Alex Arsenault se taille un poste à Baie-Comeau

Vous souvenez-vous du film Rudy, l’histoire vraie d’un laissé-pour-compte qui grâce à son travail et sa force de caractère finissait par intégrer le programme de football du célèbre collège Notre-Dame? Et bien cette histoire n’est pas sans rappeler celle d’Alex Arsenault à qui le Drakkar de Baie-Comeau vient de confirmer un poste pour la saison 2020-2021.

Alex Arsenault revient de loin, c’est le moins que l’on puisse dire.

Ignoré lors des repêchages de 2018 et 2019, l’Acadien de Saint-Charles a finalement tapé dans l’oeil de l’organisation de la Côte-Nord qui l’a sélectionné en 10e ronde (184e) en juin. C’est déjà assez rare qu’un joueur soit repêché à son année de 18 ans. Encore plus s’il parvient à se tailler une place avec l’équipe.

«Notre directeur général Pierre Rioux l’avait vu jouer l’an dernier dans la Ligue des Maritimes avec Edmundston et il l’avait bien aimé, affirmé l’entraîneur-chef Jean-François Grégoire. Il a présenté de belles statistiques à 17 ans dans une ligue qui mise surtout sur des joueurs de 19 et 20 ans. J’avais moi-même remarqué que c’était ce genre de ligue quand j’étais allé voir des matchs des Beavers de Moncton à l’époque que j’évoluais pour les Aigles Bleus. Mais comme Alex était agent libre, Pierre n’a pas voulu courir le risque et nous l’avons donc repêché cet été. Nous aimions son potentiel.»

Cela dit, ça ne garantissait aucunement Arsenault d’un poste avec le Drakkar. À 5 pieds 8 pouces et 150 livres, à bientôt 18 ans (son anniversaire est le 16 octobre), Arsenault avait encore beaucoup à prouver.

«Nous avons aimé son sens du jeu et sa force de caractère. C’est un gars qui utilise également très bien sa vitesse. Malgré sa petite taille, il trouve toujours le moyen d’aller gagner ses batailles à un contre un. Pendant les matchs préparatoires, j’ai fait exprès de l’utiliser dans toutes les situations et jamais avec des vétérans. Il était en audition et je voulais vraiment voir comment il allait se comporter», raconte Grégoire.

C’est finalement dimanche matin, après la période des transactions, qu’Arsenault a obtenu l’assurance qu’il avait passé le test. L’ancien du Blizzard d’Edmundston était évidemment fou de joie lorsqu’il a appris la nouvelle.

«J’étais excité quand je l’ai appris, s’exclame le nouveau numéro 20 du Drakkar. J’ai eu un bon camp d’entraînement. Je sentais que j’avais des chances, surtout après mon match à Chicoutimi où j’avais vraiment bien joué, mais je n’étais certain de rien.»

«Ils m’ont dit qu’ils avaient bien aimé ma vitesse et ma force de caractère. Ils ont aimé de voir que ma façon de jouer n’avait pas changé, que ce soit face à des joueurs plus jeunes ou plus vieux. Là-dessus, je crois que d’avoir joué à Edmundston l’an dernier m’a aidé», mentionne Arsenault.

Maintenant qu’il a remporté la première manche, Arsenault envisage maintenant de convaincre Jean-François Grégoire qu’il mérite d’être dans l’alignement chaque soir.

«Je vais maintenant me débattre pour gagner ma place dans le top-12, révèle l’ailier gauche. Je vais travailler fort pour que ça arrive.»

Grégoire ne demande pas mieux.

«Il fait très bien les choses pour l’instant, confie l’entraîneur-chef. Il a juste à continuer de nous vendre ce que nous avons acheté. Il doit continuer de compétitionner pour prendre la place des autres. Il doit aussi éviter de se décourager quand il sera dans les gradins et d’être patient. C’est avec le travail qu’il va gagner sa place dans le top-12.»