Le milieu sportif se souvient de Paul Vautour

Avec le décès de Paul Vautour, la semaine dernière, la communauté sportive du Restigouche a perdu l’un de ses visages les plus connus des années 1970 et 1980. Membre de l’équipe de hockey senior des Tigres de Campbellton pendant 13 saisons, celui qu’on surnommait affectueusement Turk a connu la gloire au printemps de 1977 en soulevant la coupe Hardy, exploit qui le mènera lui et ses coéquipiers au Temple de la renommée sportive du Nouveau-Brunswick en 2002.

Joueur réputé pour ses qualités défensives, l’attaquant laisse des souvenirs impérissables auprès de ses anciens coéquipiers.

«Paul était un gars génial, confie Dennis Henderson. Il y avait toujours un sourire sur son visage et des blagues courtes à raconter. C’était un excellent joueur d’équipe. Le genre qui ne se plaignait jamais et qui travaillait dur. Il était pareil à l’extérieur de la patinoire.»

«J’aimerais offrir mes condoléances à sa famille. C’est triste de voir un si bon gars partir si tôt», ajoute Henderson.

«Paul était un excellent coéquipier, mentionne Sterling Loga. Il donnait toujours son 100% dans les matchs et les entraînements. Et il n’hésitait également jamais à se porter au secours d’un coéquipier si le besoin s’en faisait sentir. Dans le vestiaire, il était fantastique. Il avait tout un sens de l’humour. Je vais m’ennuyer de nos conversations au Tim Hortons. Je peux encore le voir assis juste à côté de son bon ami Jean-Marie (Bouchard) dans le vestiaire.»

«Ç’a été un choc quand j’ai appris la nouvelle, rapporte justement Jean-Marie Bouchard, qui était demeuré très proche de Turk. Je lui avais même parlé la semaine d’avant et il était de bonne humeur. C’est un gars qui était en forme et qui me faisait toujours rire.»

«Paul apportait de l’énergie dans l’équipe et il pouvait donner de très bons coups d’épaule. C’était ce qu’on appelle un plombier de luxe qui jouait aussi intense à la maison que sur la route. Tous les gars l’aimaient dans le vestiaire», souligne l’ancienne vedette des Tigres.

«Il aimait aussi beaucoup faire rire. Je me souviendrai toujours de la fois qu’il avait reçu une passe sur la palette et qu’il avait complètement raté son lancer. En arrivant au banc, il avait dit à Red (Gerry Ouellette): ‘‘Y goal en maudit l’goaler d’l’autre bord’’. Red, comme les 3000 spectateurs dans l’aréna avait vu Paul rater son lancer, mais il n’avait pas eu le choix de rire», raconte Bouchard.

«Dans l’action, il chialait après les joueurs des autres équipes en français, en anglais et en acadien. C’était tellement drôle de le voir aller. Une fois, Red a décidé de le faire jouer avec Dave Wisener et moi parce que nous nous faisions tanner par les autres équipes sur la glace. Il était là pour ramener de l’ordre. Et pendant ce week-end, Paul avait réussi sept buts dans les deux matchs. Je me souviens qu’à la fin du deuxième match, il était entré dans le vestiaire et avait dit à Red qu’il voulait un nouveau contrat. Nous avions tellement ri avec ça», ajoute Jean-Marie Bouchard.

L’entraîneur Red Ouellette conserve lui aussi de beaux souvenirs de Vautour.

«C’était un bon joueur de profondeur que j’utilisais surtout dans le troisième trio. Il marquait des buts de temps en temps, mais il excellait surtout dans les missions défensives. Je l’utilisais aussi pour tuer les punitions. Turk était un gros travaillant. C’était d’ailleurs sa marque de commerce. Il travaillait tellement fort», révèle Ouellette.

En 13 saisons et plus de 400 matchs avec les Tigres, séries éliminatoires incluses, Vautour a inscrit 99 buts et 139 passes pour 238 points. Il a aussi accumulé 734 minutes de pénalités.

Outre la coupe Hardy de 1977, Paul Vautour a aussi pris part à ce même tournoi en 1979 et 1981. Il a de plus été choisi au sein de la première équipe d’étoiles de la Ligue senior du Nouveau-Brunswick au terme de la saison 1981-1982.

L’ex-numéro 16 des Tigres est décédé d’un arrêt cardiaque le mardi 21 juillet à l’âge de 73 ans. Né à Acadieville le 15 mai 1947, il a toutefois vécu sa vie d’adulte à Campbellton en compagnie de son épouse Patricia. Il laisse aussi dans le deuil ses filles Danièle et Marie-Claude, cinq petits-enfants (Danoucha, Zakary, Jacob, Malyka et Oksana) et plusieurs frères et sœurs.

Les funérailles ont eu lieu mardi après-midi en l’église Notre-Dame-des-Neiges de Campbellton.