LHJMQ: une soirée pas comme les autres attend Samuel Savoie

Il y a quelque chose de très solennel dans le repêchage des meilleurs espoirs midget de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Surtout pour les espoirs de la première ronde.

Il y a d’abord la préparation. Cette année, ça prévoyait un voyage à Sherbrooke, où l’encan devait avoir lieu.

Donc, des bagages pour au moins trois ou quatre jours. Probablement une journée pour s’y rendre en auto. L’hôtel. Les premières rencontres avec les équipes intéressées. La présentation officielle de la veille.

Le jour tant attendu, on n’a probablement pas vraiment dormi de la nuit. Le déjeuner passe moins bien, tellement on est nerveux. On trouve la cravate un peu trop serrée, le veston un peu trop chaud dans cet amphithéâtre, le siège encore plus inconfortable à mesure que les sélections sont annoncées.

Puis, vient le moment. Celui que l’on attend depuis des jours, des semaines, des mois.

On entend son nom. On reçoit les félicitations et les accolades de la famille. On descend ensuite les marches des gradins en faisant attention de ne pas perdre pied. On se rend d’un pas rapide sur la tribune d’honneur.

Le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, vous tend la main et vous souhaite la bienvenue. On regrette d’avoir la main moite. On reçoit son nouveau chandail et sa casquette. On salue tous les membres de cette organisation qui ont décidé que leur présent et leur avenir passaient par ce choix. La traditionnelle photo de groupe.

Ensuite, c’est la fête. Le hockey junior majeur est à nos portes et cette journée du repêchage demeurera à jamais gravée dans nos mémoires…

Pour Samuel Savoie, ce qu’il vivra vendredi soir aurait pu ressembler pas mal à ça. Même que ça l’aurait dû. Mais il devra se contenter de suivre cette première ronde chez lui, à Dieppe, devant l’écran de son ordinateur.

Classé quatrième par la Centrale de soutien de recrutement de la LHJMQ, l’attaquant des Flyers de Moncton se voit ainsi privé de tout ce qui fait de ce moment un grand moment. Maudite COVID-19.

«C’est certain qu’aller à Sherbrooke était mon premier choix. Un repêchage, c’est l’expérience d’une vie. Mais c’est quelque chose que je ne peux pas contrôler. Je crois que ce sera quand même excitant. On va vivre ça en famille, ici à la maison, avec une cinquantaine de personnes», avoue le centre âgé de 16 ans, auteur d’une campagne de 81 points – dont 33 buts – dans le circuit midget majeur en 2019-2020.

L’athlète de 5 pi 10 po ne devrait pas être rivé très longtemps devant l’écran de son portable, vendredi soir. Il a trois chances sur cinq d’aboutir chez les Olympiques de Gatineau, les grands gagnants de la loterie avec le premier, deuxième et quatrième choix de la ronde initiale.

Les Sea Dogs de Saint-Jean parleront troisièmes. Les Remparts de Québec (5e), les Foreurs de Val-d’Or (6e et 8e), les Tigres de Victoriaville (7e), les Cataractes de Shawinigan (9e) et les Huskies de Rouyn-Noranda (10e) suivront dans cette séance qui débutera à 19h30 (heure du Nouveau-Brunswick) et qui sera possible de voir sur le lien YouTube officiel du circuit Courteau.

Chose certaine, Savoie n’a pas acquis récemment des chandails de ces potentielles nouvelles équipes qu’il s’entend porter dès sa nomination. Pour lui, la surprise sera totale.

«Je veux aller dans une équipe pour qui je pourrai jouer tout de suite, avance l’adolescent très demandé. Ce serait très excitant d’aller à Gatineau. Québec et Saint-Jean sont de bonnes organisations. À Val-d’Or, ce serait le fun aussi. Honnêtement, je ne sais vraiment pas où je vais me retrouver et tout est possible, mais je suis très fier d’avoir pu me classer pour la première ronde. Être sélectionné dans le top-10, c’est déjà gros pour un joueur du Nouveau-Brunswick.»

L’espoir gardera donc son téléphone très près. Il s’attend à ce que la formation qui misera sur ses talents communique rapidement avec lui, vendredi soir.

«Je suis un peu nerveux, mais pas tant que ça. Je crois que ça va me frapper vendredi. Je ne peux pas croire encore que je suis rendu là. C’est très excitant», avoue ce joueur d’énergie, comme en font foi ses 93 minutes de pénalités chez les Flyers en 52 parties.

Quelque chose que le Dieppois entend corriger, sans pour autant falsifier son identité de joueur intense des deux côtés de la patinoire.

Mais ça, ce sera pour plus tard. Car pour l’heure, le temps est aux réjouissances. Surtout quand il entendra son nom.