Alex Arsenault, le laissé-pour-compte qui a gardé espoir

Comme laissé-pour-compte, difficile de trouver meilleur exemple qu’Alex Arsenault. Ignoré en 2018 par toutes les équipes de la LHJMQ à son année de repêchage, il a dû encaisser l’affront, la saison suivante, de ne recevoir aucune invitation pour ne serait-ce qu’un camp des recrues.

Il est assez facile d’imaginer comment il pouvait se sentir face à ce destin qu’il n’avait pas du tout imaginé au début de l’adolescence, quand on sait qu’au fil des ans il a vu une multitude d’anciens coéquipiers faire le grand saut.

On a qu’à penser à Lukas Cormier, Nicolas Savoie, Cole Cormier, Jacob LeBlanc, Patrick LeBlanc, Yannic Bastarache, Alexandre David, Jérémy Duguay, David Doucet, Josh Lawrence, Benjamin Roode, Charlie DesRoches, Brandon Casey, Dawson Stairs, Kale McCallum, ou encore Alexis Dubé.

Mais voilà qu’à quelques mois d’atteindre l’âge adulte (il aura 18 ans le 16 octobre), l’attaquant de Saint-Charles-de-Kent fait enfin parler de lui.

Dans la liste que propose le Centre de soutien au recrutement (CSR) en vue du prochain encan, il figure parmi les espoirs pour les rondes 13 à 15. C’est encore loin de la coupe aux lèvres, mais c’est quand même mieux que le silence des deux dernières années.

Même que trois équipes ont jugé bon de lui parler pendant la dernière campagne avec le Blizzard d’Edmundston. Il faut dire qu’Arsenault en a épaté plusieurs. Non seulement il a inscrit 18 buts et 17 passes pour 35 points en 52 rencontres, mais il a aussi été choisi au sein de l’équipe d’étoiles des recrues en compagnie, entre autres, de deux espoirs du Titan d’Acadie-Bathurst, les défenseurs Zach Biggar et Sam McKinney.

Ça adonne bien, le Titan est justement l’une des trois équipes qui a pris la peine de jaser un brin avec lui. Les deux autres sont les Wildcats de Moncton et le Drakkar de Baie-Comeau.

«De ne pas avoir été repêché ou invité m’a juste donné la motivation de continuer», affirme Arsenault, dont les 18 buts sont un record d’équipe pour une recrue chez le Blizzard.

«Cela dit, je ne m’attendais pas à me retrouver dans la liste du CSR. Je n’y pensais plus à ça, même si j’ai continué de rêver au junior majeur. Je n’ai jamais arrêté d’y croire», confie-t-il.

Avec le recul, il est clair que le physique d’Arsenault à 15 ans a dû jouer contre lui. Le pèse-personne n’affichait alors qu’un maigre 130 livres du haut de ses 5 pieds 6 pouces. D’autant plus que malgré sa vitesse et son acharnement au jeu, il ne présentait pas des statistiques pour attirer l’attention, comme c’était par exemple le cas de Joshua Nadeau l’an dernier.

La maturité aidant, Arsenault a depuis gagné trois pouces et ajouté plus d’une trentaine de livres à sa charpente. Bien sûr, il n’a toujours pas le physique de Cole Huckins, mais il n’est plus le chétif petit bonhomme d’il y a deux ans.

«J’ai maturé depuis, dit-il. Je suis maintenant à 5 pieds 9 pouces et 166 livres. Je suis encore plus rapide et je n’ai pas peur du jeu physique. J’ai aussi grandement amélioré mon tir des poignets. À Edmundston, l’entraîneur (Emery Olauson) m’a utilisé régulièrement dans les unités spéciales.»

Alex Arsenault sera évidemment un spectateur attentif devant son ordinateur, le 6 juin, pour suivre le repêchage de la LHJMQ. En attendant, il poursuit son entraînement hors-saison.

«Ricky Légère et Derek Cormier m’ont préparé un programme d’entraînement juste pour moi. L’objectif est d’améliorer ma force physique, ma vitesse et prendre un peu de poids. Je m’entraîner tous les jours après le travail», ajoute-t-il.

Alex Arsenault est tellement content de voir la LHJMQ lui faire enfin de l’oeil que l’option des collèges américains, bien qu’encore dans le portrait, n’est soudainement plus sa priorité numéro un.

Et si jamais Alex Arsenault parvient à réaliser son rêve de jouer dans la LHJMQ, vous pouvez parier que tous les petits gars et les petites filles de Saint-Charles-de-Kent auront à leur tour une raison de croire.