Samuel Landry se voit un jour dans la LHJMQ

Yannick DeGrâce, Antoine Landry, Mathieu Baker et Jean-Michel Lagacé sont pour l’instant les seuls gardiens originaires de la Péninsule acadienne à avoir disputé au moins un match officiel dans la LHJMQ. Martin Duguay a bien sûr été repêché, mais il n’a malheureusement jamais endossé l’uniforme du Titan d’Acadie-Bathurst qui l’avait sélectionné en sixième ronde lors de l’encan de 1998.

La liste pourrait toutefois être bonifiée de deux autres noms très bientôt.

Ainsi, Pierre-Vincent Guignard, lui aussi choisi par le Titan en sixième ronde l’an dernier, cogne déjà à la porte de l’équipe.

Et voilà que son coéquipier chez le Moose du Nord Samuel Landry devrait, en principe, être repêché en juin. Le Centre de soutien au recrutement (CSR) le voit comme un espoir de 9e à 12e ronde.

Il tentera de devenir le deuxième hockeyeur de Maltempec à jouer dans la LHJMQ après son cousin Pier-Paul Landry, qui a disputé un match avec les Huskies de Rouyn-Noranda en 2008-2009.

En attendant, le portier de 5 pieds 11 pouces et 166 livres s’entraîne depuis plusieurs semaines tel un forcené pour améliorer quelques facettes de son jeu. Plus particulièrement la vitesse de ses pieds et sa force physique.

«Je m’entraîne cinq fois par semaine, affirme-t-il. Je regarde des vidéos de mes matchs, ainsi que de la LHJMQ et la LNH. Je tente d’apprendre quelques trucs ici et là. Sinon, je travaille sur mon jeu de pied et sur ma masse musculaire. C’est mon rêve de jouer dans la LHJMQ.»

De son propre aveu, Samuel Landry avait un brin perdu espoir de se retrouver dans la liste du CSR l’hiver dernier.

«À un moment donné, je n’y croyais plus, dit-il. Puis les choses se sont mises à mieux aller après Noël. Aujourd’hui, je suis content de ma position.»

«Mes principales qualités sont ma vision du jeu et le fait que j’aime défier les joueurs adverses. Je n’ai pas peur de sortir de mon filet pour faire face à celui qui fonce vers moi. En ce qui concerne ma technique, je dirais que c’est à la fois athlétique et technique. Également, je ne suis pas le genre à me laisser déconcentrer par un mauvais but», raconte-t-il d’une voix assurée.

«J’ai beaucoup aimé sa saison à Bathurst. C’était la première fois que je quittais la maison et ç’a bien été. Des vétérans comme Pierre-Vincent et Marc-André (Gaudet) m’ont également aidé en me prenant sous leur aile», explique Landry, qui dit avoir parlé avec les trois formations du Nouveau-Brunswick (Acadie-Bathurst, Moncton et Saint-Jean), ainsi que l’Armada de Blainville-Boisbriand.

Pour ce qui est de son pourcentage d’arrêts de ,838, qui pourrait faire peur à certaines équipes, Landry souligne que les chiffres sont régulièrement trompeurs.

«Les statistiques ne mènent souvent à rien, confie-t-il. C’est très facile de les faire parler. Je me souviens d’un match, en particulier, où j’ai fait face à plus de 50 lancers contre les Flyers de Moncton. Mais une fois la partie terminée, ils n’ont comptabilisé que les lancers de la première période.»

Comme il est quasi assuré que Guignard évoluera soit à Bathurst ou encore dans la Ligue junior des Maritimes, la charge de travail de Landry risque d’être à la hausse en 2020-2021.

«Je suis prêt pour être le numéro un. Je me prépare justement mentalement pour ça. Je m’attends à disputer 25 matchs, peut-être plus», assure-t-il.

Larouche prône la patience

L’entraîneur des gardiens du Moose Mario Larouche croit au potentiel du jeune Samuel Landry.

«Samuel a eu l’occasion de progresser derrière un bon gardien d’expérience comme Pierre-Vincent Guignard, indique-t-il. C’est un jeune qui a une bonne éthique de travail, qui est facile à diriger et qui joue avec calme. Bien sûr, il a encore plusieurs aspects de son jeu qui doivent être améliorés, mais il est sur le bon chemin. Beaucoup de choses vont venir au fur et à mesure qu’il va gagner de la maturité.»

À l’instar de Landry, Mario Larouche n’accorde pas beaucoup d’importance aux statistiques.

«Les statistiques ne disent pas tout. Il ne faut pas oublier que nous avions un club très jeune avec seulement deux joueurs de 17 ans. Un club comme Kensington, par exemple, en avait plus d’une dizaine», souligne-t-il.

«Déjà que ce n’est pas facile pour un jeune gardien de 15 ans de faire le saut dans le midget AAA, c’est pas évident non plus de faire face à des joueurs beaucoup plus vieux. Il faut être patient avec un gardien», révèle Larouche.

Samuel Landry – Gracieuseté: Normand Léger