Owen Caissie: un espoir des Padres avec des racines acadiennes

Après les hockeyeurs Alex Chiasson et Charles-Alexis Legault, voilà qu’un autre jeune athlète ayant des racines dans la Péninsule acadienne fait de plus en plus parler de lui depuis que les Padres de San Diego l’ont repêché en deuxième ronde (45e au total), le mois dernier, lors de l’encan annuel du Baseball majeur. Il s’agit d’Owen Caissie, dont les grands-parents Ronnie et Connie ont grandi respectivement à Néguac et à Tabusintac.

Owen, qui a célébré son 18e anniversaire de naissance le 8 juillet, est un solide gaillard de 6 pieds 4 pouces et 207 livres qui évolue comme voltigeur de droite. Il est réputé pour sa puissance au bâton, la force de son bras et sa vitesse sur les sentiers.

«Je suis devenu ému quand j’ai entendu mon nom», a déclaré à la chaîne Sportsnet le jeune athlète de Burlington, en Ontario, après avoir été sélectionné par les Padres.

«J’étais très, très heureux. Les gens autour de moi ont pleuré. Personnellement je n’ai pas pleuré et je n’étais pas vraiment anxieux, mais j’étais très excité. Je voulais juste entendre mon nom. Et une fois que j’ai entendu mon nom, je ne voulais pas que ça se termine. Je sais que je n’aurai plus jamais ce sentiment. C’était une sensation si cool de se faire appeler comme ça. Peu d’enfants comprennent, surtout avec un repêchage de seulement cinq rondes. C’est fou», a révélé Caissie.

Une chose est sûre, le jeune homme ne manque pas de confiance en lui. Il est même convaincu que n’eut été de la pandémie il aurait été choisi plus tôt dans le repêchage.

«J’ai le sentiment que si j’avais joué toute l’année, j’aurais pu être un joueur de première ronde. Mais comme je n’ai fais qu’un seul voyage avec Équipe Canada junior [en mars], ça aurait été difficile de faire ça», a confié Caissie à un journaliste de TSN.

«J’ai en quelque sorte fixé mes attentes pour être [dans les choix] 40-60 parce que j’ai l’impression d’avoir travaillé assez fort pour cela et j’ai assez bien montré mes capacités lors du voyage d’Équipe Canada pour me qualifier pour la deuxième ronde», a-t-il continué.

Il a d’ailleurs eu l’occasion de démontrer l’étendue de son talent lors de cette semaine avec Équipe Canada junior en Floride. Owen s’est même permis de cogner un impressionnant circuit de 449 pieds face à une formation composé d’espoirs des Blue Jays de Toronto.

C’est face au lanceur droitier Connor Overton, un espoir de 27 ans (c’est son anniversaire aujourd’hui) évoluant au niveau AAA, qu’Owen a réussi son exploit.
«J’ai frappé un coup de circuit devant un très bon lanceur qui essaie de se rendre dans les ligues majeures, donc c’est plutôt cool. Mais j’espère que ça ne sera pas le seul de ma carrière contre un joueur professionnel», a-t-il noté.

Le potentiel d’Owen est tellement immense que les Padres ont préféré lui offrir immédiatement un contrat professionnel au lieu de le laisser entamer son parcours universitaire avec l’Université du Michigan. En passant, pas moins de sept universités étaient intéressées à l’accueillir dans leurs rangs.

Neuf jours après avoir été repêché, et toujours âgé de 17 ans à ce moment-là, Owen a accepté un boni de signature de 1,2 million $ avec les Padres.

Cela dit, contrairement aux années antérieures où les espoirs obtenaient ce bonus de signature dès la signature, l’Association des joueurs et la ligue ont négocié des paiements différés pour la classe de repêchage de cette année. Ce qui veut dire qu’il recevra seulement 100 000$ cet été, puis 50% de la balance le 1er juillet 2021 et l’autre 50% le 1er juillet 2022.

«C’est cool d’avoir ça et c’est un bon coussin. De toute façon, je n’y suis pas vraiment pour l’argent, a mentionné à un journaliste de TSN le jeune Caissie, qui aimerait gâter un brin ses parents Jason et Michelle une fois qu’il sera en mesure de le faire. Je jouerais sans argent s’il le fallait. Ce contrat me met seulement en place et je peux construire ma vie autour de ça.»

Toujours à TSN, Owen Caissie dit avoir calqué son élan en regardant pendant des heures les Barry Bonds, Trevor Story, Mike Trout, Jose Altuve, Carlos Correa, Charlie Blackmon et Aaron Judge s’élancer. De chacun, il a piqué ici et là un petit détail qui lui ont permis de devenir le frappeur qu’il est aujourd’hui.

