Quand une Acadienne chante pour les Canadiens

En 2015, la rockeuse Rosa Laricchiuta avait frappé fort lors de son audition à l’aveugle au populaire concours La Voix grâce à son interprétation inspirée de Perfect, l’un des grands succès de l’Américaine Pink. Elle avait su charmer à la fois le public et les quatre coachs, dont Éric Lapointe avec qui elle a choisi de poursuivre l’aventure.

Pour rappel, cette petite bombe d’énergie qui a vécu à Shediac et qui avait rapidement hérité du surnom de petite Acadienne italienne, s’était même rendue jusqu’à la finale remportée par Kevin Bazinet.

Sa carrière musicale désormais sur les rails, elle vient de lancer un nouvel album, Rosa fait beaucoup parler d’elle ces jours-ci auprès des fidèles de la chaîne de radio montréalaise 91,9 Sports, en raison de deux passages fort remarqués à l’émission Laraque Gonzalez animée par le duo composé de Georges Laraque et Stéphane Gonzalez.

Rosa, une maniaque de notre sport national et surtout des Canadiens de Montréal, s’est présentée en studio avant chacune des deux premières rencontres de la série face aux Flyers de Philadelphie afin d’interpréter les pièces Eye of the Tiger de Survivor et Don’t Stop Believin’ de Journey.

Les deux prestations, disponibles sur Youtube, nous montrent une Rosa en grande forme interpréter ces deux classiques devant les deux animateurs qui trippent comme deux gamins retournés dans les années 1980. Il est d’ailleurs fortement conseillé d’aller zieuter Eye of the Tiger, où Rosa s’exécute avec en prime des gants de boxe visant à rendre hommage au personnage de Rocky Balboa. Ça se veut donc aussi un clin-d’oeil à la ville de Philadelphie – où se déroule l’action des films de la série Rocky.

Comment s’est-elle retrouvée là vous vous dites? Tout simplement parce que Big Georges, dont le frère Jules-Edy a été l’une des premières grandes vedettes du Titan d’Acadie-Bathurst à la fin des années 1990, est l’un de ses amis.

«Georges et moi nous nous connaissons depuis environ six ans, raconte-t-elle. Il aime beaucoup chanter et il nous arrive de faire du karaoké ensemble. Ça le gêne toutefois de chanter avec moi parce que je suis une chanteuse. Comme je l’écoute souvent au 91,9 Sports, je lui ai envoyé récemment un message avant la série contre les Flyers. C’est comme ça qu’il a eu l’idée de m’inviter à son émission. Ce sont des chansons pour motiver les joueurs. J’ai même défié Georges de chanter Don’t Stop Believin’ en duo avec moi, mais il a vite abandonné pendant la chanson.»

«Ça n’empêche pas que Georges est un gars incroyable, poursuit-elle. Une fois que tu as été présentée à lui, tu veux immédiatement l’avoir comme ami. C’est un gars tellement authentique et qui possède beaucoup d’énergie. Nous allons d’ailleurs participer à une course de 10 km en fin de semaine.»

Rosa, pour ceux et celles qui l’ignorent, est un garçon manqué qui s’assume on ne peut plus.

«Je suis une véritable tomboy, dit-elle en riant. Moi mon premier vélo c’était un motocross. Rien à voir avec les vélos de couleur rose bonbon que les petites filles ont habituellement.»

«J’ai toujours aimé le sport. J’ai commencé à jouer au hockey et à la ringuette très jeune. Je devais avoir environ 4 ans. Même que je joue encore de temps à autres. J’essaie de bouger le plus possible. Je suis également une fan finie des Canadiens, même si mon idole de jeunesse était Wayne Gretzky. Certains se rappellent peut-être que Brendan Gallagher m’avait salué pendant la demi-finale de La Voix. Écoute, j’aime tellement les Canadiens que je ne dirais pas non de chanter un jour ma propre chanson sur le hockey», mentionne-t-elle.

«C’est aussi à cause du hockey que je m’adonne si bien avec mon copain Bruno. Il est bien pire que moi. Il adore tous les sports. Bruno est over the top en ce qui concerne le sport. Par exemple, tu peux lui poser n’importe quelle question sur les Canadiens et il va te répondre. Je crois qu’il connaît même le prénom de tous les enfants de tous les joueurs dans l’histoire des Canadiens. J’exagère à peine», lance-t-elle en riant.

Rosa, qui est retournée vivre à Montréal afin de poursuivre sa carrière de chanteuse, a toujours un pied-à-terre en Acadie. Juste au cas où le goût d’y revenir lui prenait.

«Nous avons toujours notre maison à Shediac. Malheureusement, à cause de la pandémie, je n’ai pas pu y aller cette année. Mais je m’ennuie beaucoup de mes nombreux amis. J’ai hâte d’y retourner. J’ai également hâte d’aller y manger du homard», complète-t-elle.

Un premier album en anglais

Cinq ans après un premier album en français intitulé simplement Rosa, opus qui comprenait entre autres le succès Manquer de toi, Rosa Laricchiuta a lancé la semaine dernière Black Rose Maze, son tout premier CD dans la langue de Shakespeare. À noter qu’elle avait toutefois accouché en 2017 de Free, un EP de cinq pièces enregistré au studio Pumpk’n Patch à Memramcook.

Black Rose Maze est une formation constituée de Rosa à la voix, Andrea Seveso à la guitare, Michelle Sanna à la batterie, Erika Ceruti aux voix et Alessandro Del Vecchio, également réalisateur de l’album, à la basse et aux claviers.

Le premier extrait, In the Dark, connaît d’ailleurs beaucoup de succès depuis sa sortie en juin.

«J’ai hâte de partir en tournée avec cet album, dit-elle. Il y a même une tournée à la grandeur du Canada qui est prévue.»