en 2017 de la Southern States Athletic Conference devra s’imposer une période de quarantaine minimale de deux semaines une fois franchie la porte de son foyer familial à Shippagan.

Une quarantaine qu’elle passera seule, avec son chien.

Ça va débuter par la route entre Moncton et la Péninsule acadienne. Elle aura droit à son propre véhicule, alors que ses parents suivront dans une autre auto.

Des parents hors pair, d’ailleurs, qui ont pris la peine de faire l’épicerie pour leur fille afin qu’elle n’ait pas à sortir de la maison pour les 14 prochains jours.

«Ma soeur m’a amené de la peinture, rigole Noémi. Ça va m’amuser un peu. J’ai aussi des travaux universitaires et plusieurs livres avec moi. Je vais en profiter pour améliorer mon allemand. Ça va me tenir pas mal occupée.»

Pour le moment, cette quarantaine obligée ne la stresse pas trop. Elle sait qu’il y a pire. En Allemagne, les cas positifs à la COVID-19 se sont multipliés depuis son départ. Les frontières européennes sont fermées et elle s’attend à ce que le début de son deuxième semestre en maîtrise universitaire soit retardé.

«Je ne suis pas la seule dans cette situation, reconnaît-elle. Je vais passer au travers. C’est mieux ça que de mettre du monde à risque. Si j’avais la COVID-19 et que je la transmettais à des gens de chez nous, je ne me le pardonnerais jamais.»

La situation avec la COVID-19, un tremblement de terre, un voyage du retour abracadabrant, une quarantaine, un retour en Allemagne probablement retardé… La vie de Noémi Mallet est tout, sauf monotone!