Ils courent dans leurs cours

Après le Quarantine Backyard Ultra au début du mois, voilà que nos coureurs les plus passionnés vont encore se payer la traite à compter de samedi avec le Ella’s Frontyard Virtual Run. L’épreuve virtuelle consiste à courir 6,7 km chaque heure jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un seul rescapé (ou une seule).

Au moment d’écrire ces lignes, 123 coureurs, dont 17 Néo-Brunswickois, avaient déjà accepté de relever le défi.

Parmi ceux-ci, Kristine Cormier et son conjoint Ron de Memramcook.

«J’ai décidé de me lancer dans ce défi parce que les organisateurs de cet événement sont des gens bien organisés et également parce que c’est pour une bonne cause. Il y a aussi le fait que j’aime courir dans les sentiers et nous nous sommes justement fait notre propre parcours avec un petit dénivelé», raconte Kristine.

Questionnée à savoir si elle se sent capable de courir jusqu’à lundi matin, elle a aussitôt éclaté de rire.

«Ahhhh non, dit-elle en riant. Je parierais plus sur Jean-Marc Boudreau qui vient également de Memramcook.»

Ron et Kristine Cormier, de Memramcook, seront de la partie à compter de samedi matin. – Gracieuseté

Prédiction que partage aussi Octave LeBlanc, lui aussi de Memramcook. Cela dit, Octave n’en sera pas à sa première aventure dans ce type d’épreuve.

«Ça fait plusieurs années que je participe à la Sonofa Gonofa Run en Nouvelle-Écosse et c’est le même genre de course. J’aime bien cette formule et je vois cette course virtuelle comme une bonne façon de se souvenir de cette quarantaine. C’est aussi une nouvelle façon de courir avec les amis. Mon objectif est de faire entre 8 et 11 tours, ce qui me donnerait entre 50 et 70 km», indique-t-il.

L’autre participant de Memramcook, le fameux Jean-Marc Boudreau, a décidé de s’embarquer dans ce défi parce qu’il s’ennuie de la compétition.

«J’ai passé l’hiver à m’entraîner pour le Marathon de Boston qui a finalement été repoussé en septembre. J’ai le goût de socialiser avec les autres coureurs, même si c’est de façon virtuelle. Je n’ai pas vraiment d’objectif si ce n’est que tant que je vais avoir du plaisir je vais continuer pour une autre heure», avance Jean-Marc.

Évidemment, Bruce Guitard ne pouvait pas passer à côté d’une autre course du genre, lui qui s’était déjà compromis avec le Quarantine Backyard Ultra.

«C’est une très bonne façon de garder la motivation malgré le fait que tous nos événements sont annulés, confie le coureur de Charlo. J’aime me retrouver en plein air pour courir. Et puis, on espère aussi par nos actions inspirer des gens à bouger. Être en forme est non seulement bon pour notre santé mentale, mais aussi pour la santé mentale de notre entourage. J’espère d’être en mesure de me rendre encore une fois à 100 km, soit de me rendre à la 15e heure. Mais si les étoiles peuvent s’aligner, peut-être que je réussirai à atteindre les 24 heures pour 160 km.»

Bruce Guitard, de Charlo, en compagnie de ses fils Jasper et Skyler. – Gracieuseté

Nathalie Guérette-Pelletier, de Petit-Rocher-Ouest, voit l’épreuve néo-écossaise comme un bon compromis au Marathon de Boston qu’elle devait courir le 20 avril dernier.

«Même si c’est la première fois que je participe à ce genre d’événement, je crois que je devrais être en mesure de faire quelques boucles de 6,7 km, mentionne-t-elle. Il s’agit de courir, arrêter et recommencer tant et aussi longtemps que tes jambes vont le vouloir.»

Avec humour, elle ajoute: «J’aime l’idée de partir de chez moi et d’y revenir. Les voisins vont se poser des questions, mais ce n’est pas comme si c’était la première fois qu’ils me voient courir dans un contexte un peu fou».

«Ça n’en est pas moins un merveilleux défi en ce temps de confinement et c’est aussi pour une belle cause au profit de nos voisins de la Nouvelle-Écosse», ajoute-t-elle.

Sa fille Roxanne s’attaquera également au défi.

«Je m’ennuie de la communauté des coureurs et du bel esprit d’équipe qui règne pendant les courses. Ces courses virtuelles sont une bonne idée. Si je peux faire de 30 à 40 km je serai contente», révèle-t-elle.

– Incapable d’en faire plus?, qu’on la questionne.

«Peut-être que je suis plus tough que je ne le pense. On verra», rétorque-t-elle en riant.

Heidi McLellan, de Moncton, ne cache pas sa hâte de commencer la course.

«Je me suis entraînée très fort pour le 101 km Eiger Ultra en Suisse qui a été annulé. Alors le Quarantine Backyard Ultra me semble un défi amusant. J’ai hâte de voir combien longtemps je pourrai me dépasser mentalement. Ce sera sans aucun doute mon plus grand défi dans une course du genre et cela depuis la porte d’entrée de ma maison», souligne-t-elle.

Le départ sera donné à 8h, samedi matin. À noter que tous les profits seront remis à l’organisme Feed Nova Scotia qui vient en aide aux personnes dans le besoin.