Dynamophilie: Karine St-Coeur établit 12 records canadiens

N’eût été la pandémie qui a forcé l’annulation d’une multitude d’événements sportifs à travers la planète depuis ce printemps, Karine St-Coeur serait actuellement en train de compléter sa préparation avant de s’envoler vers Minsk, en Biélorussie, où devaient être présentés du 23 septembre au 3 octobre les Championnats mondiaux de dynamophilie.

Un laissez-passer que Karine, âgée de seulement 18 ans, avait obtenu à la suite de ses exploits aux Championnats canadiens tenus à Winnipeg au début mars. En fait, c’était huit jours avant le premier cas de COVID-19 signalé au Nouveau-Brunswick, le 11 mars.

En fin de semaine, celle que le confrère Réal Fradette avait surnommé dans nos pages l’an dernier la petite fourmi de la dynamophilie, a enfin pu replonger dans l’action. Et quel retour ç’a été.

Lors des Championnats provinciaux présentés samedi au Crossfit Moncton, la jeune athlète de Tracadie a établi, tenez-vous bien, pas moins de 12 records nationaux. Elle a de plus remporté l’or dans sa catégorie de poids et a été choisie l’athlète par excellence chez les femmes, toutes catégories confondues.

D’abord, ce qu’il faut savoir au sujet de Karine, c’est qu’elle ne mesure que 4 pieds 11 pouces et fait normalement osciller le pèse-personne à 49 kilos, soit 108 livres. En compétition, toutefois, elle se présente à 103,2 livres (46,80 kg) afin de pouvoir compétitionner dans la catégorie s-junior (14 à 18 ans) chez les moins de 47 kilos.

Samedi, Karine a soulevé 107,5 kg (237 lb) en flexion sur jambes (squat), 60,5 kg (133,4 lb) au développé couché (bench press) et 130 kg (286,5 lb) en soulevé de terre (death lift). Au total, elle aura donc soulevé 298 kg (657 lb), soit plus de six fois son poids.

Ajoutez à ces quatre records le fait qu’elle avait battu plus tôt dans la journée la marque canadienne en flexion sur jambes après avoir soulevé 102,5 kg (226 lb), en plus de sa marque de 60,5 kg au développé couché qui battait aussi le record canadien pour une compétition s’adressant uniquement à cette discipline.

Ces six marques sont aussi considérées désormais comme des records nationaux pour les athlètes qui s’exécutent avec équipement. Vous aurez ainsi compris que Karine n’utilise aucun équipement pour ses tours de force, ce qui rend ses exploits encore plus spectaculaires.

«Je m’étais juste présentée à Moncton pour avoir du plaisir», affirme la jeune femme qui entamera dans quelques jours des études en massothérapie au Collège communautaire de Dieppe.

«Je n’avais aucune idée que j’allais avoir une telle journée. Je me concentrais uniquement sur un lever à la fois», dit-elle.

Bien qu’elle ait été à l’écart de la compétition depuis mars, Karine a pu poursuivre l’entraînement grâce à la générosité d’un Centre de remise en forme de la Municipalité régionale de Tracadie.

«Quand tous les clubs ont été fermés à cause de la COVID-19, l’Asile Athlétique été génial en me prêtant de l’équipement. J’ai ainsi pu continuer de m’entraîner à la maison et ça m’a permis de continuer à m’améliorer. Je me suis entraînée cinq jours par semaine à raison de deux ou trois heures chaque fois», raconte Karine.

Comme il s’agissait de sa dernière compétition dans la catégorie s-junior, Karine devra tout recommencer à compter de l’an prochain. Désormais, et ce jusqu’à l’âge de 24 ans, elle va compétitionner dans la catégorie junior.

«Mon objectif à long terme demeure de prendre part un jour aux Mondiaux», indique celle qui cite Adam Boucher comme étant celui qui lui a donné la piqûre de son sport.

«Ça fait environ trois ans que je pratique la dynamophilie et j’ai un entraîneur (Colin Fraser) depuis un an et demi. C’est un sport individuel que j’adore parce que c’est seulement moi versus les poids sur la plateforme. C’est un sport dont le but est de toujours repousser tes propres limites», ajoute Karine, qui compte bien continuer d’améliorer sa force et sa technique dans les prochaines années.