Mathieu Newcomb sera professionnel à Huntsville

Grande-Digue a depuis longtemps la réputation de développer d’excellents coureurs de longue distance. On a qu’à penser à Paul-Pierre Bourgeois et à son olympien de fils Joël, ainsi qu’à Ryan Cassidy. Grande-Digue, qui célébrera en 2028 son 250e anniversaire, est aussi l’endroit qui a vu grandir Sylvio Bourque, le plus grand médaillé canadien de l’histoire aux Mondiaux du tir au poignet. Enfin, Grande-Digue, c’est également le coin de pays d’un certain Mathieu Newcomb, qui deviendra cet automne le premier garçon du village à évoluer dans le hockey professionnel.

Dans son cas, il est important de préciser le premier garçon puisque c’est Stéphanie Roy qui a l’honneur de revendiquer le titre de première professionnelle de ce village d’un peu plus de 2000 âmes.

En 2012-2013, Stéphanie a porté les couleurs des Honeybadgers de l’Alberta pendant une douzaine de matchs dans la défunte Ligue canadienne de hockey féminin (CWHL). La Saint-Quentinoise Kristine Labrie était d’ailleurs l’une de ses coéquipières.

Cet automne donc, si la pandémie le permet bien sûr, Mathieu Newcomb évoluera pour le Havoc de Huntsville dans la Southern Professional Hockey League (SPHL), un circuit regroupant 10 formations domiciliées principalement dans le sud des États-Unis.

Sa carrière universitaire avec les Gee-Gees de l’Université d’Ottawa étant terminée, l’Acadien âgé de 25 ans s’était mis à la recherche d’un endroit pour jouer en mars dernier. Même que les négociations allaient bon train avec une équipe de France et une autre de la Belgique. La COVID-19 est toutefois venue compliquer les choses. Et pas comme vous pouvez vous l’imaginez.

«Pendant le confinement, nous étions quelques gars des Gee-Gees qui étions tannés de ne pas travailler. Finalement, Kyle Ward (originaire de Sackville) et moi avons décidé de démarrer une petite compagnie qui consistait à se faire embaucher pour couper le gazon chez les gens. Nous avons appelé cette compagnie Maritime Landscaping Inc.», s’exclame un Mathieu Newcomb de fort belle humeur.

«Mais en très peu de temps, nous avons commencé à nous spécialiser dans la pose de briques couchées (passe-pied) là où le gazon ne pousse pas. C’est quelque chose qui est très à la mode à Ottawa. Nous avons également commencé à remorquer des bateaux. Notre compagnie a explosé de façon incroyable, mentionne-t-il.

«Nous avons tellement de commandes que nous sommes bookés solides pour le prochain mois et ça n’arrête pas. Nous avons justement embauché Michaël Poirier (qui évoluera en Écosse cet automne) pour nous aider tellement nous avons trop de travail. Nous venons même d’acheter un nouveau camion parce que l’autre ne faisait plus l’affaire. Jamais nous n’avions pensé que ça fonctionnerait comme ça», raconte celui qui vient justement de compléter un bac en business à l’Université d’Ottawa.

Par ailleurs, tout récemment par l’entremise d’une connaissance, Mathieu a reçu un appel de l’organisation du Havoc de Huntsville.

«Au départ, je ne voulais rien savoir parce que j’étais convaincu que ce n’était pas une bonne ligue. On m’a alors fait voir des vidéos de matchs et ça se compare pas mal au hockey universitaire. Le capitaine du Havoc Scott Trask, qui s’adonne à être un ancien joueur des Wildcats, m’a ensuite contacté pour me parler de l’équipe. Mais c’est quand il m’a dit que le logement et l’épicerie étaient fournis, que nous avions accès gratuitement à trois terrains de golf et que le salaire était correct que je me suis dit que ça pourrait être amusant d’essayer», confie-t-il en riant.

«Et comme la ligue ne commencera pas avant octobre en raison de la pandémie, ça va nous donner la chance à Kyle et moi de travailler sur notre compagnie jusqu’à la fin de l’été. Notre plan est de continuer à nous développer à Ottawa pendant cinq ans pour ensuite aller en ouvrir une par chez nous au Nouveau-Brunswick», termine l’ancienne vedette des Commandos de Dieppe.

En bref… Le Havoc de Huntsville est l’une des meilleures organisations de la SPHL. Elle a remporté le championnat des séries éliminatoires en 2017-2018 et en 2018-2019… C’est également l’équipe qui attire les meilleures foules dans la ligue avec une moyenne de 4820 spectateurs par match… En 2019-2020, le Havoc occupait le troisième rang du classement lorsque la pandémie est venue mettre un terme aux activités…