Wildcats: Lacroix est là pour rebâtir

Si l’occasion de diriger un club de premier plan avait joué un grand rôle dans sa décision de succéder à John Torchetti à la barre des Wildcats de Moncton, deux jours avant Noël, Daniel Lacroix avait alors aussi tenu à préciser que le fait qu’il adorait la ville l’avait aidé à prendre sa décision. La dernière semaine a prouvé que ce n’était pas des paroles en l’air.

Parce que s’il n’aimait pas cette ville, qui avait déjà été sienne de 2002 à 2006, Daniel Lacroix aurait été voir ailleurs.

Parce qu’il est également clair que l’entraîneur-chef des Wildcats savait fort bien, avant même de signer son nom au bas de son nouveau contrat, qu’il n’aura cette fois-ci pas du tout les munitions pour rugir bien tard au printemps de 2021.

Au lieu de viser le doublé (coupe du Président et coupe Memorial) comme c’était prévu ce printemps avant que la COVID-19 ne vienne tout saboter, Lacroix tentera cette fois-ci de mener son équipe aux séries éliminatoires.

Et avec un club officiellement en reconstruction, c’est toujours plus facile à dire qu’à faire.

Des 15 premiers pointeurs de l’équipe en 2019-2020, il n’en reste plus que trois, soit l’attaquant Jacob Hudson et les défenseurs Jordan Spence et Tristan Dejong. Et comme on se doute bien que les jours de Spence sont comptés, lui qui sera l’un des joueurs les plus en demande auprès des prétendants au titre, ça vous donne une assez bonne idée à quel point les attentes seront nettement moins élevées.

«C’est clair que c’est un défi totalement différent que j’ai devant moi, affirme l’entraîneur-chef de 51 ans. C’est toutefois un beau défi. C’est un défi que j’ai le goût de relever. Et puis le contexte actuel a également facilité la décision. Chez les professionnels, tout est pas mal en attente.»

Quand on lui demande si le sentiment de ne pas avoir eu la chance d’aller jusqu’au bout avec son club ce printemps avait joué dans sa décision, Lacroix assure que non.

«Je ne suis pas revenu pour compléter ce que je n’ai pu terminer. Évidemment, c’est plate la façon dont la saison s’est terminée. Mais si je reviens, c’est uniquement avec l’idée de rebâtir», dit-il.

Lacroix assure ne pas s’inquiéter du fait qu’il risque de voir apparaître de nouveaux cheveux gris certains soirs en regardant ses jeunes joueurs apprendre de leurs erreurs.

«Dans le passé, le développement a toujours fait partie de mon travail en tant qu’entraîneur adjoint. J’aime enseigner. C’est tellement satisfaisant de développer des jeunes. C’est possible que certains ne fassent pas carrière dans le hockey et deviennent plutôt des avocats ou encore des policiers. Mais l’important dans tout ça, c’est de développer des joueurs de hockey qui deviendront aussi des bonnes personnes. C’est sans oublier que des reconstructions j’en ai déjà vécu comme joueur à tous les niveaux, ainsi que comme entraîneur adjoint», révèle Daniel Lacroix.

Le pilote des Chats Sauvages croit par ailleurs possible de faire en sorte que l’équipe retrouve sa place parmi l’élite de la LHJMQ dès la saison 2022-2023.

«Le cycle junior majeur prend normalement trois ans, mais il est possible d’y arriver en deux ans avec du travail. Les Mooseheads de Halifax l’ont fait il n’y a pas si longtemps, alors que leur noyau était composé de plusieurs joueurs de 18 ans comme Benoit-Olivier Groulx Raphaël Lavoie, Jared McIsaac, Justin Barron et Alexis Gravel. Mais si nous voulons aspirer aux grands honneurs, le travail doit commencer dès maintenant. Développer un club aspirant, c’est un apprentissage. Certains jeunes vont comprendre rapidement un enseignement, à d’autres il faudra répéter 100 fois. Il s’agit de bien encadrer nos jeunes», dit-il.

Dans les prochains jours, Daniel Lacroix compte s’asseoir avec le directeur des opérations hockey Ritchie Thibeau afin de discuter du dossier des entraîneurs adjoints. À l’instar de Thibeau, Lacroix semble n’avoir aucun problème à retrouver le même groupe d’adjoints composé de Darryl Boyce, Joshua Hepdtich, Ryan Salvis et Marc Terriault.