Kamylle Frenette devra patienter pour vivre son rêve paralympique

Kamylle Frenette avait toutes les cartes en main pour participer aux épreuves de paratriathlon des Jeux paralympiques de Tokyo. Le report de l’événement international bouleverse les plans de l’athlète acadienne.

Cela fait des mois que la jeune femme originaire de Dieppe s’entraîne tous les jours pour décrocher sa place aux Jeux. Avec une quatrième place au classement mondial, sa qualification pour l’aventure japonaise était quasiment assurée.

La pandémie de COVID-19 a finalement tout changé: le pays hôte et le Comité international olympique (CIO) se sont entendus mardi pour reporter les Jeux de Tokyo à 2021. Deux jours plus tôt, le Comité olympique canadien avait annoncé que ses athlètes ne participeraient pas. La nouvelle date devrait être annoncée dans le mois qui vient, mais les organisateurs privilégient déjà les mois de juillet et août de l’an prochain.

Kamylle Frenette n’a pas mis longtemps à digérer la nouvelle. Elle salue la décision de ne pas maintenir l’événement international dans les conditions actuelles. «Je suis soulagée, assure-t-elle. L’inconnu était plus stressant que la confirmation du report. Je suis soulagée que le Comité international olympique ait donné la priorité à notre santé.»

Sa préparation était de toute façon compromise. Fraîchement revenue d’une compétition en Floride annulée à la dernière minute, elle est en confinement depuis 12 jours dans sa résidence d’Halifax. Impossible de sortir pour courir. Impossible d’accéder à la piscine. Elle s’entraîne comme elle le peut à la maison, à l’aide de poids et d’un vélo stationnaire.

L’athlète préfère ne pas se laisser abattre par la situation. «C’était un peu crève-coeur d’apprendre la nouvelle. Mais en même temps, j’adore la compétition et j’adore m’entraîner. Je suis heureuse là-dedans, alors ça rend les choses plus faciles. Je suis bien entourée. Je vais rester motivée. L’objectif est le même, il est juste repoussé d’un an.»

Après tout, son léger handicap au pied droit ne l’a jamais empêché de poursuivre ses rêves de médailles. Celle qui a commencé le triathlon à l’âge de 16 ans, suivant les traces de son père, s’est imposée comme candidate au podium olympique en décrochant l’or en Coupe du monde de paratriathlon à Magog l’été dernier.

Kamylle Frenette devra réviser le programme des prochains mois. Elle espère revenir le plus rapidement possible à sa routine d’athlète de haut niveau. Lorsqu’elle n’est pas occupée par ses études en pharmacologie à l’Université Dalhousie, elle suit un programme d’entraînement intensif. Chaque semaine inclut pas moins de quatre à cinq séances de natation, trois à quatre sessions de vélo, trois blocs de course et trois entraînements de musculation.

À 23 ans, Kamylle a encore l’avenir devant elle, elle entend bien gagner en maturité et tout faire pour être à son meilleur niveau d’ici l’été en 2021. «J’ai encore beaucoup à apprendre sur le sport haute-performance, analyse-t-elle. C’est une année de plus pour travailler ma technique. J’espère que dans un an je serai un peu plus rapide, un peu plus smart, une meilleure athlète finalement.»