Les Québécois du Titan en «vacances forcées»

Si vous vous inquiétez pour la santé mentale des huit Québécois du Titan d’Acadie-Bathurst actuellement en quarantaine dans la région Chaleur, sachez qu’ils sont très loin d’être à plaindre. Ils sont réunis en groupe de quatre dans deux chalets séparés par une centaine de mètres et avec la mer devant eux à moins de 30.

À vrai dire, ils mènent plutôt la vie de vacanciers, à la seule différence qu’ils sont isolés du reste du monde à part l’entraîneur adjoint Dennis Martindale, dont le rôle est de les faire suer environ 90 minutes par jour d’ici le camp d’entraînement qui débutera, à moins d’avis contraire, le 26 août.

«Nous ne sommes pas à prendre en pitié, avoue en riant le jeune Tristan Roy, qui habite avec les vétérans de 20 ans Félix-Antoine Marcotty et Mathieu Desgagnés, de même que Maxime Rioux. L’autre chalet abrite Dylan Champagne, Julien Bourget, Olivier Pouliot et Tommy Da Silva.

«Nous sommes dans de beaux chalets avec le barbecue sur le bord de la mer. Nous avons même deux kayaks. Il paraît que nous allons aussi avoir des sea-doos», confie Roy, que le Titan a sélectionné en deuxième ronde (19e au total) en 2019.

«Nous ne sommes vraiment pas en prison», s’exclame à son tour Marcotty.

«C’est plaisant. L’organisation prend bien soin de nous. C’est une belle façon de m’intégrer», mentionne celui que le directeur général Sylvain Couturier est allé chercher à Chicoutimi en retour de deux choix au repêchage.

«L’équipe voulait que nous soyons bien, raconte pour sa part Desgagnés. En tout cas, c’est beaucoup mieux que des chambres d’hôtel.»

Des objectifs précis

Évidemment, les boys ont tout de même hâte de retrouver leurs coéquipiers des provinces atlantiques. Ces derniers sont attendus, pour la plupart, le 25 août.

«J’ai travaillé très fort cet été pour me préparer à la saison, révèle Tristan Roy. Je suis mieux outillé pour le junior majeur. Je suis maintenant à 6 pieds 1 pouce et 203 livres et mon coup de patin est plus puissant. Je me sens plus explosif.»

«Mon objectif est de faire le club et de connaître une grosse saison. Je veux devenir un attaquant de puissance et prouver que j’appartiens à cette ligue», ajoute le hockeyeur de Saint-Cyrille de-Wendover.

Une chose est sûre, le jeune Roy n’a déjà pas à convaincre Mathieu Desgagnés qu’il a sa place dans l’équipe.

«Tristan va avoir un impact avec le club dès cette saison, estime Desgagnés. Il est vraiment un gros bonhomme pour son âge.»

Desgagnés est aussi d’avis que son bon ami Marcotty, qu’il a connu chez les Saguenéens, apportera énormément au Titan.

«J’étais très content quand j’ai appris que le Titan avait acquis Félix-Antoine. C’est un gros bonhomme dont la principale qualité est son jeu offensif, même s’il peut aider à l’attaque. Les gens vont découvrir à quel point il est bon», dit-il.

Desgagnés déterminé

Et qu’en est-il de Desgagnés lui-même, que l’organisation voit comme le principal leader offensif de l’équipe?

«Je me sens bien. Comme je suis un joueur de 20 ans, c’est une saison importante pour moi. J’y ai d’ailleurs pensé beaucoup cet été. En temps normal, un joueur s’attend d’être repêché à son année de 17 ans, mais il n’est pas toujours conscient à quel point c’est important de bien jouer. À 20 ans tu le sais. Mon but est d’ouvrir les yeux d’un club de la Ligue nationale», explique Desgagnés, qui a l’intention de reprendre là où il a laissé en fin de saison dernière.

De son propre aveu, il dit avoir mal réagi à la pression que l’organisation avait mise sur lui. En fait, son erreur est qu’il s’est lui-même ajouté quelques couches supplémentaires de pression sur les épaules. Résultat? Il a dû attendre à son 15e match pour inscrire son premier but et il n’en avait que quatre après 27 rencontres. Il finira heureusement pas retrouver ses moyens en deuxième moitié de saison comme en témoignent ses 23 buts en 34 parties.

«Je suis plus calme et nettement moins stressé avec ça, soutient l’ailier gauche de 5 pieds 9 pouces, qui fait désormais osciller le pèse-personne à 178 livres. Mon objectif était d’améliorer encore plus ma vitesse et j’y suis arrivé. Mais en même temps, sans que je m’y attende, ç’a adonné que j’ai pris cinq ou six livres de muscle. Je me sens plus puissant.»

L’expérience de Marcotty

En ce qui concerne Marcotty, il semble bien déterminé à faire partager son expérience avec les jeunes patineurs de l’organisation.

«Avec la maturité acquise par chaque joueur la saison dernière, je crois sincèrement que nous pouvons causer une surprise malgré la jeunesse du club, assure Marcotty. J’ai vécu ça à Chicoutimi. Nous avons eu des saisons difficiles avant de débloquer la saison dernière.»

«Il faut jouer comme nous (Saguenéens) l’avions fait contre le Titan au printemps de 2018 quand l’équipe a gagné la coupe du Président et la coupe Memorial. Nous y avions cru jusqu’à la fin dans cette série», se souvient le gaillard de 6 pieds et 198 livres.

Quant au rôle plus offensif qui s’annonce pour lui, Marcotty ne s’excite pas trop le poil des jambes avec ça.

«C’est sûr que ça va être intéressant de jouer top-6 parce que j’ai toujours joué ans un quatrième trio à Chicoutimi. En même temps, je ne me place aucune pression avec ça. Par exemple, jouer en avantage numérique ça se mérite. Il faut que tu joues bien. Il n’y a rien de gagner d’avance», dit-il.