Wildcats: Miles Mueller, le Suisse aux racines acadiennes

Au terme du dernier repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, il a été écrit dans nos pages que 26 Néo-Brunswickois avaient trouvé preneurs auprès de l’une des 18 formations du circuit. En vérité, le bon chiffre est 27 si on tient compte de Miles Mueller, un Suisse possédant également la nationalité canadienne grâce à sa mère acadienne Sandra Jennings, originaire de Dalhousie dans le Restigouche.

Repêché en 10e ronde par les Wildcats de Moncton, le jeune Mueller, dont le nom de famille peut également s’écrire Müller, rêve depuis sa tendre enfance d’évoluer au Canada.

Le destin aura voulu qu’une équipe de la province natale de sa mère lui offre son rêve sur un plateau d’argent.

«Il y a trois équipes qui m’ont approché, affirme-t-il. En plus des Wildcats, les Sea Dogs de Saint-Jean et les Voltigeurs de Drummondville ont également démontré un certain intérêt.»

Interrogé en début de semaine, le directeur des opérations hockey des Wildcats, Ritchie Thibeau, a dit de Mueller: «Il possède un très beau potentiel et c’est un joueur qui pourrait surprendre au camp d’entraînement».

Questionné sur ses principales qualités comme joueur, Mueller soutient que sa vision du jeu, la précision de ses passes et son maniement de la rondelle sont ses principaux atouts. Il prend toutefois soin d’ajouter qu’il peut encore apporter de l’amélioration dans ces facettes de son jeu.

La saison dernière, avec le HC Biel-Bienne M-17 élite, l’ailier gauche de 5 pieds 11 pouces et 161 livres a compilé cinq buts et sept passes en 31 rencontres. Il faut toutefois préciser qu’il était l’un des plus jeunes joueurs du circuit. Il célébrera son 16e anniversaire le 19 décembre prochain. Pour vous donner une petite idée de son potentiel, notons qu’il avait inscrit 32 buts et 18 mentions d’aide en 24 matchs la saison précédente avec la formation M-15 élite.

Mueller, qui s’exprime en français, en anglais et en allemand, a vu le jour dans la même ville d’où provient l’ancien défenseur du Titan d’Acadie-Bathurst, Noah Delémont. Ironiquement, même s’il a commencé à patiner à l’âge de 2 ans, il a fallu du temps avant que le Biennois n’attrape réellement la piqûre du hockey.

«Mes parents m’ont inscrit dans le hockey à l’âge de 4 ans et je détestais patiner au début. Ç’a pris du temps avant que je commence à aimer ce sport. Ils m’ont poussé à continuer et c’est seulement quand j’ai commencé à faire des progrès et à marquer des buts que je me suis mis à aimer le hockey», dit-il avec humour.

Lors des dernières années, Miles Mueller a profité des vacances d’été chez les grands-parents à Dalhousie (Colin Jennings et Blanche Michaud) pour également prendre part à l’école de hockey Andrews Hockey Growth Programs à Charlottetown, sur l’Île-du-Prince-Édouard. Des rendez-vous qui, de son propre aveu, lui ont permis de grandement améliorer son jeu et qui ont décuplé son envie de jouer au pays de sa mère. Ça lui a aussi permis de s’acclimater aux petites patinoires nord-américaines.

«Ça fait longtemps que je souhaitais venir jouer au Canada, dit-il. Avant même le repêchage, j’étais déjà inscrit à l’école Rothesay Netherwood pour la prochaine saison afin d’y jouer au hockey dès cet automne.»

Les plans pourraient évidemment changer maintenant qu’il est la propriété des Wildcats. Mueller est toutefois conscient que ça pourrait être difficile de se tailler un poste à Moncton dès la première année.

«Je vais aller au camp pour faire de mon mieux. Je suis cependant encore très jeune. On verra bien comment ça va se dérouler», indique Mueller, dont le joueur favori dans la LNH est le grand et très barbu Brent Burns des Sharks de San Jose.

Mentionnons finalement que Mueller est représenté par l’agence Roy Sports Group (RSG Hockey), dont le président Allain Roy est lui-même originaire du Restigouche, plus précisément de Campbellton.

«Miles est un bon joueur qui possède de belles habiletés et de la vitesse, soutient Allain Roy. Comme il est encore très jeune, il devra gagner de la masse musculaire pour pouvoir gagner ses batailles dans les coins de patinoire dans la LHJMQ. Une fois qu’il se sera acclimaté au niveau de jeu, son intelligence devrait lui permettre d’évoluer au sein de l’avantage numérique.»

Une mère haltérophile

Déjà que Sandra Mueller-Jennings était heureuse de savoir que son fils Miles allait poursuivre son cheminement à l’école Rothesay Netherwood, l’Acadienne de Dalhousie vivote carrément sur un nuage depuis que les Wildcats de Moncton en ont fait le 183e choix du dernier repêchage, un rang devant un autre Acadien, Alexis Arsenault, par le Drakkar de Baie-Comeau.

«C’est tellement cool!, s’exclame-t-elle. Ça ne pouvait pas mieux tomber. C’est fou quand même ce que le destin peut faire parfois.»

«C’est incroyable à quel point les Wildcats ont bien fait leurs devoirs avant de repêcher Miles, dit-elle. Ils ont même été jusqu’à parler à ses anciens entraîneurs, de même qu’aux dirigeants de l’école de hockey Andrews Hockey Growth Programs à Charlottetown, où Miles s’entraîne chaque année pendant les vacances d’été.»

«Nous sommes tellement fiers de lui. En fait, nous sommes doublement fiers depuis qu’il a été repêché par une équipe de ma province natale. Il risque d’y avoir bientôt des gens qui vont se promener avec un chandail des Wildcats à Dalhousie. Nous aussi d’ailleurs, nous avons hâte d’avoir les nôtres à la maison», révèle-t-elle.

Sandra Mueller-Jennings vante par ailleurs le sérieux de son fils qui souhaite depuis déjà longtemps de faire carrière dans le hockey.

«Il est très focalisé là-dessus, confie-t-elle. Il rêve à ça depuis longtemps déjà. Cependant, nous lui avons fait comprendre que l’objectif immédiat n’était pas de penser au hockey professionnel. Le plus important pour lui est d’abord de profiter des expériences qu’il s’apprête à vivre. Ce n’est qu’un nouveau chapitre qui s’ouvre pour lui. Chaque étape est une leçon de vie qu’il doit retenir. Il est donc conscient que la route est encore longue avant d’atteindre son objectif et qu’il y a plusieurs facteurs qui peuvent influencer la suite», souligne-t-elle.

Un autre point qui milite en faveur de Miles, c’est qu’il provient d’une véritable famille sportive. Ses sœurs cadettes Reagan et Timber pratiquent respectivement l’athlétisme et l’équitation et son père Mathias est le président de l’équipe de hockey du SC de Lyss au sein de la My Sports League. Quant à Sandra, c’est une adepte du crossfit et de l’haltérophilie. Même que dans cette dernière discipline, elle est la championne nationale de son groupe d’âge chez les maîtres. Elle s’est d’ailleurs qualifiée pour les Championnats européens qui auront lieu en Hollande en novembre.

Sandra Jennings – Gracieuseté

«C’est quand même drôle parce que plus jeune, à Dalhousie, je ne pratiquais aucun sport. Même que moins je bougeais, mieux j’étais. Ce n’est qu’une fois que j’ai joint la Marine royale canadienne que j’ai commencé à aimer le sport. J’ai découvert le crossfit il y a trois ans et ça m’a permis de découvrir l’haltérophilie. J’adore ça», dit-elle.