«J’ai regardé Barry Bonds pour la puissance de sa rotation et le mouvement de tête minimal qu’il avait. J’ai regardé Trevor Story pour savoir comment il utilise à son avantage son corps et le sol. Je aussi regardé Mike Trout et Jose Altuve pour la puissance de leur rotation. Pour Carlos Correa c’était pour étudier la façon dont il utilise le bras de tête avant l’élan. Charlie Blackmon, c’était uniquement pour sa simplicité. Certes, il a un peu plus de coup de pied dans la jambe, mais c’est juste en haut. En bas, c’est très simple. Enfin, j’ai étudié Aaron Judge pour l’angle de la colonne vertébrale quand il frappe la balle», a expliqué Owen Caissie.

Sinon, il se trouve des experts qui compare son style à la vedette des Rangers du Texas Joey Gallo.

«Nous sommes tellement fiers de lui»

Ce n’est vraiment pas un hasard si Owen Caissie est considéré aujourd’hui comme l’un des beaux espoirs du Baseball majeur. Après tout, les trois générations qui l’ont précédé ont toutes eu l’occasion, dans leurs jeunes années, de briller au marbre avec un bâton, ou encore de capter des balles en flèche avec un gant.

Ses grands-parents, Ronnie Caissie et Connie Blake, qui ont grandi avec l’amour du baseball à partir de leur Néguac et de leur Tabusintac natal, ne tarissent pas d’éloges à l’endroit de leur petit-fils de 18 ans.

«Nous sommes tellement fiers de lui, raconte la sympathique grand-maman. Il a tellement travaillé fort pour se rendre là où il est. Il le mérite. Saviez-vous qu’il est également un excellent joueur de soccer et un très bon golfeur?»

Et Connie d’ajouter: «Owen prend son sport très au sérieux, dit-elle. Pendant le confinement, son père (Jason) a apporté à la maison des vieux poteaux électriques qu’Owen coupait à la journée longue avec une hache très lourde. Il traversait aussi le champ à la course avec un sac de sable de 75 livres sur les épaules».

Comme Ronnie se fait toujours attendre, Connie en profite pour me parler de son père William (Billy) Blake, qui a joué au baseball au milieu du siècle dernier.

«Mon père jouait avec les Aces de Tabusintac, une équipe qui comprenait aussi plusieurs natifs de Burnt Church. Je me souviens toute jeune d’avoir écouté des matchs des Yankees de New York avec lui à la radio. Mon père connaissait d’ailleurs personnellement Ted Williams, l’ancienne grande vedette des Red Sox de Boston.

M. Williams avait un camp de pêche à Miramichi. Récemment, Owen a même été comparé à M. Williams», raconte Connie avec fierté.

– Et vous Connie, vous n’avez pas joué au baseball?

«Oh non, lance-t-elle en éclatant de rire. Moi, je suis seulement la plus grande partisane de mon petit-fils. Mais Ronnie, mon mari, a joué, de même que mes fils Jason et Shannon. La mère d’Owen (Michelle) a également joué.»

Connie me passe alors Ronnie, tout aussi gentil que sa conjointe.

«Mon petit-fils est un naturel, souligne-t-il d’entrée de jeu. Alors qu’Owen avait 8 ans, son entraîneur Phil Duffy, qui a joué professionnel, prédisait déjà qu’il allait jouer au Baseball majeur.»

«À Burlington, Owen a hérité du surnom de Orange Crush en raison de sa puissance au bâton. Mais moi je l’appelle Rusty Staub, qui était surnommé le Grand Orange quand il jouait pour les Expos.»

«Mon petit-fils était un jeune incroyable. J’aime dire qu’il n’a pas de défaut. Il ne fume pas, il ne boit pas, il est poli et l’argent ce n’est pas ce qui est important à ses yeux. Pour lui, le baseball passe en premier», indique-t-il.

– Connie m’a dit que vous aviez aussi joué au baseball. Vous avez joué à un niveau élevé?

«Non, rétorque-t-il en riant. À l’adolescence, comme il n’y avait pas d’équipe à Néguac, j’ai joué avec des amis dans le champ. C’est seulement quand je suis déménagé en Ontario à l’âge de 18 ans que j’ai commencé à jouer dans des équipes. J’ai joué dans ce qu’on appelle des ligues de bière».

Connie, qui n’avait rien manqué de la conversation, m’a envoyé vendredi après-midi une petite note par courriel à ce sujet.

«Ronnie est trop humble, m’a-t-elle écrit. Ronnie a joué semi-professionnel avec les Provisioners d’Ancaster dans une équipe de balle rapide en Ontario. Il était aussi un bon joueur de hockey et un excellent golfeur. En fait, tout le monde de la génération de Ronnie sont tous d’accord pour dire qu’Owen est comme lui au même âge.»