«C’est un grand honneur» – Sean Couturier

En attendant de faire son entrée dans les panthéons des sports du Nouveau-Brunswick et de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, Sean Couturier a pris un peu d’avance sur l’inévitable en immortalisant son nom dans l’histoire de la Ligue nationale, jeudi, en remportant pour la première fois le convoité trophée Frank Selke.

S’il attirait déjà les louanges depuis quelques saisons, le Néo-Brunswickois de Bathurst a cette fois-ci cimenté pour de bon sa place parmi les joueurs les plus complets de la ligue, au même niveau que les Patrice Bergeron, Anze Kopitar, Ryan O’Reilly, Jonathan Toews, Jordan Staal et autres Alksander Barkov de ce monde.

Déjà finaliste il y a deux ans, année où Kopitar avait été couronné, Couturier devient de plus le troisième joueur dans l’histoire des Flyers à remporter le trophée après Bobby Clarke (1983) et Dave Poulin (1987). Il est également le cinquième ancien joueur de la LHJMQ à réussi l’exploit, les autres étant Steve Kasper (1982), Guy Carbonneau (1988, 1989, 1992), Doug Gilmour (1993) et Patrice Bergeron (2012, 2014, 2015, 2017).

«Ce n’est pas nécessairement un trophée auquel on pense (en gravissant les échelons vers la LNH), mais c’est plaisant de voir son travail être reconnu et de savoir que les gens l’apprécient. C’est un grand honneur. C’est très significatif.», a révélé Couturier par voie de vidéoconférence, jeudi soir.

«Je me suis toujours fait une fierté de jouer du hockey de qualité partout sur la surface de jeu. […] J’ai appris à un jeune âge, surtout pendant ma première année junior avec Guy Boucher, qui a dit que si je voulais être sur la glace en fin de match quand on menait 2 à 1 ou qu’on perdait 2 à 1, il fallait que je sois responsable dans les deux sens de la patinoire. J’ai appris beaucoup dans le junior», a-t-il ajouté.

«Depuis que je suis dans la Ligue, des gars comme Bergeron, Kopitar, Toews et Staal sont des joueurs qui sont difficiles à affronter et fiables défensivement, mais également offensivement. J’essaie de les copier dans mon style de jeu», a également mentionné Couturier.

Papa est très fier

Une chose est sûre, le paternel est très content pour son fils.

«Je suis très fier de lui», révèle Sylvain Couturier, qui a lui-même disputé près de 800 rencontres chez les professionnels.

«C’est quand même quelque chose de voir le nom des gars qui ont déjà gagné ce trophée avant lui. Ce n’est pas rien d’avoir son nom associé à des joueurs comme Bob Gainey, Steve Yzerman, Sergei Fedorov, Pavel Datsyuk et Patrice Bergeron. C’est vraiment une belle récompense qu’il vient de recevoir», confie le directeur général du Titan d’Acadie-Bathurst.

«Sean a travaillé dur pour y arriver et ça n’a pas toujours été facile avec les blessures. J’espère aussi que ce trophée va servir d’inspiration pour nos joueurs à Bathurst. C’est le fun de marquer des buts, mais le talent ne suffit plus pour jouer dans la Ligue nationale d’aujourd’hui. Pour y évoluer, tu dois aussi être capable de bien jouer sur 200 pieds. Si Patrice Bergeron a réussi à jouer dans la LNH à 18 ans c’est parce qu’il était fiable en défensive. Et si Sean est parvenu à graduer avec les Flyers à 19 ans c’est uniquement parce qu’il était fiable en défensive. Même si Sean a disputé deux saisons de 96 points à Drummondville, c’est son jeu sur 200 pieds qui l’a mené dans la LNH», explique Sylvain Couturier.

Notons que Couturier est le quatrième Néo-Brunswickois à remporter un trophée individuel de la LNH.

Gordie Drillon, des Maple Leafs de Toronto, a été le premier à y arriver en gagnant le trophée Lady Byng remis au joueur le plus gentilhomme après la saison 1937-1938.

En 1968-1969, Danny Grant, des North Stars du Minnesota, a lui aussi fait parler de lui en remportant le trophée Calder remis à la meilleure recrue.

Puis, en 1982-1983, Roland Melanson, en compagnie de son coéquipier Billy Smith, a mis la main sur le trophée William M. Jennings remis aux gardiens de l’équipe ayant alloué le moins de buts en saison régulière.