Volleyball: Limoilou et l’Acadie, un mariage qui tient le coup

Depuis 1995, les Titans du cégep de Limoilou ont toujours pu compter sur au moins un Acadien dans son programme de volleyball masculin. Un mariage particulièrement réussi à écouter l’entraîneur Rock Picard, qui dirige la formation depuis 1993. Ainsi, les Éric LeBreton, Bruno Lagacé, Mathieu McLaughlin et autres Christian Vienneau qui ont suivi ont tous su marquer l’histoire de cette équipe à leur façon.

Les Titans de Limoilou, pour ceux et celles qui ne suivent pas de près les activités du volleyball collégial, sont une véritable puissance au Canada.

Pour tout dire, les Titans font partie de la crème du pays avec leurs grands rivaux albertains, les Kings du collège de Red Deer. Au fil des ans, les Kings ont remporté 12 fois le titre national, les Titans 11.

Depuis le lancement du programme en 1979, les Titans ont de plus remporté neuf médailles d’argent et trois de bronze. Aucun collège ne s’est retrouvé aussi souvent sur le podium national au cours des 41 dernières années. Ajoutez à cela 26 titres provinciaux du RSEQ.

«En venant ici, les Acadiens ont l’opportunité de jouer à la fois au volleyball et d’étudier en français, explique Rock Picard. Et même quand le programme des Aigles Bleus de l’Université de Moncton existait, nous avions toujours des Acadiens dans l’équipe. Depuis 1995, je crois que ce n’est jamais arrivé que nous n’en ayons pas eu au moins un.»

Selon Picard, le recrutement se fait de trois façons. Il y a d’abord la visite annuelle des Titans au tournoi de Moncton qui permet aux décideurs de l’organisation de jeter un œil sur le talent acadien. Il y a aussi, bien sûr, le bouche-à-oreille. À ce niveau les succès des Titans sur la scène nationale sont loin de nuire. Enfin, il y a les anciens porte-couleurs de l’équipe qui n’hésitent pas à suggérer des joueurs. Par exemple, c’est Éric LeBreton qui a suggéré à Rock Picard de donner sa chance à Mathieu McLaughlin.

Pour la saison 2020-2021, c’est pas moins de six Acadiens qui font partie de l’équipe. Six Acadiens sur 17 joueurs, c’est donc dire qu’ils composent le tiers de la formation.

Il s’agit d’un nouveau record, éclipsant l’ancienne marque de cinq datant de 2017-2018. Cette année-là, Xavier LeBlanc-Martin (Petit-Rocher), Tyler Martin (Saint-Charles), Zachary Allain (Beresford), Miro Pelletier (Sainte-Anne-de-Kent) et Nicolas Doucet (Fredericton) ont joué un grand rôle dans la conquête du championnat canadien collégial présenté à Victoria, en Colombie-Britannique.

Cette saison, outre Miro et Nicolas qui sont de retour pour une quatrième et dernière campagne, on y retrouve également les recrues Sébastien Doucet (Fredericton), Liam Pelletier (Sainte-Anne-de-Kent), Riel Lefort (Bathurst) et Louis-Alexandre LeBlanc (Dieppe).

«Miro et Nicolas font partie du noyau dur de l’équipe, affirme l’entraîneur-chef des Titans. Et leur importance implique bien plus que leurs performances sur le terrain. Ils vont également joué un rôle de grand-frère auprès des plus jeunes.»

Miro, de un, aura même un rôle accru dans le feu de l’action puisqu’en plus de sa position de joueur de centre, Rock Picard compte également l’utiliser comme ailier. Nicolas, de son côté, demeure libero.

Des quatre recrues acadiennes, Lefort, un centre de 6 pieds 4 pouces, est celui qui jusqu’ici a davantage retenu l’attention.

«Il a surpris tout le monde au camp par sa vitesse est sa puissance. La dernière fois que je l’avais vu remontait à décembre et il a vraiment beaucoup progressé depuis. Riel va devenir éventuellement un joueur d’impact dans la ligue. En fait, je le vois déjà batailler pour un poste de partant dès cette saison», confie Picard.

À moins que la pandémie ne vienne changer les plans, le Cégep de Limoilou sera l’hôte des Championnats canadiens du 10 au 13 mars.

«Nous allons savoir d’ici le 1er novembre si le tournoi aura bel et bien lieu, révèle Picard. J’espère que le tournoi va avoir lieu parce que nous avons vraiment une bonne équipe. Nous comptons par exemple sur un passeur exceptionnel de 6 pieds 5 pouces en Charles St-Aubin.»

Nicolas Doucet veut terminer en beauté

En attendant de joindre les rangs du Rouge et Or de l’Université Laval de Québec à l’automne de 2021, Nicolas Doucet a le beau projet d’ajouter un deuxième titre national collégial à son curriculum vitae avec les puissants Titans du cégep de Limoilou.

«Miro (Pelletier) et moi, qui en sommes à notre quatrième et dernière saison, nous voulons terminer en beauté, dit-il. Nous voulons gagner le championnat canadien en mars.»

Le libero âgé de 21 ans qui a grandi à Dieppe n’a découvert le volleyball que lors du déménagement de la famille à Fredericton au moment où il entamait sa huitième année scolaire. Il est d’autant plus excité que son jeune frère Sébastien fait lui aussi partie de l’équipe.

«Sébastien occupe la même position que moi, en plus d’être passeur. Le jeune frère de Miro, Liam, a aussi intégré le club», raconte Nicolas.

«C’est spécial d’avoir autant d’Acadiens dans l’équipe. Ça me rappelle la saison 2017-2018 alors que nous étions cinq. Cette saison, Miro et moi nous voulons jouer le rôle de grands frères pour les autres. Nous voulons les aider à s’acclimater à l’équipe», confie-t-il.

L’entraîneur Rock Picard ne tarit d’ailleurs pas d’éloges à l’endroit de son vétéran.

«Nicolas et Miro ont beaucoup d’expérience. Ils connaissent non seulement la ligue, mais aussi comment ça se passe dans les grandes compétitions. Ce que j’aime particulièrement de Nicolas, c’est son intensité. C’est aussi un joueur qui aime s’impliquer dans toutes les phases du jeu, et ça comprend aussi les entraînements et les sessions de vidéo», révèle l’entraîneur-chef des Titans.

Étrangement, l’athlète de 5 pieds 11 pouces s’est d’abord fait connaître au hockey avant de changer complètement de sport à 14 ans.

«J’ai joué jusqu’au bantam AAA. J’ai joué avec ou affronté des gars comme Ethan Crossman et Mika Cyr, entre autres. Je me débrouillais plutôt bien. Malheureusement, comme j’aimais aller dans les coins, j’ai subi quelques commotions cérébrales», lance-t-il en riant.

Au volleyball, les succès sont venus très rapidement. En fait, dès ses débuts, il a aidé l’école Sainte-Anne, donc le Sud-Est, à remporter la médaille d’or à la 34e Finale des Jeux de l’Acadie présentée en 2013 à Richibucto et à Saint-Louis-de-Kent.

«J’ai eu la piqûre du volleyball toute de suite. Je n’ai pas eu trop le choix non plus. Quand je suis arrivé à l’école Sainte-Anne de Fredericton, je me suis fait dire que tous les gars devaient jouer au volleyball. Maintenant, je rêve de jouer un jour dans l’équipe nationale. En me joignant au Rouge et Or de l’Université Laval l’an prochain, je sais que je vais m’approcher de mon rêve. Cela dit, je prends ça une année à la fois», mentionne Nicolas Doucet.