Alexis Daniel: la preuve que quand on veut, on peut

Ce n’est pas 41 Néo-Brunswickois qui vont débuter la saison 2020-2021 dans la LHJMQ, mais bien 42. Le grand oublié a pour nom Alexis Daniel et il va endosser le numéro 12 chez les Wildcats de Moncton.

Son parcours des dernières semaines sort de l’ordinaire, c’est le moins que l’on puisse dire.

En fait, grâce à lui, la citation «quand tu veux, tu peux» a désormais un visage. Le sien.

Imaginez, le jeune hockeyeur de Moncton a d’abord été invité au camp d’entraînement avant d’être rappelé par le directeur des opérations hockey Ritchie Thibeau qui lui annonce l’imposition d’un maximum de 34 joueurs pour chacune des 18 équipes le force à lui retirer son invitation.

Un coup de bâton en aluminium entre les deux yeux ne l’aurait pas davantage ébranlé.

Puis, miracle, quelques joueurs invités décident de bouder le camp et Thibeau le rappelle pour lui faire savoir qu’il y a finalement de la place pour lui. Il le prévient toutefois que ce sera à la condition qu’il se présente au camp avec la ferme intention de faire le club.

«Il m’a pris au sérieux, affirme Thibeau. Il était toujours le gars qui travaillait le plus dur sur la glace. Les entraîneurs l’ont tout de suite adoré. Il s’est également présenté ici dans une excellente condition physique.»

Le principal intéressé confirme avoir été mis au défi par Thibeau. Et honnêtement, ça n’aurait rien changé dans sa préparation puisqu’il était déjà prêt à «manger les bandes» comme le veut le dicton populaire.

«J’avais compris la situation au départ, mais ça m’avait quand même frustré de perdre mon invitation. Moi, tout ce que je voulais c’était une chance. Et quand Ritchie m’a rappelé, c’était clair dans ma tête que je ne voulais pas me présenter au camp pour rien», dit-il.

«J’ai travaillé fort pour faire ma place. J’ai pratiqué un style de jeu que très peu de joueurs peuvent offrir. Je donne tout ce que j’ai à chaque présence, que ce soit dans les entraînements ou les matchs. Je suis le genre à me sacrifier pour l’équipe. Et pendant le camp, j’ai réussi à montrer aux entraîneurs tout ce que j’étais prêt à faire pour aider le club. J’ai bloqué des rondelles, j’ai foncé au filet et j’ai réussi quelques bonnes mises en échec. Je suis fier de ce que j’ai accompli», raconte l’ailier droit que les Wildcats ont repêché cet été en 11e ronde (201e au total).

Un petit quelque chose de plus

Clairement, Alexis a beaucoup réfléchi à son avenir dans le hockey au cours de la dernière année. Il a surtout réalisé qu’il devait apporter un petit quelque chose de plus pour l’aider à passer au prochain niveau.

«C’est la première fois que je dois me prouver autant pour faire une équipe. Ça ne m’était jamais arrivé avant. Ici, tous les gars sont bons. Avant même le camp, je savais qu’il fallait que j’en donne plus. Je me vois maintenant comme un plombier capable d’aider à l’attaque. J’ai un bon tir et une bonne vitesse. Ma vitesse, c’est justement une autre chose que je suis content d’avoir montré aux entraîneurs pendant le camp», mentionne-t-il.

Alexis Daniel dit également s’être servi de sa participation aux derniers Jeux d’hiver du Canada comme source de motivation.

«J’ai joué dans le quatrième trio à Red Deer et je ne jouais pas beaucoup. J’avais toujours été considéré comme un gros travaillant, mais les Jeux du Canada sont l’une des rares fois où je n’ai pas tout donné. Je suis même convaincu que c’est à cause de ça que je n’ai pas été repêché l’an dernier», indique-t-il.

Comparé à Brendan Gallagher

Ritchie Thibeau estime qu’Alexis Daniel a toutes les qualités pour devenir un joueur d’énergie appelé à accomplir des missions importantes.

«Il a montré au camp qu’il était tout un compétiteur. Il me fait penser à Brendan Gallagher. Il n’a pas le talent offensif de Gallagher, mais il possède la même énergie. Et par sa façon de jouer, il va inspirer ses coéquipiers», croit Thibeau.

Pour sa première saison, Alexis a pour objectif de convaincre Daniel Lacroix de le garder loin des gradins les soirs de match.

«Faire l’équipe c’est une chose, mais avoir du temps de jeu en est une autre, souligne-t-il. Je veux les forcer à me garder dans l’alignement. Et si je fais des points, ce sera juste du bonus.»

Une équipe solide

Invité à nous décrire quel genre de club les partisans des Wildcats vont pouvoir encourager cet hiver, Alexis avait une réponse toute prête.

«Nous allons être un club de travaillants. Nous ne serons vraiment pas reposants à jouer contre. En fait, les autres équipes ont intérêt à ne pas nous prendre à la légère», lance-t-il d’un ton qui n’admet aucune réplique.

La saison dernière, en compagnie de ses compagnons de trio Samuel Savoie (Olympiques de Gatineau) et Dominic LeBlanc (Wildcats), Alexis Daniel a compilé 23 buts et 21 passes pour 44 points en 37 parties. Le patineur de 5 pieds 9 pouces et 181 livres a aussi disputé sept matchs avec le Blizzard d’Edmundston dans la Ligue junior des Maritimes, où il a réussi deux buts et une mention d’aide pour trois points.